DEATH WHISPERER 3 (ธี่หยด 3) de Narit Yuvaboon et Thanadet Pradit (2025)

DEATH WHISPERER 3

Titre Original : ธี่หยด 3
2025 – Thaïlande
Genre : Fantastique
Durée : 1h44
Réalisation : Narit Yuvaboon et Thanadet Pradit
Musique : Tinnakorn Thadsri et Terdsak Janpan
Scénario : Sorarat Jirabovornwisut

Avec Nadech Kugimiya, Denise Jelilcha Kapuan, Natcha Nina Jessica Padovan, Kajbhandit Jaidee, Peerakrit Pacharabunyakiat, Ong-art Jeamjaroenpornkul, Pramet Noi-am et Arisara Wongchalee

Synopsis : Yak va encore une fois devoir explorer des coins hantés afin de sauver sa plus jeune sœur, enlevée par un esprit qui aurait un rapport avec une ancienne secte près d’un village maudit. Sa famille aura-t-elle un jour la paix ?

Jamais deux sans trois. Trois films oui, en seulement trois ans. Car la production de ce Death Whisperer 3 fut éclair. Le film fut annoncé en Février 2025 au marché du film, le tournage commença le 16 Mars, les premières images furent dévoilées à Cannes en Mai, le premier teaser en Août, et sa première projection en festival fut fin Septembre de la même année, avant sa sortie officielle et son carton le 1er Octobre. Oui, de son annonce à sa sortie, 7 mois. Une sortie donc, à 10 jours près, un an après le précédent. Alors, dans le fond, tant mieux que la Thaïlande trouve avec Death Whisperer une saga qui cartonne, autant localement qu’à l’international (distribué par Netflix hors de la Thaïlande) Mais les producteurs ne sont-ils pas en train de complétement tuer leur propre saga avec ce rythme infernal, qui on s’en doute avant même vision, ne va pas garantir une prise de risque et une histoire profonde, ni des CGI, déjà perfectibles dans les précédents, qui seront au niveau. Surtout que le réalisateur des deux précédents métrages, Taweewat Wantha, ne rempile pas, laissant sa place à deux débutants, Narit Yuvaboon (producteur à la base, notamment des deux précédents) et Thanadet Pradit, qui n’avait jusque là qu’une comédie romantique à son actif, comme coréalisateur, en coproduction avec le Vietnam. Rajoutons également que là où les deux premiers films adaptaient des romans, ce troisième opus s’inspire juste des personnages et continue l’histoire à sa façon (ce qui techniquement demande plus de travail et de temps, ce que le film n’avait pas). Bon, coupons court, Death Whisperer 3 n’est pas une purge, mais il continue la descente de la saga si bien que cela devient inévitable, il faut bien lancer la comparaison, mais Death Whisperer fait penser à ce qui est arrivé à Conjuring. A savoir deux premiers opus avec leurs défauts, notamment trop longs, mais qui avaient une proposition divertissante mais surtout artistiquement convaincante, avant une multiplication des œuvres et une chute drastique de qualité. L’annonce d’une préquelle qui sortira sans doute fin 2026 ne me fera pas changer d’avis.

Encore une fois donc, nous suivons la famille de Yak, (dont chaque membre à son prénom commençant par Y, et maintenant que je l’ai remarqué, ça me fait rire), et au départ, il faut le dire, cette suite fait plutôt bien les choses, surtout qu’elle met de côté l’action qui était arrivée dans le second opus pour retourner à une pure ambiance horrifique, celle du premier métrage. On prend réellement plaisir à retrouver cette famille, totalement crédible à l’écran, et il faut dire que vu le rythme des productions qui s’enchaînent, les acteurs doivent vraiment se retrouver très souvent pour la saga, et donc se connaître. De plus, un peu comme si l’équipe avait écoutée le public, Death Whisperer 3 en plus de retourner vers l’horreur pure, voit encore sa durée diminuer avec seulement 1h44 au compteur, là où le premier dépassait les deux heures. Sauf qu’on comprend aussi rapidement que c’est tout simplement car la saga semble déjà tourner à vide, et que le métrage n’a rien à proposer qui ne soit pas déjà arrivé dans les précédents. Oui, encore la gamine qui sera possédée (un peu à la manière de la saga Poltergeist tiens, de moins en moins crédible à force de tant de malchance), encore Yak qui va prendre son fusil à pompe et s’aventurer en pleine forêt pour trouver un esprit et mettre un terme à toute cette histoire… et malgré une durée plus courte, encore quelques petites longueurs, sans doute la faute justement à ce côté répétitif et déjà vu dans l’intrigue. On aura bien encore une fois un flashback avec soldats qui s’entretuent en pleine guerre, comme dans la scène d’ouverture du second volet. On ne mettra pas ça sur le dos des deux réalisateurs débutants, mais ils ne sont pas aidés par la rapidité de la production, qui se ressent avec un scénario déjà vu, mais aussi dans les CGI, certains étant particulièrement moches.

Car autant les maquillages restent eux plutôt convaincants, autant les décors naturels sont toujours sublimes, et certains moments bien creepy comme il faut, autant dès que le métrage se lance dans les CGI… En Thaïlande aussi il faudrait dire aux équipes que mieux vaut sortir le film un ou deux mois plus tard et laisser le temps aux équipes de finaliser le rendu, car ici, c’est peu vendeur. Entre un serpent peu glorieux, quelques giclées de sang numériques, et donc en prime un scénario qui n’innove pas et qui en plus se permet des ellipses énormes sans doute justement pour gagner en rythme et réduire sa durée (Yak qui s’évanouit dans l’école et l’instant d’après pouf, chez lui, on n’en parle pas, scène suivante). Les défauts sont énormes et voyants. Néanmoins oui, encore une fois, le film n’est pas réellement mauvais pour autant, et si l’on apprécie la formule des deux précédents films, le divertissement sera toujours là. Jamais surprenant, mais toujours là. C’est un peu trop long mais sans temps morts, les CGI sont mauvais mais le film au-delà de ses effets techniquement propre et abouti, l’on découvre de nouvelles créatures et autres esprits Thaïlandais, et cette famille que l’on suit depuis trois films maintenant reste crédible et attachante. Mais il serait clairement temps d’arrêter ou de réduire le rythme. Laissez enfin Yak, Yee et tous les autres avoir un peu de bonheur et un peu de normalité.

Les plus

Retrouver la famille la plus malchanceuse de Thaïlande
L’action en retrait, l’horreur revient
Un métrage plus court et divertissant

Les moins

Trois films en trois ans, on sature un peu
Une grosse redite scénaristique
Des CGI mauvais

En bref : C’était prévisible, mais avec trois films tournés aussi vite, la saga Death Whisperer tourne méchamment en rond, ne sait plus trop quoi raconter et les effets sont parfois mal finalisés. Alors, ça se regarde, ça garde un capital sympathie, mais clairement le moins bon.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Thailand’s Unluckiest Family is back
♥ The action in the background
♥ The horror returns
♥ A shorter and entertaining film
⊗ Three films in three years, too much
⊗ The story is basically the same again
⊗ Bad CGI
It was predictable, but with three films shot so fast, Death Whisperer has nothing more to say and the effects are a step down again. Yes it’s watchable, it’s still entertaining, but it’s clearly not as good as the two first films.

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