LA MAIN SUR LE BERCEAU (The Hand That Rocks the Cradle) de Michelle Garza Cervera (2025)

LA MAIN SUR LE BERCEAU

Titre Original : The Hand That Rocks the Cradle
2025 – Etats Unis
Genre : Thriller
Durée : 1h45
Réalisation : Michelle Garza Cervera
Musique : Ariel Marx
Scénario : Micah Bloomberg

Avec Maika Monroe, Mary Elizabeth Winstead, Raul Castillo, Mileiah Vega, Nora Contreras, Lola Contreras, Martin Starr, Yvette Lu, Riki Lindhome et Shannon Cochran

Synopsis : Après avoir engagé une nouvelle nourrice nommée Polly Murphy, Caitlin Morales – une mère de famille aisée – découvre que cette dernière n’est pas celle qu’elle prétend être..

L’exercice du remake n’est jamais une chose aisée, surtout de nos jours. Dans les années 80, les remakes n’étant sans doute pas si mal vus car bien qu’évidemment, le concept restait le même, à savoir remettre au goût du jour une œuvre plus ancienne, les studios avaient au moins la bonne idée de donner ces remakes à des auteurs. Du coup, on pouvait autant aller voir un remake pour voir une œuvre appréciée faite différemment, qu’y aller pour simplement voir le nouveau film d’un réalisateur apprécié et au style parfaitement identifiable. La Féline pour Schrader, La Mouche pour Cronenberg, The Thing pour Carpenter, Scarface pour De Palma. Ce qui a changé de nos jours ? Les studios ont beaucoup plus de pouvoirs sans doute déjà, et du coup, embauchent des réalisateurs soient totalement malléables (des yes man comme on dit), ou des débutants qui après un succès d’estime, se voient catapultés sur un plus gros projet et du coup, n’osent pas trop contredire les exécutifs. Et puis il y a aussi parfois le choix des films. Quand Carpenter refait The Thing, il s’éloigne déjà grandement du film original, les progrès en effets spéciaux permettent une autre approche, et le film original datait de 1951, une époque extrêmement différente, ce qui ne l’empêche pas de rester un film important. Du coup, en 2025, on lève un sourcil à l’annonce d’un remake de La Main sur le Berceau. Car remaker un gros succès de l’époque, si ça ne donne pas plus de légitimité à un projet, on peut le comprendre dans le sens où ça rassure les studios. En soit, remaker un mauvais film, ça interpelle aussi car on se demande pourquoi, mais dans le fond, si cela permet d’améliorer ce qui a foiré la première fois, ce serait totalement bénéfique. Sauf que La Main sur le Berceau de 1992, le film de Curtis Hanson (L.A. Confidential), ce n’est ni devenu un gros film culte, ni été un gigantesque carton à sa sortie, mais c’est aussi très loin d’être un mauvais film. Un petit thriller efficace qui peut compter sur son casting, en particulier Rececca De Mornay. Pourquoi donc ? Bientôt, un remake de Color of Night ? Just Cause ? Red Rock West ?

Pour autant, je ne partais pas non plus avec de gros apriori sur ce remake. Notamment grâce à son casting, composé pour les premiers rôles de Maika Monroe (It Follows, Longlegs) et de Mary Elizabeth Winstead (10 Cloverfield Lane, Scott Pilgrim). Deux actrices que j’apprécie énormément, même si dans le cas de Winstead, elle devrait mieux choisir ses films, car bon, entre Kate, The Thing, Die Hard 4 et 5, le remake de Black Christmas, The Ring 2, il y a à redire. De même, le choix de la réalisatrice Michelle Garza Cervera, qui signe son second long métrage après le film de body horror Mexicain Huesera, c’était un choix audacieux qui promettait une relecture tendue, voire plus violente. Surtout avec sa sortie directement en VOD, et donc techniquement, pas besoin de comité de censure pour une sortie en salles. Et ben on peut le dire, le résultat n’est pas à la hauteur des maigres attentes. Pourtant oui, les deux actrices ne sont pas mauvaises, esthétiquement même si le tout parait plus lisse que dans le film original, ce n’est pas mauvais et ça tient souvent la route. Mais le métrage est constamment bloqué entre deux envies. La première, c’est celle de simplement refaire le film original, et donc souvent, on ne peut s’empêcher de comparer les deux métrages. La seconde, c’est de vouloir moderniser dans les petits détails des éléments qui justement n’avaient pas besoin d’être modernisés, et qui le sont de manière caricaturale, voire risible. Ainsi, le film change quelque peu le background des personnages, même si parfois, surtout dans le cas de la babysitter joué par Maika Monroe, ça n’amène pas grand-chose de véritablement palpitant. Une simple vengeance. En fait non, ça ne change rien dans le fond, si ce n’est changer pour vouloir changer. Puis à côté, il y a deux petits détails qui ont son importance. Le premier voudra nous dire que ohlala, notre babysitter est lesbienne et pourrait être une mauvaise influence pour les enfants. On a presque l’impression de voir là un élément progressiste inséré dans le film mais en le détournant maladroitement, ce qui surprend, mais interroge sur les intentions. Car si le film se moque, c’est bien mais… ça n’avait pas sa place dans un film sérieux.

Par contre si le film prend tout ça au sérieux, cela amène d’autres soucis. Et sans rentrer dans de gros débats puérils, disons simplement que finalement, c’est le film de 1992 qui semble plus moderne que son remake de 2025. Surtout que si, rentrons dans le débat, mais une gamine de 10 ans n’en a techniquement que faire de la sexualité et de son orientation à cet âge-là. Alors en soit, voir une babysitter très méchante vouloir corrompre son environnement, pourquoi pas. Mais le reste n’est en réalité pas forcément meilleur en fait. Le pire bien entendu dans sa modernisation, c’est son envie de coller aux standards des thrillers actuels, quitte alors à changer quelque peu la narration pour garder des cartouches pour plus tard, et ainsi utiliser la fameuse science du… twist. Si l’original révélait très tôt les choses, c’était surtout pour jouer sur la tension, l’efficacité, le rythme. Le changement ici tombe à l’eau pour un public connaisseur donc, et le film va sans doute avoir bien du mal à passionner le nouveau public vu l’absence de réelle tension. Regarder La Main sur le Berceau, c’est exactement comme revoir le film original, en moins bien, et qui voudrait ça ? Le pire étant qu’encore une fois, à la fois techniquement et avec le casting, tout n’est pas mauvais. Mais tout est moins tendu, a moins d’impact, se fait plus prévisible. Et avec parfois des choix étranges dans la musique, qui devient en réalité même irritante à plus d’une occasion. En fait, on pourrait presque rapprocher le métrage de l’adaptation récente de La Femme de Ménage (que j’ai aimé), sauf qu’entre adapter un roman populaire et livrer un remake d’une œuvre déjà existante, ce n’est pas exactement pareil, surtout qu’ici le métrage n’est pas sauvé par une dernière partie outrancière ici (le dénouement ne dure même pas 10 minutes). Ici c’est juste plus cliché, plus prévisible que l’original (ah cette mère de famille que personne ne croit, évidemment), et pourtant, l’original n’était pas non plus un grand thriller.

Les plus

Maika Monroe et Mary Elizabeth Winstead sont deux bonnes actrices
Quelques idées intéressantes visuellement

Les moins

Une tension quasi absente
De nouvelles thématiques maladroites, et parfois inutiles
La structure changée qui rend le tout prévisible, cliché
Un mari comme toujours inutile

En bref : Refaire La Main sur le Berceau n’était pas utile. Déjà car le film de Curtis Hanson n’est pas un grand film ou un classique, et car la réinterprétation de Michelle Garza Cervera se plante sur beaucoup de choses.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Maika Monroe and Mary Elizabeth Winstead are good actresses
♥ A few nice visual ideas
⊗ No suspense
⊗ New themes, and it’s not useful
⊗ The narration is changed and it makes it all predictable, cliché
⊗ The husband is useless as often
To remake The Hand that Rocks the Cradle was not really useful. Because Curtis Hanson’s film was actually not amazing, or a classic, and because this new version from Michele Garza Cervera fails on so many levels.

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