28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS (28 Years Later: The Bone Temple) de Nia DaCosta (2026)

28 ANS PLUS TARD : LE TEMPLE DES MORTS

Titre Original : 28 Years Later: The Bone Temple
2026 – Angleterre / Etats Unis
Genre : Horreur
Durée : 1h49
Réalisation : Nia DaCosta
Musique : Hildur Guðnadóttir
Scénario : Alex Garland

Avec Ralph Fiennes, Jack O’Connell, Alfie Williams, Connor Newall, Erin Kellyman, Maura Bird, Ghazi Al Ruffai, Robert Rhodes, Emma Laird, Sam Locke, Chi Lewis-Parry et Mirren Mack

Synopsis : Dans ce nouveau volet de la saga, le docteur Kelson noue une relation aussi troublante qu’inattendue dont les répercussions sont susceptibles de bouleverser notre monde. De l’autre côté, la rencontre entre Spike et Jimmy Crystal tourne au cauchemar. Dans LE TEMPLE DES MORTS, ce ne sont plus les infectés qui représentent la plus grande menace pour la survie de l’espèce humaine – c’est l’absence d’humanité des rescapés qui se révèle être le danger le plus terrifiant…

Ce second chapitre de 28 Ans Plus Tard, ou quatrième opus de la saga 28 Jours / Semaines / Ans, avait une mission assez complexe. Celle de confirmer le succès du premier métrage. Celle de continuer ce qui était prévu comme une trilogie. Tourné bout à bout avec le précédent, Danny Boyle ne revient pas à la mise en scène et cède donc sa place à Nia DaCosta, réalisatrice certes à la petite carrière mais qui en l’espace de quelques films aura su diviser le public. Car autant sa relecture de Candyman (que j’avais apprécié) que son incursion chez Marvel avec The Marvels auront beaucoup fait parler, pas souvent en bien, le premier ayant hautement divisé les fans, tandis que le second n’aura pas été vu tout simplement, signant le pire score de toute l’histoire du MCU. Mais la folie continua en coulisses pour The Marvels, avec une promotion lunaire qui nous sortait le coup du sexisme et du racisme avant même la sortie du film, pour au final, on ne va pas se mentir, uniquement faire du vent, car on se doute bien que dans le monde merveilleux de Marvel, le réalisateur ou la réalisatrice n’a de toute façon pas grand-chose à dire et doit surtout suivre les ordres de l’architecte de cet univers. Heureusement donc, au scénario, Alex Garland reste là pour livrer un récit dans la droite lignée du précédent. Et un mois et demi après sa sortie, malgré de bonnes critiques à la fois de la presse et du public, il faut dire les choses, ce Temple des Morts a été un échec. Un échec assez gros et qui remet en cause la production du troisième et dernier opus, pourtant validé par Sony. Sauf que récolté 57 millions de dollars dans le monde pour un budget de 63 millions, forcément, ça fait réfléchir. Une partie du public a-t-il boudé le métrage ? Ou alors les expérimentations de Danny Boyle sur le précédent auront-elles éloigné au final le grand public de ce second opus ? Il y a peut-être un peu de tout ça. Car Le Temple des Morts n’est aucunement un mauvais film. Mais en passant derrière le métrage de Boyle, il souffre forcément de la comparaison, et surtout, il paraît, malgré quelques envolées glauques et gores, plus sage.

Adieu donc le tournage à l’iphone avec cette image assez particulière, adieu les Kill cam, ces bullet time fait avec des rangées d’une trentaine de téléphones, adieu ce montage excité, adieu ces plans nébulés, adieu aussi les inserts étranges mettant en parallèle les époques et thématiques, et adieu la musique signée Young Fathers qui donnait une touche auditive particulière au métrage. Place à un film beaucoup plus classique, filmé avec une caméra normale, sans excentricité, se contentant donc de filmer le scénario écrit par Alex Garland. C’est tout le paradoxe. Le métrage n’est pas mal filmé, sa musique n’est pas mauvaise, son montage est clair et lisible, mais il paraît juste trop normal, trop classique. Ce serait un peu comme demander à Ron Howard de réaliser une suite à l’Enfer du Dimanche d’Oliver Stone. Ce serait propre, mais on passerait d’un film quasi expérimental et énervé à une copie bien propre. Ici la réalisation donc de Nia DaCosta paraît souvent timide, propre mais n’osant jamais rien ou si peu (peut-être un peu plus sur la fin). L’histoire reprend en tout cas pile après le premier métrage, avec le jeune Spike aux prises avec le gang aux perruques blondes mené par Jimmy Crystal, où tout le monde s’appelle Jimmy (Jimmy Jones, Jimmy Snake, Jimmima). Et à côté, le brave Dr Kelson erre toujours près de sa construction, ce fameux temple dédié aux morts, faits d’ossements, avec ce brave infecté nommé Samson trainant dans les parages. Si encore une fois, tout est voué à se retrouver pour le final, le métrage sépare clairement ses deux intrigues au départ, pour deux visions opposées de la vie, de la croyance et surtout, de la civilisation et de son souvenir, entre le souvenir plus mûr et mesuré du Dr Kelson, et celui forcément plus fou de Jimmy Crystal, qui n’était qu’un enfant abreuvé aux Teletubbies lors de l’infection initiale. Et il y a des choses très intéressantes dans le traitement de Garland, et même très touchante. Ralph Fiennes est en tout cas le grand gagnant de ce métrage tant son personnage s’avère juste et parfois touchant. Il était déjà pour moi une des réussites du précédent métrage, bien que n’arrivant que dans la dernière partie, et c’est encore une fois le cas ici. Sa relation avec les infectés amène là aussi un peu de neuf dans la franchise, et cela rend bien curieux pour la troisième métrage, s’il voit le jour, un jour.

Quand au cheminement de Spike, qui après avoir quitté dans le précédent sa communauté vivant dans un monde presque fantasmé, il va découvrir ici la dureté du monde, le sadisme des survivants souvent plus dangereux que les infectés, avant un dernier acte qui serait sans doute plein d’espoir, encore une fois si le dernier film voit le jour. Possible ceci dit, vu le retour de Cillian Murphy clairement révélé dès la promo et censé être au cœur du dernier film, que sa présence après son oscar pour son passage chez Nolan aura un certain poids au niveau des studios pour malgré tout valider le film, sans doute sous conditions (un budget plus bas ?). Néanmoins donc, en donnant autant d’importance aux deux intrigues, le cheminement de Spike semble presque secondaire ici, surtout qu’il reste souvent passif, et que ce que l’on retient du métrage, c’est surtout les deux visions du monde, et donc l’affrontement entre Kelson et Jimmy. Pour le reste, rassurez-vous, Le Temple des Morts reste aussi violent que le précédent, parfois même plus sadique, les corps sont dépecés, les têtes coupées ou arrachées, les infectés restent à poil, les corps transpercés aussi par quelques flèches, on reste dans la continuité avec un monde sadique et violent, avec la survie du plus fort. Dommage donc que Nia DaCosta filme son métrage de manière si simple et prévisible, presque passe-partout. Ce n’est pas honteux, mais dans une saga qui a toujours un peu expérimentée, que ce soit la Mini-DV du film original, la caméra portée et folle du second, ou les téléphones pour le précédent métrage, cela paraît presque être une régression, une anomalie. Il n’y a au final que lors du grand final où la réalisatrice semble tenter bien plus de choses, lors d’un dernier acte beaucoup plus hard rock, dans son montage, dans son ton, et musicalement, avant sa scène finale forcément jouant sur la fibre nostalgique, et le faisant au final plutôt bien. Un film donc forcément un poil décevant, mais pas mauvais pour autant, et qui peut, quoi qu’il arrive, s’appuyer sur un scénario intéressant et des acteurs solides et habités. Et quoi qu’il arrive, c’est déjà pas mal !

Les plus

Ralph Fiennes et Jack O’Connell, excellents
Des thématiques intéressantes
Des moments touchants
D’autres extrêmement violents qui font plaisir
Un final plus rock

Les moins

Une mise en scène classique et très timide
Spike, finalement pas mal en retrait

En bref : On s’y attendait, dans la forme, c’est beaucoup plus classique, et donc décevant. Dans le fond, ça continue l’intrigue et les thématiques déjà posées, et ça reste intéressant à suivre. Pas mauvais, juste très différent donc.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Ralph Fiennes and Jack O’Connell, excellent
♥ Interesting themes
♥ Touching moments
♥ Some extremely violent scenes
♥ A rock n’roll finale
⊗ Visually, less crazy, more shy
⊗ Spike stays often in the back
It was to be expected, it’s far more classical visually, and disappointing. But the script continues the story and the themes are still interesting to follow. Not bad, just different.

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