UNDERTONE de Ian Tuason (2026)

UNDERTONE

Titre Original : Undertone
2026 – Canada
Genre : Horreur auditive
Durée : 1h34
Réalisation : Ian Tuason
Musique : Shanika Lewis-Waddell
Scénario : Ian Tuason

Avec Nina Kiri, Adam DiMarco, Michèle Duquet, Keana Lyn Bastidas, Jeff Yung, Ryan Turner, Ari Millen, Marisol D’Andrea et Austin Tuason

Synopsis : Une podcasteuse spécialisé dans le paranormal emménage avec sa mère pour prendre soin d’elle. Cette dernière plonge peu à peu dans la folie quand elle découvre des enregistrements lui rappelant une expérience passée.

Undertone, c’est le film de genre qui fait beaucoup parler récemment, depuis sa sortie aux Etats Unis. Car comme toujours avec les films concepts, il y a ceux qui adorent, trouvant l’expérience terriblement flippante et réaliste, et ceux qui détestent, se faisant littéralement chier. Alors évidemment, il faut juger par soi-même, et comme souvent, il y avait de grandes chances que je me situe pile entre ses deux avis, car être modéré, l’internet moderne ne sait pas faire, et tant pis si cela induit en erreur le potentiel public. Mais je ne vais pas mentir, j’étais malgré tout très curieux, car techniquement, s’il y a bien quelque chose de difficile à matérialiser à l’écran, et donc d’écrire une histoire par-dessus, c’est le son. Mais Boite Noire en France dans le genre du thriller avait su me convaincre, oui, on pouvait faire un film passionnant sur des sons. Undertone lui prend la voie de l’horreur, ce qui est d’autant plus risqué. Risqué car on sait très bien ce qu’il se passe quand un studio joue un peu trop sur le son dans un film de genre. Et car les films concepts justement, ça va finalement de pair avec ça, il suffit pour cela de regarder les films Blumhouse. Gros concept, absolument rien derrière, donc on blinde de jumpscares putassiers en espérant que ça passe. Mais Undertone a été acheté et distribué par A24, ce qui met déjà un peu plus en confiance et promet une expérience intéressante à défaut de convaincre. Et c’est exactement ce qu’il se passe. Il y a de bonnes choses dans Undertone. De bonnes choses visuelles malgré un budget risible. Une envie claire du réalisateur de jouer sur l’ambiance, sur la lenteur, et donc, de ne pas nous abreuver de jumpscares toutes les 2 minutes. Un final satisfaisant, ce qui pour une fois, fait du bien, quand on voit le nombre de films prometteurs qui se plantent dans leur dernière ligne droite. Et forcément aussi, un assez gros travail sur le son, le contraire aurait été un peu con avouez.

Mais tout ça, c’est très facilement aussi contrebalancé par des longueurs, une histoire qui tourne assez vite en rond, et des messages manquant clairement de subtilité. Comme quoi, reposer une intrigue sur le son, ce n’est pas si simple. Evy vit chez sa mère, malade. Elle s’occupe d’elle la journée, et le soir, elle s’occupe de ses podcasts. Sur le surnaturel, évidemment. Le film prend alors une tournure tout à f ait prévisible, et assez répétitive. Evy est assise, elle fait son podcast à distance avec son ami Justin, ils écoutent quelques éléments étranges, s’arrêtent, et reprennent quelques jours après pour continuer leur enquête, ce qui permet au métrage de développer un peu l’histoire d’Evy entre deux moments le cul vissé sur sa chaise. Undertone trouve donc sa plus grande force dans sa plus grande faiblesse. Ou l’inverse. Car Undertone est un film posé souvent, un film qui ne peut pas jouer sur le jumpscare visuel, et joue donc sur le son. Et on ne va pas se mentir, ce n’est pas toujours la chose la plus passionnante au monde, lorsque la caméra filme, de manière fixe, un personnage assit sur une chaise, qui ne fait rien, car tout simplement en train d’écouter le même message audio que le spectateur. Visuellement, Undertone malgré son budget a un look extrêmement professionnel, et le réalisateur Canadien Ian Tuason, également scénariste, peut être fier de lui sur ce point. Même s’il ne sait pas toujours comment dynamiser son récit. Et c’est en réalité flagrant, puisque lorsqu’Evy n’enregistre pas son podcast, et donc fait sa petite vie et s’occupe de sa mère, la mise en scène se fait élégante, joue sur les reflets, les mouvements de caméra sont lents et atmosphériques. Mais dès que le son entre en scène, son qui est donc au centre du récit, on se retrouve avec des plans fixes sur Nina Kiri assise devant son ordinateur. La répétitivité narrative ne vient d’ailleurs pas aider.

Car Undertone ne se renouvelle pas vraiment. Evy a 10 enregistrements audio à écouter, et voilà. Elle en écoute trois, fait une pause, un élément étrange arrive, en rapport avec la chambre où sa mère malade dort, et vous pouvez répétez ce processus pendant 90% du film. Ça tourne en rond, ça ne se renouvelle pas vraiment. Evidemment, le travail sur le son est très bon, et derrière tout ça, il y a un concept, parfois pas très loin de la folk horror, qui pourrait être passionnant. Sauf qu’Undertone, persuadé par son concept, oublie presque parfois d’être un film. En réalité, il n’y a que lors de la dernière session d’enregistrement du podcast, qui conclut le film évidemment, que le métrage se réveille et parvient alors à livrer quelques moments terrifiants, une tension efficace et palpable, et surtout, qu’il essaye véritablement d’être un film, ne mettant pas que le son en avant, mais travaillant également l’image, jouant sur la longueur des plans, sur les accessoires, le décor, la photographie. Dommage qu’il faille donc attendre quasiment 1h10 pour que le film se décide donc enfin à être un film, et pas juste un podcast filmé. Très proprement filmé certes, mais pas toujours hyper intéressant. Un peu dommage donc, surtout que le film est en parti produit par Chad Archibald et Cody Calahan, qui d’habitude restent plus classiques, mais plus efficaces dans leurs productions (les deux Antisocial, Let Her Out, Vicious Fun, Bite, The Drownsman, It Feeds, c’est eux). Alors oui, ce n’est pas honteux contrairement à ce que certains disent, mais pas non plus une pépite contrairement à ce que d’autres disent. Juste un concept osé qui aurait pu donner mieux, mais aussi bien pire.

Les plus

Un concept osé
La dernière partie, très efficace
Excellent travail sur le son, et heureusement

Les moins

Vite répétitif
Assez limité la plupart du temps
Un concept qui semble étiré
Pourquoi faire un film et pas un podcast du coup ?

En bref : Undertone divise, et continuera de diviser. En soit, le concept est osé, risqué aussi, et c’est autant sa qualité que son défaut. Vite répétitif, il faut en réalité attendre la fin pour avoir enfin quelque chose qui se renouvelle et marque.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A bold concept
♥ The last part works
♥ Good work on the sound design
⊗ Quickly repetitive
⊗ Limited most of the time
⊗ The concept seems like a short movie, extended as a feature
⊗ Why do a movie and not a real podcast?
Undertone had mixed reviews, and it will continue that way. The concept is bold, yes, risky, and it’s a quality, and a flaw. Quickly repetitive, you have to wait till the end to have some really good things.

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