THE BRIDE WITH WHITE HAIR (白髮魔女傳) de Ronny Yu (1993)

THE BRIDE WITH WHITE HAIR

Titre Original : 白髮魔女傳
1993 – Hong Kong
Genre : Wu Xia Pian
Durée : 1h29
Réalisation : Ronny Yu
Musique : Richard Yuen
Scénario : Elsa Tang, Jason Lam, David Wu et Ronny Yu

Avec Leslie Cheung, Brigitte Lin, Francis Ng, Elaine Lui, Yammie Lam, Law Lok-Lam, Bao Fang, Eddy Ko Fung et Joseph Cheng

Synopsis : Zhuo Yi-Hang est un élève de l’école d’arts martiaux Wu Tang. Il est aussi doué que dissipé. Son maître souhaiterait le voir assumer des responsabilités au sein du clan car les troupes mandchoues menacent les frontières de l’Empire. Lien, une jeune femme orpheline ayant grandi parmi les loups, est au service de Ji Wushuang, terribles jumeaux siamois. À la tête des adorateurs du maléfique Culte Suprême, ils ont juré la perte du Wu Tang. Alors que tout les oppose, Lien et Zhuo Yi-Hang vont tomber amoureux…

The Bride With White Hair, encore un film culte qui était passé durant toutes ces années entre les mailles de mon filet. Et pourtant, il était disponible, en France, sous le titre de Jiang Hu. Mais voilà, j’avais fait l’impasse. Par contre, plus difficile de faire l’impasse sur la magnifique édition Blu-Ray éditée par Spectrum Films. Car si dans les faits, The Bride With White Hair n’est pas une exclusivité Française, et bien son édition, elle, contient une bien belle exclusivité : le second film en bonus, ainsi que le remake de 2014. Oui, trois films. Mais on y reviendra quand il sera temps d’en parler, car pour le moment, il est temps de parler du film de Ronny Yu, le film qui en quelque sorte lui ouvrit les portes d’Hollywood, puisque peu de temps après, il fit comme ses compatriotes Tsui Hark et John Woo, direction l’Amérique, où il y signa les funs et gore La Fiancée de Chucky et Freddy VS Jason. Certes, des œuvres peu personnelles, mais fun, et ça aussi il faudra en parler un jour. The Bride with White Hair, c’est l’adaptation d’un célèbre roman Chinois. Ce n’était d’ailleurs ni la première, ni la dernière fois qu’il fut adapté au cinéma, et à en croire certains sites, vous pouvez être horrifiés, puisqu’apparemment, une nouvelle version a été filmée en 2021. Sa version de 1993 en tout cas, elle tient clairement du miracle. Miracle car le résultat à l’écran, s’il n’est pas exempt de défauts, réussi tout de même un joli tour de force, celui de nous livrer un film à l’esthétique unique qui flatte la rétine à chacun de ses plans. Esthétique elle aussi pourtant fragile. Oui, le budget pour tourner le film était bas, oui, tous les décors n’étaient pas finalisés au moment de tourner, et en plus, le film fut intégralement tourné de nuit, même quand ça se passe de jour, et fut quasi intégralement tourné en studio, et ce même pour des scènes en forêt.

Dans la démarche, cela rappelle un certain Legend de Ridley Scott, qui lui aussi avait tout construit en studio pour un résultat dans le fond assez proche, tout en étant différent. Proche car le résultat dans les grandes lignes nous amène au même constat irréel, celui de savoir que l’on ne voit que des images factices mais desquelles se dégage une beauté, une poésie maitrisée par l’auteur. Différent car évidemment, le film de Ronny Yu ne raconte pas la même chose, n’a pas les mêmes personnages, et n’appartient pas non plus au même genre, en plus d’être forcément une production HK. Oui c’est comme ça. De tous ces aléas en tout cas, Ronny Yu y puise sa force, et le film, sortant en plein revival du genre Wu Xia Pian, ne ressemble à aucun autre. En gros, Ronny Yu parvient à tirer à son avantage tous les bâtons qu’on lui met dans les roues, du tournage en studio aux décors non finalisés, en passant par son casting d’ailleurs, car si Brigitte Lin s’impose d’elle-même dans le genre et est radieuse à l’écran, Leslie Cheung est souvent peu à l’aise avec les films en costumes, et avec l’action. Son autre exception l’année d’après sera Les Cendres du Temps de Wong Kar-Wai. Et tant mieux, car niveau casting, ça fait fort. Leslie Cheung donc et Brigitte Lin sont impeccables, et leur romance, allié avec la mise en scène de Yu, aidé par la sublime photographie de Peter Pau (The Killer, God of Gamblers), le montage souvent aiguisé de David Wu, aussi présent au scénario et la musique de Richard Yuen forment un tout cohérent et magnifique. Du côté des méchants, là pour faire échouer cette romance de toute façon destinée à échouer dés le départ, Francis Ng qui délaissait alors les Girls with Guns (Devil Hunters, The Dragon Fighter) pour élargir ses horizons, et Elaine Lui, à la carrière aussi courte que souvent également dédiée au Girls With Guns. Pas la meilleure actrice du monde, mais on y reviendra brièvement.

Mais outre sa romance, qui fonctionne très bien, The Bride with White Hair est bien entendu un Wu Xia Pian, et donc, doit réserver des moments d’action. Souvent très violents, les scènes de massacres rendent extrêmement bien, tandis que Ronny Yu va expérimenter pour les affrontements un peu plus techniques, en ne filmant les acteurs qu’à 10 images par secondes et en accélérant le tout au montage. Un choix osé, qui divise d’ailleurs, mais qui donne un cachet assez particulier et pas déplaisant au film. Je suis dans le camp de ceux saluant l’effort, et finalement, l’effet allié à la violence des affrontements donne un rendu saisissant la plupart du temps. L’exception étant ironiquement la première scène du film, paraissant plus brouillonne et donc incompréhensible. Non, mon principal regret sur le film ne viendra pas de cette scène d’ouverture, finalement assez courte et annonçant la couleur, mais de Elaine Lui, pas hyper douée comme je le disais (il suffit de revoir Angel 2 ou Ghost Punting pour juger), et qui est constamment dans un surjeu certes volontaire mais qui m’aura sur la longueur horripilé. Un peu dommage quand tout le reste à côté est féérique. Elle ne serait presque venue à me gâcher certaines scènes. Mais non, juste une envie de la baffer, car tout le reste fonctionne pour moi, et avec sa très courte durée d’à peine 1h30, The Bride With White Hair condense son intrigue et n’a jamais le temps de s’égarer. À noter que c’est Phillip Kwok qui s’occupe des chorégraphies, capable du meilleur (À Toute Épreuve, Tiger Cage 2) comme du plus bis (The Cat et Story of Ricky), voir même du plus Z (les deux premiers Erotic Ghost Story). Ce qui me conforte encore plus dans l’idée que the Bride With White Hair tient du miracle.

Les plus

Visuellement somptueux
Leslie Cheung et Brigitte Lin
Scénario fluide et sans temps mort
Des affrontements très violents

Les moins

Elaine Lui

En bref : Excellent Wu Xia Pian signé Ronny Yu, The Bride with White Hair est visuellement sublime, et sa romance fonctionne. Les acteurs sont charismatiques, le film émerveille, et si je n’avais pas eu envie d’étrangler Elaine Lui, ça aurait bien pu devenir mon Wu Xia Pian préféré.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Visually it’s often incredible
♥ Leslie Cheung and Brigitte Lin
♥ The script has a good pacing
♥ Violent fights
⊗ Elaine Lui
Wu Xia Pian directed by Ronny Yu, The Bride with White Hair is visually stunning, and the romance works. Actors have charisma, tje film is a treasure on many levels, and if I didn’t want to strangle Elaine Lui, it could have become my favorite film of the genre.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *