THE NOVEMBER MAN de Roger Donaldson (2014)

THE NOVEMBER MAN

Titre Original : The November Man
2014 – Etats Unis
Genre : Policier
Durée : 1h48
Réalisation : Roger Donaldson
Musique : Marco Beltrami
Scénario : Michael Finch et Karl Gajdusek

Avec Pierce Brosnan, Luke Bracey, Olga Kurylenko, Bill Smitrovich, Amila Terzimehic, Lazar Ristovski, Mediha Musliovic, Eliza Taylor, Will Patton et Caterina Scorsone

Synopsis : Il n’y a pas pire ennemi que celui que l’on a formé. Peter Deveraux est un ex-agent de la CIA réputé pour sa redoutable efficacité et un passé trouble. Contacté pour assurer la protection d’Alice Fournier, responsable d’un centre d’accueil pour réfugiés, dont le témoignage pourrait compromettre l’un des favoris à l’élection présidentielle russe, Devereaux comprend rapidement qu’il a été manipulé et qu’il est devenu la cible de son ancien élève, David Mason…

Roger Donaldson, c’est le genre de réalisateur que j’apprécie, mais qui n’a jamais eu la reconnaissance du grand public. Un artisan, solide, faisant le boulot, dont les films parfois fonctionnent, voire à de rares occasions lancent des franchises, mais dont personne ne se dira jamais que c’est grâce à Donaldson, mais plutôt à un bon film, au casting, à beaucoup d’autres facteurs. Et c’est triste, car encore une fois Donaldson, c’est un réalisateur solide, même lorsqu’il part avec un projet boiteux. Donaldson, c’est Sleeping Dogs en 1977 avec Sam Neill, Smash Palace en 1981, Le Bounty en 1984 avec Mel Gibson et Anthony Hopkins, Sens Unique en 1987 avec Kevin Costner, Cocktail en 1988 avec Tom Cruise (ok, lui je suis déjà moins positif dessus), Cadillac Man avec Robin Williams et Tim Robbins en 1990, Sables Mortels avec Willem Dafoe en 1992, Guet-apens en 1994. En 1995, il aura lancé malgré lui la saga La Mutante en réalisant le premier film, série B bénéficiant d’un casting de haut vol et de la présence de Giger. Un gros succès au box-office avec un budget d’environ 25 millions, que l’on a tous retenu pour sa créature, à la fois horrible lorsque sous sa forme monstrueuse, et sensuelle lorsque sous la forme de Natasha Henstridge… Du coup oui, le grand public a retenu l’horreur et l’actrice, pas Donaldson. Ironiquement, c’est avec ce projet que Donaldson aurait pu faire la connaissance de Pierce Brosnan, qui devait tenir un rôle important, mais qui, après signature du contrat pour jouer James Bond dans Goldeneye la même année, doit se retirer du projet. Ils tourneront du coup ensembles deux ans plus tard dans le mal aimé mais très sympathique Le Pic de Dante. Un film catastrophe bien de son époque, mais divertissant et parfois impressionnant, et loin d’être honteux. Quasi 20 ans plus tard, Donaldson se lance dans l’adaptation du roman There is no Spies, renommé au cinéma donc The November Man, et surprise, il retrouve Pierce Brosnan qui, débarrassé du rôle de James Bond, peut maintenant jouer les espions, ou ex espions, ailleurs.

