MIDNIGHT KILLER (Morirai a Mezzanotte) de Lamberto Bava (1986)

MIDNIGHT KILLER

Titre Original : Morirai a Mezzanotte
1986 – Italie
Genre : Giallo tardif
Durée : 1h25
Réalisation : Lamberto Bava
Musique : Claudio Simonetti
Scénario : Dardano Sacchetti et Lamberto Bava

Avec Valeria D’Obici, Leonardo Treviglio, Paolo Malco, Lara Wendel, Lea Martino, Eliana Miglio, Barbara Scoppa, Massimiliano Baratta, Loredana Romito et Dino Conti

Synopsis : L’agent de police Nicola, qui suit sa femme Sara dans la rue, la voit entrer dans un magasin de lingerie ; intrigué, il jette un coup d’œil à travers la vitre et découvre qu’elle se rend coupable d’infidélité. Le soir même, la querelle entre les deux époux s’envenime. Il tente de la noyer mais, avant de commettre le meurtre, un sursaut de conscience le fait renoncer. Sara, cependant, est peu après réellement assassinée dans la douche par un tueur inconnu. Le meurtre de Sara n’est que le premier d’une longue série.

Morirai a Mezzanotte, aussi connu sous le nom de You’ll Die at Midnight, mais sorti à l’époque en France sous le nom de Midnight Killer, c’est le tout dernier film de Lamberto Bava… pour le cinéma, enfin avec Delirium. Oui, la même année que Demons 2, en 1986 donc, Lamberto Bava signe en quelque sorte un adieu, avant de se tourner définitivement (ou presque) vers la télévision, en signant dès l’année suivante des téléfilms à la qualité variable, mais beaucoup moins violents, et au final, beaucoup moins cinématographiques. Quoi de mieux pour un adieu aux salles de cinéma que de retourner vers un des plus grands genres Italien, le giallo. Et ce même si en 1986, la plupart des grands noms du genre sont déjà partis vers d’autres horizons, pour le meilleur mais aussi pour le pire surtout. Seul Argento au final continuera encore et toujours dans le giallo, mais lui aussi, pour le meilleur (Opera reste probablement, techniquement parlant, l’un de ses films les plus impressionnants) et pour le pire (Trauma, Giallo, c’est quand même bien nul). Ici, Lamberto Bava et son coscénariste Dardano Sacchetti font comme l’Italie a toujours fait, c’est-à-dire piocher dans ce qu’il s’est fait récemment. Demons 1 et 2 étaient pensés comme des penchants Italiens d’Evil Dead, et bien pour Midnight Killer, on mixe du Ténèbres d’Argento (1982) à du Body Double de Brian De Palma (1984), avec des séquences qui rappellent sans même se cacher le grand film du maître du suspense. Dans les grandes lignes en tout cas, Midnight Killer ne va pas vraiment surprendre le connaisseur, surtout que l’on bouffe du giallo à tous les râteliers depuis que le genre fut popularisé par Argento au début des années 70 (rappelons que Six Femmes pour l’Assassin de Mario Bava en 1964 ne fut pas un succès au départ).

Nicola est flic, et dans l’ouverture, il aperçoit sa femme dans la rue, va la suivre jusqu’à une boutique où elle achètera des sous-vêtements, et si tout cela vous fait penser à Body Double, c’est normal. Infidèle, Nicola est désemparé, et après une engueulade qui finit au pic à glace et en tentative de noyade, Nicola quitte les lieux, redevenu lucide, et car son métier, c’est d’arrêter les tueurs, pas d’en devenir un. Pas de bol, alors que sa femme s’en va prendre une douche, un imitateur de Psycho mixé à Basic Instinct l’a tue sous la douche au pic à glace. Nicola est évidemment le premier suspect pour la police, bien que son amie Ana, criminologue, voit immédiatement des ressemblances entre ce meurtre et les anciens méfaits d’un tueur censé être mort depuis des années. Notre tueur compte bien continuer son activité première, à savoir tuer, et va s’en prendre à l’entourage d’un autre flic, Piero, avec une ancienne petite amie, l’entourage de sa fille, et même en effrayant sa fille. Bref, rien de franchement original, surtout en 1986, tout ce qui constitue l’histoire semblant en effet provenir d’autres films, qu’ils soient Italiens ou non. Néanmoins, ce Midnight Killer, malgré un côté soft (accentué par le fait que Bava sortait des Demons), se laisse suivre sans véritable déplaisir, entre quelques idées de plans qui font plaisir, un jeu sur les reflets et les miroirs que n’aurait pas renié Fulci, quelques idées de plans qui elles semblent plutôt venir du cinéma d’Argento, et une musique signée Claudio Simonetti, loin d’être sa meilleure, mais plutôt entrainante. Les meurtres, s’ils ne sont pas véritablement marquants, sont également plutôt de bonne facture, soft mais pas dégueulasses, avec le genre de plans que l’on attend d’un film du genre.

D’ailleurs techniquement, si je n’ai jamais considéré Lamberto Bava comme un grand réalisateur, mais plutôt comme un faiseur assez honnête en fonction des films, et bien ici il soigne son film, et l’ambiance typique des années 80 fonctionne. Ce qui fonctionne clairement moins, c’est son scénario, et quelques idées éparpillées bien débiles comme il faut. Déjà, pour un giallo, et donc, censé cacher l’identité de son tueur tout du long pour un twist final que l’on n’avait pas vu venir, Midnight Killer se plante, révélant d’entrée de jeu la possible identité du tueur, et nous montrant finalement son visage assez rapidement, le rendant donc identifiable pour les personnages et confirmant son identité. Evidemment, c’est un leurre, mais vu le twist final, ça aurait été en fait mieux que ce ne soit pas le cas. Et de l’autre côté, il faut avouer donc que le métrage est parfois bien con, mais ironiquement, cela le rend aussi amusant et vient quelque peu dynamiter la formule un peu trop sage du métrage. Genre, vous avez déjà vu un tueur armé d’un couteau reculer face à sa victime, le menaçant avec… un batteur ? Oui, un batteur, vous savez, pour battre les œufs. Et bien Midnight Killer va rendre votre rêve inavoué une réalité en mettant tout cela en scène, le plus sérieusement du monde. Ah oui, et ça copie également la poursuite le long de la plage de Body Double, mais la scène fonctionnant plutôt bien, on ne dira rien.

Les plus

Un giallo pas ennuyeux…
Des meurtres compétents…
Une mise en scène pas dégueulasse…
Des moments amusants, mais pas volontaires

Les moins

…Mais quand même très convenu
…Mais incroyablement soft dans les faits
…Mais pompant chez Argento, De Palma et autres
Le twist final tout moisi

En bref : Midnight Killer, ou You’ll Die at Midnight est le dernier film de cinéma de Lamberto Bava, et ce n’est pas terrible. Il retourne donc au giallo, mais livre un métrage trop soft et avec un scénario partiellement raté. Néanmoins, ça reste plutôt divertissant et jamais ennuyeux.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Not a boring giallo
♥ The murders are fine
♥ Same visually, the film looks fine
♥ Some amusing moments
⊗ But still a giallo without surprises
⊗ But the murders are so soft
⊗ It takes so much ideas from Argento, De Palma and others
⊗ The final twist, bad
You’ll Die at Might is one of the last film from Lamberto Bava made for theaters, and it’s not great. Not bad either. Going back to the giallo, he delivers a soft film with a script that isn’t that good. But it clearly remains entertaining.

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