Titre Original : Khế Ước Bán Dâu
2025 – Vietnam
Genre : Fantastique
Durée : 1h59
Réalisation : Le-Van Kiet
Musique : Tran Duc Quang
Scénario : Bùi Kim Quy
Avec Lam Thanh My, Hữu Vi, Lãnh Thanh, Trung Anh, Minh Châu, Phương Trà My et Lê Tuyết Anh
Synopsis : Née dans une famille pauvre, Nhài est mariée, par arrangement familial, à un membre de la riche famille Vu. Contrairement à ses espoirs d’une vie luxueuse et de l’amour de son époux, Nhài découvre bientôt la sombre vérité surnaturelle qui entoure la famille de son mari et les secrets obscurs qui se cachent derrière leur fortune.
Il y a des réalisateurs, ils ont beau être inégaux dans leurs travaux, la découverte d’un nouveau film reste une curiosité que l’on attend avec impatience. C’est le cas par exemple du cinéma de Miike ou Shiraishi au Japon, mais pour rester au Vietnam, c’est le cas de Victor Vũ. Et il y a d’autres réalisateurs, ils ont beau rentrer dans la même catégorie, la découverte d’un nouveau film se fait avec peur. C’est le cas de Le-Van Kiet. Comme beaucoup, on l’aura découvert avec Furie en 2019, mais sa carrière était déjà bien lancée en réalité, il avait même déjà tourné avec Veronica Ngo des années avant dans House in the Alley (Ngôi Nhà Trong Hẻm). Mais alors que Furie, bien que très classique, nous donnait envie de découvrir le reste de sa carrière, la suite fut bien moins glorieuse. Voire même catastrophique dans la plupart des cas, avec notamment The Ancestral (où il tentait de traumatiser encore une fois Lam Thanh My après Furie) et The Requin (avec Alicia Silvestone, et un requin, apparemment). Son dernier film en date, c’est donc ce Bride of the Covenant, où il essaye une nouvelle fois de traumatiser Lam Thanh My (décidément), et en étant encore une fois un film lorgnant vers le fantastique et l’horreur, il y avait de quoi avoir peur, surtout quand The Ancestral était encore dans les mémoires. Sauf que contrairement aux deux titres déjà cités, Bride of the Covenant a été le plus souvent bien mieux reçu par le public. Encore mieux, sur un site tel imdb, il est mieux noté que Furie. Après vision, on peut comprendre l’engouement, malgré de gros défauts persistants, car Bride of the Covenant, plutôt que de lorgner vers le jumpscare facile et l’horreur façon The Ancestral, joue dans une autre cour, se rapprochant plus esthétiquement et même narrativement d’un The Soul Reaper, et tant mieux car j’avais adoré. Esthétiquement donc, on est finalement plus proche de ce que l’on pourrait imaginer être une influence Chinoise que d’un réel film d’horreur Vietnamien. Cette influence, elle se remarque un peu également dans le récit, puisque le métrage voudrait être un film fantastique, voire d’horreur, mais aussi un récit tragique, et une fresque romantique. Ça fait beaucoup oui.
