ROSARIO de Felipe Vargas (2025)

ROSARIO

Titre Original : Rosario
2025 – Etats Unis / Colombie
Genre : Horreur
Durée : 1h28
Réalisation : Felipe Vargas
Musique : Brooke Blair et Will Blair
Scénario : Alan Trezza

Avec Emeraude Toubia, José Zúñiga, David Dastmalchian, Paul Ben-Victor, Diana Lein, Emilia Faucher, Nick Ballard, Luna Baxter et Indhira Serrano

Synopsis : Une courtière en bourse de Wall Street est obligée de passer la nuit avec le cadavre de sa grand-mère Griselda. Alors qu’elle attend l’ambulance et son père Oscar, des forces surnaturelles prennent possession de Griselda et commencent à attaquer Rosario.

Avec l’essor du streaming, il est devenu de plus en plus difficile pour les petits films de se faire une place, d’être visible. Là où, il y a 30 ans, les films produits pour sortir directement en VHS ou en DVD étaient souvent rabaissés, avec leurs budgets bas et leurs ambitions parfois absentes (autre que de faire de l’argent, comme cher Corman, évidemment), aujourd’hui, beaucoup de petits films forts intéressants deviennent des films arrivant directement en streaming face à une offre grandissante. Du coup, il est plus difficile de séparer les petits films intéressants de ceux produits rapidement pour l’argent, pour surfer sur un succès ou autre. A la vision de Rosario, on perçoit d’entrée de jeu l’ombre d’un certain Evil Dead Rise, qui n’était déjà pas un chef d’œuvre, mais un honnête divertissement. Une histoire de famille, un esprit bien méchant, quelques effets gore, un huis clos dans un réseau d’appartement, ici la faute à une tempête de neige dehors, difficile de ne pas voir un lien entre les deux métrages. Dommage pour Rosario, en diminuant encore plus le nombre de personnages, il diminue du coup aussi le nombre de possibles effets chocs et donc une partie de l’intérêt, en plus d’avoir une écriture qui a, certes, des idées, mais ne sait pas toujours comment les rendre crédibles à l’écran sans partir dans un récit lourdingue. Rosario, c’est donc une co-production entre les Etats Unis et la Colombie, réalisée par Felipe Vargas, et mettant en avant le personnage de, je vous le donne dans le mille, Rosario, interprétée par Emeraude Toubia, actrice méconnue avec quelques courts métrages et téléfilms seulement derrière elle. Plus connus, on trouvera dans de tout petits rôles José Zúñiga (que l’on trouve autant dans Twilight que La Tour Sombre, dans la série True Lies que la série Westworld, mais aussi à l’époque dans de bons et mauvais divertissements comme Les Ailes de l’Enfer, La Rançon ou Striptease) ou encore David Dastmalchian (assez en avant récemment, entre Dexter Resurrection, Oppenheimer ou The Suicide Squad).

Bon, et oui, ne tournons pas autour du pot, Rosario, ce n’est pas terrible. Pas la pire série B du monde, mais pas glorieux et totalement dispensable surtout, sauf si voir Evil Dead Rise en moins sanglant, moins rythmé et aussi plus stupide vous convient. Rosario donc se rend à l’appartement de sa grand-mère pour garder le corps en attendant l’ambulance alors que la nature se déchaine dehors. Sauf qu’un esprit démoniaque erre dans l’immeuble et en a après la petite Rosario. Alors, soyons clair, si Rosario, le film, n’est pas un grand film ni même une série B que l’on conseillera, elle a malgré tout quelques petits atouts. La mise en scène par exemple n’a rien de honteuse, et le réalisateur parvient même parfois à surprendre via des angles de caméra inhabituels. L’on pourra trouver le procédé un peu facile, mais ça fait en réalité toujours plaisir à l’heure où le cinéma horrifique est assez formaté, du moins pour les productions les plus mises en avant. Alors oui, les cadres sont recherchés, bien que les décors ne soient pas fous (huis clos oblige) et sont très sombres (nuit et tempête oblige), mais on apprécie le travail pour éviter de tourner en rond, pour jouer sur la profondeur de champ, sur les éléments en amorce ou encore sur les angles de travers. L’esprit qui viendra tourmenter Rosario pendant 1h30 est également plutôt bien fichu, et d’ailleurs, les effets spéciaux de manière générale sont plutôt bons, avec un recours aux bons vieux maquillages. Malheureusement, ça s’arrête aussi là, car Rosario a de sérieuses failles. Déjà oui, avec pratiquement un seul personnage en proie à l’esprit, n’attendez pas du gore à outrance, des rebondissements ou même, en réalité, un gros bodycount, ce ne sera pas le cas, les personnages secondaires sont peu nombreux et souvent très en retrait vis-à-vis de la menace surnaturelle. Du coup on peut rapidement trouver le rythme du film un peu bancal, comme si ça ne passait jamais la seconde.

De même, l’idée d’utiliser le folklore d’un autre pays pour la menace apporte aussi un peu de fraicheur, et ce même si sa représentation visuelle rappelle tout ce que l’on a déjà vu dans le pur cinéma Américain. Dommage que le film se serve alors tardivement de ce propos pour nous asséner lourdement un message sur l’immigration illégale. Avec un peu plus de subtilité, ce serait sans doute passé, mais là, c’est en réalité de trop, comme une tentative de surfer sur l’actualité en se servant du folklore du film pour le justifier, même quand la formule elle, dans ses mécaniques et son visuel, est purement Américaine. On pourrait aussi citer quelques retournements de situation tardifs et hautement prévisibles, ainsi que dans le fond, le fusil de Tchekhov le plus débile de l’année, et vous comprendrez aisément que Rosario, sans être honteux, ne m’a pas passionné plus que ça, et qu’il restera une série B méconnue du public, noyée dans des propositions parfois pires, oui, mais aussi parfois bien plus intéressantes.

Les plus

Quelques idées visuelles
Les effets spéciaux sont bons

Les moins

Une formule trop connue, trop prévisible
Peu de victimes, peu de gore, peu de folie

En bref : Rosario n’est pas honteux, mais n’a pas assez d’éléments forts pour en faire une série B recommandable. C’est sérieusement joué, filmé, mais c’est peu généreux, peu original et souvent bancal.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A few visual ideas
♥ Special effects are good
⊗ The formula is known and highly predictable
⊗ Not many victims, not much gore, nothing crazy
Rosario is nothing to be ashamed, but it has nothing to make it a good B movie. Seriously filmed yes, but not generous, too slow, not original.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *