CHILDREN OF THE MIST (Những Đứa Trẻ Trong Sương) de Diễm Hà Lệ (2021)

CHILDREN OF THE MIST

Titre Original : Những Đứa Trẻ Trong Sương
2021 – Vietnam
Genre : Documentaire
Durée : 1h32
Réalisation : Diễm Hà Lệ

Avec Ma Thi Di, Giàng Thị Sô, Bùi Thị Hoài Thu et Má A Su

Synopsis : Di a douze ans et vit dans les montagnes du nord du Vietnam. Avec sa famille, elle attend les festivités du Nouvel An lunaire, durant lesquelles les hommes Hmong enlèvent des jeunes filles afin de les épouser. En tentant de comprendre ce rituel d’un autre temps, la cinéaste Hà Lệ Diễm est tiraillée entre le respect d’une culture et la violence d’une tradition.

C’est le moment de se confesser. Malgré ma grande curiosité et mon envie d’en savoir le plus possible dans un tas de domaines, je regarde très peu de documentaires, voire depuis quelques temps pas du tout. J’en ai vu, parfois même à une lointaine époque au cinéma. Je me souviens avoir vu des Michael Moore à une lointaine époque, et je n’avais pas été convaincu par l’approche (le but du documentaire étant, à mon sens, de représenter un élément sous tous ses angles. Si l’on ne prend que notre propre angle, on ne lance aucun débat, et on cherche à tout prix à ce que le public pense comme nous). Par contre, je me souviens avoir vu, lui aussi à une lointaine époque et au cinéma, un documentaire nommé Jesus Camp, et malgré son sujet qui dès le titre me terrifie (oui, je ne suis pas religieux), j’avais beaucoup aimé. En tombant par hasard sur Children of the Mist, je me suis lancé, en me disant, et bien, pourquoi pas. Un documentaire sur le Vietnam, dans une région reculée, montagneuse, tout au Nord, où les traditions viennent d’un autre temps, et où la réalisatrice, Diễm Hà Lệ, aura filmé auprès d’une famille et en particulier la jeune fille de la famille, Di, durant trois ans. Les avis plus que positifs un peu partout sur la toile, autant critique que public, m’auront convaincu de me lancer. Et j’en sors terrifié, mais tiraillé. Terrifié par quelques passages, par des traditions clairement d’un autre temps, mais tiraillé par l’approche de la réalisatrice, qui lors de certains moments, ne semble elle-même pas savoir quoi faire. C’est là d’ailleurs tout le souci du documentaire en lui-même, du genre. Faut-il juste filmer quitte à laisser sa morale au placard, lu faut-il prendre part, influencer, et donc, oublier toute subjectivité, autant dans le propos que vis-à-vis des personnes réelles que l’on filme.

Bon, parlons déjà technique. Car ça a beau n’être qu’un documentaire, et donc filmé de manière brute des événements normalement imprévus (et avec trois années filmées, je me dis que le montage devait être « amusant »), il faut souligner qu’avoir pour cadre un village dans les montages au Nord du Vietnam offre d’entrée de jeu de magnifiques images, et ce dès l’ouverture, avec cette brume matinale qui envahie les lieux, ces champs à perte de vue. Alors oui, le but n’était pas de montrer la beauté des lieux, de cette région au final très pauvre, mais il faut le souligner. Maintenant le cœur du problème. La réalisatrice aura filmé durant trois années au sein d’une famille de ce petit village pauvre, en particulier de la jeune Di, qui n’avait que 12 ans au départ, et on nous apprend assez rapidement certaines traditions du village. Ici, on marie les femmes jeunes… par jeune, je veux dire, très jeunes. Et la manière de faire se moque un peu de certaines notions pourtant normales, comme la notion de consentement, d’âge légal. En gros, un jeune homme amène chez lui la femme qui lui plait, et elle y reste, jusqu’à ce que les parents des deux camps trouvent un compromis, et que le mariage soit validé. Promesses, argent, viande, vin, tous les cadeaux sont bons pour que les parents acceptent, et voilà comment on se retrouve avec des jeunes femmes de 14 ans mariées, enceintes, et qui n’avaient au départ rien demandées. Evidemment, étant externe à cette culture, à ces traditions, et même au pays, cela nous semble totalement fou, surtout que dans le cas du métrage et de la jeune Di, la jeune femme n’a aucunement envie de se marier, préférant continuer ses études pour espérer trouver un bon travail par la suite et ainsi offrir à sa mère le luxe de quitter le village dans le futur.

La première partie du documentaire nous explique les traditions, nous présente la famille dans ses moindres détails pour nous faire nous sentir proche de Di, avant que la jeune femme ne soit en effet kidnappée. Et c’est dans cette dernière partie que le documentaire se veut alors plus choc. Par son propos. Voir la jeune Di en pleurs crier à l’aide, et appelant même la réalisatrice à l’aide alors qu’elle est trainée par la famille de son prétendant, ça a quelque chose de terrorisant. Que la réalisatrice tente d’aider, même si cela brise le côté documentaire qui reste extérieur, neutre, on le comprend aussi, non pas par le spectre du documentaire, mais de celui d’un être humain. Mais qu’elle tente d’aider quelques secondes tout en continuant à filmer avant d’abandonner et de rester à quelques pas pour mieux filmer, c’est plus compliqué, comme si finalement, le film était plus important, le facteur choc des images. Aide, ou bien n’aide pas. Par moment, avant tout cela, on se pose aussi des questions. Pourquoi la famille du prétendant amoureux laisse la réalisatrice rentrer chez eux pour filmer, en sachant qu’elle ne filme pas une vidéo de vacances, mais documentaire pour un probable futur film ? Alors que parfois, Di demandera clairement à la réalisatrice d’arrêter de filmer, cachant même l’objectif de la caméra, et la caméra sera rallumée à peine quelques secondes plus tard, contre son grès donc. Oui, ce que Children of the Mist filme et montre, c’est réel, c’est triste, c’est dur aussi, mais dans la manière de faire de manière globale, je suis sceptique sur pas mal de points. Mais quoi qu’on en pense, et quoi que j’en pense, j’aurais néanmoins appris des choses que je ne soupçonnais pas, et comme c’est tout de même le but premier d’un documentaire, et bien, mission accomplie.

Les plus

De très belles images
Des traditions que l’on ignore
Beaucoup de choses intéressantes, et dures

Les moins

Un documentaire qui tente d’intervenir…
…Mais pas trop quand même

En bref : Children of the Mist est intéressant, et dans ce qu’il veut montrer, touche au but, même si la manière de faire n’est pas toujours adéquate, ou avec une logique continue.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Some beautiful images
♥ Traditions we don’t know about
♥ Lots of interesting and harsh things
⊗ A documentary trying to intervene…
⊗ …But not too much
Children of the Mist is interesting, what it wants to show us, it works, but it doesn’t always use the right way or with a complete logic.

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