Titre Original : 8-ban deguchi / 8番出口
2025 – Japon
Genre : Fantastique
Durée : 1h35
Réalisation : Kawamura Genki
Musique : Amimori Shôhei et Nakata Yasutaka
Scénario : Kawamura Genki et Kentaro Hirase
Avec Ninomiya Kazunari, Kôchi Yamato, Asanuma Naru, Hanase Kotone et Komatsu Nana
Synopsis : Un homme piégé dans un couloir de métro cherche la sortie numéro 8. Pour la trouver, il faut traquer les anomalies. S’il en voit une, il fait demi-tour. S’il n’en voit aucune, il continue. S’il se trompe, il est renvoyé à son point de départ. Parviendra-t-il à sortir de ce couloir sans fin ?
Les adaptations de jeux vidéo, même si c’est souvent bancal pour rester poli, on va continuer d’en bouffer à tous les râteliers. Et si 2026 semble très mal commencer avec le Retour à Silent Hill de Christophe Gans, défoncé à la fois par la presse et le public (et moi), qu’importe le pays (mais le film cartonne en Chine), 2025 s’est montré plus clément, autant en qualité qu’en box-office. Pour le box-office, il y avait Minecraft (mais niveau qualité…), mais il y avait aussi Exit 8, l’adaptation du jeu concept surprise du même nom (et ce même si je lui préfère sa pseudo suite, Platform 8). Au départ présenté à Cannes et ayant eu des avis favorables, ce qui est souvent assez rare pour le souligner dans le genre, le métrage produit par la Toho et coécrit, produit et réalisé par Kawamura Genki a pu se frayer un chemin dans les salles de cinéma. Le réalisateur, si en tant que réalisateur, il débute, en tant que producteur par contre, on lui doit certains des gros succès de Shinkai Makoto (Your Name, Les Enfants du Temps et Suzume), mais aussi le dernier Kore-Eda, Les Enfants Loups, le film Confessions (sans doute mon préféré de Nakamura, toujours inédit en France), la série Moteki (que j’adore, merci le Japon et son coffret Blu-Ray) ou encore Parasyte, l’adaptation du manga en deux films live. Bref, autant il débute comme réalisateur, autant comme producteur il sait ce qu’il fait et a su porter les œuvres de grands réalisateurs. Et si l’on aime le jeu vidéo Exit 8, pour sa simplicité, son jeu des 7 erreurs, enfin 8 du coup et son ambiance, bonne nouvelle, le film respecte ça. Mieux, le film respecte à la fois le jeu en tant que tel, en y incorporant certains gimmicks, mais il parvient à adapter l’ensemble en donnant un peu plus de fond aux personnages pour rendre le tout plus… cinématographique tout simplement. Alors évidemment, gros film de studio oblige, il ne faudra pas s’attendre à de l’horreur visuelle, ni de grosses prises de risques pour froisser le public, mais l’effort est louable et le résultat finalement divertissant.
Avec ses 1h35 seulement au compteur, Exit 8 nous propose de suivre un homme, simple, qui prend le train pour rentrer chez lui, et va se retrouver tout simplement dans une boucle, un couloir de gare sans fin, où il va devoir trouver les anomalies, ces éléments qui sortent de l’ordinaire, afin de trouver la sortie, sous peine de passer l’éternité dans ce couloir. D’entrée de jeu, on se rend compte d’une chose bien spécifique, c’est qu’Exit 8 est parvenu à faire très jeu vidéo, tout en développant suffisamment ce qui entoure son concept pour être un film. Du côté jeu vidéo, l’on retrouve une ouverture et une fermeture en vue FPS, le respect du concept même des anomalies à trouver, la reproduction à l’identique du couloir du jeu vidéo en studio, et même une certaine non interactivité entre personnages et décors, puisque dans le jeu, on ne peut que marcher et courir, sans jamais toucher quoi que ce soit. Juste la possibilité d’avancer dans un sens, ou dans l’autre. Et tout cela, le film le respecte. Dans le même ordre d’idées, en plus de scènes en vue subjective comme pour le jeu, le film essaye de rester à hauteur de ses personnages, filmant le tout avec une alternance entre vue à la troisième personne et de longs plans séquences. Pour le coup, il y a donc une réelle volonté de ne rien dénaturer, sans pour autant livrer un simple copier-coller, sinon le film durerait simplement 20 minutes, et ne serait juste pas intéressant à regarder du tout. Le film se permet en effet de multiplier les points de vue avec d’autres personnages, et bien entendu, il ajoute tout un background au personnage principal, pour ne pas en faire une simple coquille vide qui déambule, l’avatar du joueur en quelque sorte. Et c’est Ninomiya Kazunari qui récolte le rôle principal, lui qui se dit fan du jeu, et se serait d’ailleurs fortement investi dans le projet dès son écriture. Et parfois, on se dit que c’est logique, surtout avec un concept aussi minimaliste qu’un seul homme tournant un rond dans un couloir qui est une boucle.
Mais bien entendu, Exit 8 ne sera pas un film de frousse à proprement parlé, mais plaira assurément aux fans du jeu, aux connaisseurs. Il divertira aussi probablement les autres, étant un divertissement finalement court et bien rodé, sans fausses notes malgré sans doute quelques facilités. Oui, tout le background de notre héros perdu par exemple, c’est un peu facile, comme le fait de lui mettre dans les pattes de l’asthme, comme pour que le public puisse s’identifier encore plus facilement à lui. Mais honnêtement, ça me va. C’est solide visuellement, solide au niveau sonore aussi avec une musique simple mais efficace, ainsi que l’utilisation du Bolero de Ravel, ça n’en fait jamais des caisses, ça ne contient même pas de jumpscares, et le spectateur pourra prendre le même plaisir à trouver les anomalies que le joueur à l’époque, et avec ses 1h35 au compteur, oui, on passe un bon moment. Un film bien évidemment plus intriguant qu’effrayant, mais qu’importe au final. En fait, à moins de vouer une haine profonde au jeu d’origine, aucune raison de ne pas aimer son adaptation non plus. Maintenant, avec l’arrivée prochaine de Mortal Kombat II et de Resident Evil, on a plus qu’à espérer que 2026 continue sur cette lancée, et que l’on ne retourne pas vers des Five Nights at Freddy’s.

Les plus
Un profond respect du jeu
Une mise en scène maligne souvent
Un travail sonore convaincant
Divertissant et court
Des ajouts pour mettre du fond dans une intrigue simple
Les moins
Des facilités notamment pour le personnage principal
Jamais effrayant en effet
En bref : Exit 8, tout comme le jeu qu’il adapte, est intriguant, bien fichu et divertissant, en plus de ne pas s’étirer en longueur. Il reste simple, mais parvient à garder l’ADN du jeu dans une structure plus cinématographique.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ So much respect for the video game ♥ A clever camera work ♥ A nice sound work too ♥ Entertaining and short ♥ Some addition to add things to a simple concept |
⊗ Some choices, mainly for the main character ⊗ Never scary, that’s true |
| Exit 8, like the video game before, is intriguing, well made and entertaining, and you can add that it’s short. Simple, but it finds the perfect mix between cinema and video game. | |


