Et revoir les deux hommes bosser ensemble pour un film d’espions sec et violent, se déroulant en Serbie, et mettant en avant un complot censé rapprocher les Etats Unis des Russes de manière pas très sympathique dans les faits, c’est à la fois logique, et surprenant. Une histoire de timing, sans doute, puisque Pierce Brosnan reprend du service en espion violent et alcoolique, dans un univers froid et sans pitié, à une époque où James Bond lui-même est devenu plus froid, violent et réaliste, deux ans après la sortie de Skyfall, et un an avant la sortie du semi-ratage Spectre. Un retour donc aux thrillers pour Donaldson mais aussi pour l’acteur, mais surtout, un film profondément old school, à la fois dans ce qu’il raconte, mais aussi dans sa manière de faire. Et c’est au final ce qui lui donne son charme. Devereaux est un ancien agent de la CIA, à la retraite, qui accepte un dernier job lorsque cela concerne une femme qu’il connait intimement. Mais la simple mission d’extraction tourne mal, la jeune femme est abattue froidement par nul autre qu’un ancien élève de notre héros, et du coup, il va vouloir aller au bout de cette affaire, comprendre les tenants et les aboutissants quitte à laisser de nombreux cadavres derrière lui, sans savoir au départ qui est du bon côté et du mauvais côté. Sa seule trace, c’est de retrouver une jeune Serbe qui pourrait sans doute faire tomber celui qui pourrait devenir le nouveau président Russe, et son enquête va le mener sur les traces d’une assistante sociale, Alice Fournier, Olga Kurylenko que l’on retrouvait partout dans ce genre de rôles à l’époque (Hitman, Quantum of Solace, Max Payne). Et quand un ancien James Bond se bat contre des Russes et la CIA avec une ancienne James Bond Girl, le tout sous la caméra d’un vétéran old school, cela donne donc un film old school, dans son intrigue, dans sa narration, dans son envie de complot post guerre froide, mais aussi dans son visuel et ses effets, puisque dans The November Man, les voitures explosent pour de vrai, les fusillades sont réelles, et les effets numériques sont minimes, soit l’opposé de ce qui se faisait ses années-là.

Son côté old school, il est à la fois rafraichissant et plaisant, à l’ancienne, que parfois amusant, puisque son histoire est un brin (beaucoup) prévisible, certains twists un brin faciles, que les personnages sont des archétypes bien connus, entre l’espion rangé qui boit, la jeune femme à protéger, l’élève qui ne veut que surpasser son maître, le traitre, le grand méchant Russe. Mais oui, l’ensemble parvient malgré tout à divertir, car il le fait avec honnêteté, sans en faire des caisses dans aucun des domaines abordés, juste en racontant simplement et sérieusement son intrigue, et en essayant de divertir du mieux qu’il le peut, avec le budget qu’il a. Car si l’on peut, et à juste titre, vouloir comparer The November Man aux autres métrages d’action et d’espionnage qui sortent sur les écrans (donc, en gros, James Bond et Mission Impossible), il faut aussi garder en tête que si autant le scénario que la mise en image sont à l’ancienne, son budget lui l’est aussi, avec seulement 15 petits millions, et un tournage qui a donc dû être aidé par sa délocalisation en Serbie. Oui, 15 millions, c’est peu si l’on compare avec les sagas précédemment citées (et le film, à défaut de cartonner, n’aura pas perdu d’argent, rapportant 40 millions). Pourtant, on ne ressent aucun réel manque, le film est propre visuellement, ses effets étant pour la plupart réels et sur le plateau, ça a de la gueule, c’est rythmé et nerveux par moment, ça va à l’essentiel, ça prend au sérieux ce qu’il filme, et l’action reste profondément terre-à-terre là où le toujours plus des plus gros budgets finit par être un frein à la crédibilité générale. De plus oui, le casting fait le boulot (quoi que, petit bémol pour Luke Bracey, l’ancien élève de notre héros, toujours à faire la gueule), Bronan à la classe, Kurylenko est toujours sublime, et ça ne dure même pas deux heures. Que demander de plus ? Moi, j’aime ce genre de divertissements, et donc, j’aime The November Man.

Les plus

Un film à l’ancienne
De vraies explosions, poursuites, fusillades
Le casting principal, solide
Une intrigue simple et directe
Un rythme bien géré

Les moins

Mais aussi un cachet classique, prévisible
Luke Bracey, monolithique, en dessous des autres

En bref : Souvent méconnu ou, au choix, peu apprécié, The November Man est pourtant un petit thriller à l’ancienne solide et bien rodé, avec ce que cela comporte de qualités (un sérieux à toute épreuve, un ton sombre, de vraies explosions) et de défauts (un côté prévisible, daté peut-être). Un bon moment.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Old school filmaking
♥ Real explosions, pursuits, shootings
♥ The main cast is strong
♥ Simple story
♥ A well handled pacing
⊗ But also classic and predictable
⊗ Luke Bracey, only one expression almost
Unknown, or not liked by many, The November Man is still a little old school thriller well made, including exactly what you can expect from it, both in quality (seriously made, dark tone, real explosions) and flaws (predictable, maybe dated too). A good time.

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