Et la plupart du temps, il parvient presque à réussir tout ce qu’il entreprend, même si c’est beaucoup trop pour lui, pour son propre bien, car Bride of the Covenant, à une petite minute près, dure tout de même deux heures. Et dans le récit fantastique d’époque, que ce soit au Japon (même si peu actif depuis des années, mais il y a les grands classiques des années 60) ou à Hong Kong (Histoires de Fantômes Chinois par exemple), la durée n’excède que peu les 1h30, et ce même quand les films veulent en mettre plein la vue en effets visuels (le second opus d’Histoires de Fantômes Chinois par exemple, qui pourtant ne dure que 1h44). Bride of the Covenant met donc en scène Nhai, issue d’une famille pauvre, qui rejoint une famille riche après un mariage arrangé. Elle va rapidement comprendre les sombres secrets qui se cachent derrière son propre mariage, mais aussi la fortune de sa nouvelle famille, et leur obsession pour qu’elle donne naissance à un fils, et pas une fille. Et ce qui frappe en premier lieu, c’est la beauté visuelle du métrage. Pour le coup, Le-Van Kiet s’est appliqué voire surpassé, pour livrer un film propre, élégant, avec une reconstitution d’époque réussie, de splendides costumes et une photographie léchée. Que ce soit en intérieur ou dans les extérieurs environnants (la forêt et le village donc), ça en met plein la vue, c’est travaillé sans être tape-à-l’œil, et ça surprend venant du réalisateur, surtout après ses récents métrages, plutôt laids. Lam Thanh My, qui a bien évidemment grandie depuis son rôle de jeune fille kidnappée dans Furie et de jeune adolescente traumatisée dans The Ancestral, campe une jeune femme tout à fait crédible ici, et il faut dire qu’elle a bien plus de choses à jouer que la simple fille qui attend qu’on la sauve. Le reste du casting, bien que souvent en retrait, à part pour l’antagoniste principal, fait également du plutôt bon boulot, mais reste moins marquant. Malgré sa durée qui pose souci, le métrage se suit bien. Mais justement, même s’il se suit bien, il est sans doute trop ambitieux, et tout ne fonctionne pas, car il s’éparpille.
Là où le métrage aurait en réalité gagné à se focaliser quasi exclusivement sur Nhai qui doit faire face à cette malédiction familiale qui lui tombe littéralement sur la gueule, le métrage s’éparpille souvent autour des autres membres de la famille, que ce soit le père en parti à l’origine de la malédiction, le mari, ou même le frère du mari. Jamais cela ne fait du métrage un mauvais film, mais cela parfois retire de l’impact à certains événements, trop dilués dans le reste. Autre défaut, et pas des moindres, si Le-Van Kiet s’est clairement amélioré dans sa représentation de l’horreur, un poil moins frontale et donc risible, il nous sort en réalité assez souvent la petite encyclopédie du genre. Alors oui, on aura quelques jumpscares, des esprits en arrière-plan flous, des plans bien plus viscéraux, une malédiction, du folklore, sans oublier la bande son inquiétante à base d’instruments à cordes bien stridents et les éclairages colorés pour quelques scènes de rites. Encore une fois, il maitrise pour une fois plutôt bien les différents aspects du métrage, en évitant d’en faire des caisses (quoi que, par moment), mais il donne là aussi l’impression de s’éparpiller parfois un poil trop, de réciter toutes les techniques possibles avec application, mais sans originalité. Il y a 15 ans, cela aurait sans doute un poil moins dérangé, mais en 2025, et maintenant 2026, s’il reste un métrage dépaysant par ses rites, ses coutumes et sa langue, il surprend moins. Il a sans doute également un peu moins d’impact. Mais il reste, oui, un métrage solide et divertissant, joliment filmé, et donc un petit miracle dans la filmographie de son réalisateur. Maintenant, un poil plus de sobriété, surtout dans le final, et un bon 15 voire 20 minutes en moins, et Bride of the Covenant aurait pu être véritablement excellent.

Les plus
Visuellement, très élégant
De l’horreur folklorique qui fonctionne
Lam Thanh My très convaincante et investie
Un récit classique mais plaisant
Les moins
Deux heures tout de même
Le réalisateur récite toutes les techniques de l’horreur
En bref : Si Bride of the Covenant ne surprendra guère l’amateur du genre, vu qu’il récite tout ce qu’il se fait dans le genre, il n’en demeure pas moins une œuvre solide visuellement et très plaisante. En plus d’être un petit retour en forme pour le réalisateur.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Visually a treat for the eyes ♥ Some folklore horror and it works ♥ Lam Thanh My is convincing ♥ A classic tale, but pleasant to watch |
⊗ Two hours ⊗ The director uses every horror technique he knows |
| If Bride of the Covenant won’t surprise the fans of the genre, as it uses everything we know about it, it remains a strong visual movie, nice to follow. For the director, it’s even in a way a little come-back. | |




















