KEEP WATCHING de Sean Carter (2017)

KEEP WATCHING

Titre Original : Keep Watching
2017 – Etats Unis
Genre : Suspense
Durée : 1h29
Réalisation : Sean Carter
Musique : Tyler Bates
Scénario : Joseph Dembner

Avec Bella Thorne, Chandler Riggs, Ioan Gruffudd, Natalie Martinez, James Connor, Maya Eshet et Leigh Whannell

Synopsis : Les membres d’une famille sont retenus prisonniers par des intrus jouant à un jeu de vie et de mort dont les règles d’abord mystérieuses s’éclaircissent à mesure que la nuit avance.

Tourné en 2014, avec une production totalement achevée en Décembre de la même année, Keep Watching aura eu du mal à sortir, ne débarquant sur les écrans Américains que pour Halloween 2017, soit 3 ans après. Ce qui est assez étonnant puisqu’après la vision, déjà Keep Watching est un found footage de plus, genre tellement en vogue qu’il pollue littéralement les écrans chaque année, mais de plus, avec son budget de 5 millions de dollars, ce qui reste dans le fond plus élevé que la moyenne des films du genre (dont le budget est plus souvent proche voire en dessous du million), le métrage se permet une mise en scène plus léchée que d’habitude. Car soyons clairs, si je ne suis pas fan du genre à quelques exceptions près (Rec, Troll Hunter) et que le genre provoque surtout chez moi une migraine, Keep Watching fait un choix un peu plus cinématographique que d’habitude, mais également dans le fond peu crédible pour son histoire. Ici donc, nous suivons une famille qui va être victime d’un groupe d’hommes masqués qui vont les enfermer chez eux pour les traquer et rediffuser le tout en live sur internet. Les hommes masqués et le côté Home Invasion fait bien entendu penser au premier American Nightmare (The Purge) tandis que le côté live internet (mais les hommes masqués également) fait penser indéniablement au jeu vidéo Welcome to the Game, petit jeu indépendant récent dans lequel le joueur arpente le deep web et se retrouve traqué chez lui par des tueurs. Les tueurs dans Keep Watching, après avoir surveillés la famille, ont équipé la maison entière de mini caméra, toutes les pièces, partout.

D’un côté, que personne ne remarque la centaine de caméra filmant en Full HD dans la maison, ça fait tiquer et on devra se dire dés le début que ce n’est que du cinéma, mais de l’autre, cela permet donc à Keep Watching une approche différente du genre. Pas de long plan séquence dégueulasse en shaky cam avec un grain pitoyable non, mais des angles différents, parfois travaillés d’ailleurs, et un vrai montage pour dynamiser l’ensemble. Oui, enfin un monteur de found footage aura un boulot utile avec beaucoup de plans à assembler plutôt que de mettre bout à bout de longs plans gerbants. Et du coup, malgré des défauts évidents, une histoire toute simple, un propos pas toujours exploité, et bien je n’ai pas envie de le détester ce métrage. Le début nous fait certes penser à une grosse critique d’internet et surtout des bas instincts de l’humain, mais jamais cela ne reviendra ou ne sera exploité. Dommage, ce prologue fait plutôt froid dans le dos. Les personnages ne sont au final qu’une famille parmi tant d’autres, avec la fille adolescente un peu rebelle (Bella Thorne, vue dans The Babysitter et Amityville the Awakening), la belle mère qui n’arrive pas à gérer, le petit garçon un peu geek et l’oncle de passage dans le récit (joué par Leigh Whannell – Saw, Insidious), mais Keep Watching essaye. Sean Carter, le réalisateur, signe ici seulement son premier long métrage (il est normalement surtout monteur de documentaire), mais il ne cède pas à la facilité d’un genre et à tous ses tics, ou presque.

Car on aura tout de même quelques moments de flottements dans la mise en place, quelques moments où la caméra s’emballe un peu plus notamment sur la fin, mais malgré tout, l’ensemble parvient étonnement à tenir plutôt bien la route. Rien (à part le final peut-être) ne viendra réellement surprendre le spectateur habitué à ce genre de métrages, à savoir le home invasion. Les situations sont plutôt classiques, les personnages manquent parfois de jugeote comme c’est souvent le cas dans le cinéma de genre, et comme je l’ai dit, la bonne idée du film avec toutes les mini caméra et donc son découpage plus cinématographique que d’habitude manque parfois de logique, tellement il semble y avoir des mini caméra partout, même dans des angles donnant un aspect plutôt travaillé au métrage mais totalement inutile pour l’utilisation qu’en font les tueurs. D’autres questions peuvent se poser, notamment pourquoi les voisins n’appellent pas la police malgré tous les cris, tous ces bruits. Mais avec ses petites 89 minutes au compteur, son rythme plutôt bien géré même si la mise en place s’éternise peut-être un peu trop et quelques scènes efficaces font de Keep Watching un film pas désagréable à regarder. Il faut juste ne pas se poser trop de questions.

Les plus

Un home invasion plutôt efficace
Un found footage plus cinématographique que les autres
Divertissant

Les moins

Quelques incohérences
Par moment, on se pose de grosses questions de logique

En bref : Défoncé à sa sortie par la critique, Keep Watching n’est certes pas un grand film, loin de là, mais il s’avère divertissant, travaillé sur de nombreux aspects, et fait passer un petit moment agréable, bien que vite vu, vite oublié.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ An effective home invasion
♥ There is a bit more cinema (and editing) in this found footage
♥ Entertaining all the way
⊗ Inconsistensies
⊗ You ask yourself a lot of questions about logic
Buried by reviews when it was released, Keep Watching is not a great film, far from it, but it stays entertaining and well made. Quickly watched, quickly forgotten.

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