DIE MY LOVE de Lynne Ramsay (2025)

DIE MY LOVE

Titre Original : Die My Love
2025 – Etats Unis
Genre : Drame
Durée : 1h59
Réalisation : Lynne Ramsay
Musique : Raife Burchell, Lynne Ramsay et George Vjestica
Scénario : Lynne Ramsay, Enda Walsh et Alice Birch

Avec Jennifer Lawrence, Robert Pattinson, Sissy Spacek, Nick Nolte, LaKeith Stanfield, Kennedy Calderwood, Gabrielle Rose et Clare Coulter

Synopsis : Grace et Jackson fuient New York et décident de fonder une famille dans l’immensité sauvage du Montana. Mais quand leur fils naît, lasse et en proie à une solitude grandissante, Grace sent sa réalité lui échapper. Peu à peu, elle perd pied, fragilisée par une maternité qu’elle affronte presque seule.

Dire que la proposition de Die My Love a divisé à la fois le public et les critiques serait un euphémisme. C’est dans le fond justement pour ça que Die My Love est un film intéressant, que l’on aime ou pas. Alors au départ, il y a le roman d’Ariana Harwicz. Puis il y a la réalisatrice, Lynne Ramsay, qui touche également au scénario et à la musique de son film. Mais derrière tout ça, il y a surtout Jennifer Lawrence, qui aura porté le projet depuis ses prémices, s’investissant comme toujours énormément, devant mais aussi derrière la caméra. Elle est aussi l’une des productrices du film, aux côtés de quelques noms connus, comme Martin Scorsese, avec qui elle a depuis tournée, dans son prochain film pas encore sorti. Et Die My Love, dès sa présentation en festival, notamment au festival de Cannes en 2025, ça a fortement divisé, à tel point que le métrage aura mit presque une année avant de débarquer sur les écrans. Pour un résultat donc plus que mitigé, certains allant jusqu’à qualifier le film d’obscène (oui), d’ennuyeux, de malaisant, de bruyant, et parfois même de déjà-vu. A côté, d’autres au contraire auront vu une œuvre qualifiée de nerveuse, sensuelle, magnifique, voire déchirante. Tout cela, ce n’est pas sans rappeler à quel point un autre métrage avec Jennifer Lawrence avait déchainé les passions, Mother ! Le parallèle est finalement évident, puisque les deux œuvres lorgnent parfois vers la folie, sont des exercices visuels intenses, et il est vrai, parfois bruyants, mais surtout des œuvres qui ne sont pas là pour faire rire le public, mais plutôt pour le bousculer. Ce que certains semblent parfois oublier d’ailleurs. On peut trouver la démarche prétentieuse (ce qui est dans le fond un peu le cas avec le cinéma d’auteur, mais de mon point de vue, il faut un minimum de prétention pour imposer ses idées dans une industrie de plus en plus focalisée sur le retour sur investissement), mais ne pas oublier que l’art n’est pas forcément fait pour nous brosser dans le sens du poil.

L’art, c’est aussi dire des réalités qui dérangent, c’est accepter que si la lumière existe, l’obscurité aussi (comme dans la vraie vie), et qu’un film dont on ne partage pas le message n’est pas forcément un mauvais film. Après tout, je n’ai jamais encore pris de fusil à pompe pour traverser les Etats Unis et flinguer tout le monde, alors que j’adore des films comme Tueurs Nés et God Bless America. Die My Love donc, c’est l’histoire d’un couple, qui a un enfant, et quitte la grande ville pour s’installer dans une grande maison de campagne. Jennifer Lawrence et Robert Pattinson, absolument partout lui cette année, forment le couple, et dans leur entourage familial, quelques têtes bien connues des cinéphiles, notamment Sissy Spacek et Nick Nolte. Rien que ça. Et le métrage prend immédiatement, voire embrasse littéralement le point de vue de Grace, la jeune femme, mais surtout nous montre bien dès les premiers instants que l’on n’est clairement pas là pour voir du cinéma de divertissement classique, mais un pur film de mise en scène, qui ose beaucoup de choses. Et soyons clairs, s’il y a bien deux choses que l’on ne pourra pas reprocher au film, c’est la qualité de sa mise en scène et son casting. Dès l’ouverture et ce long plan, on comprend que le film ne répond pas à un cahier des charges, et la suite ira dans ce sens, collant au personnage pour la suivre dans sa descente aux enfers, faite de doutes, de silences, de cris, de violence, de sexe, de pleurs. Visuellement c’est carrément un petit plaisir pour les yeux, tant l’ensemble semble parfaitement maitrisé de A à Z, sans fausses notes, donnant presque des impressions de drames psychédéliques par moment, avec quelques effets de montages, quelques accélérés, et une caméra parfois embarquée pour suivre les disputes comme si on y participait. Dans le fond, les sujets abordés par le métrage ne sont pas nouveaux, mais son traitement avant tout visuel donne une patte au métrage.

C’est pour cela que techniquement, on ne peut pas reprocher grand-chose au métrage, mais que dans le fond, tout le monde n’adhérera pas à la proposition, loin de là, puisque le métrage, en collant à ce personnage qui chute, se veut assez hermétique. Et ce même si par moment, on peut comprendre Grace, cette jeune femme qui après son déménagement à la campagne et la naissance de son enfant, subit la dépression, la solitude, les doutes, le manque de sexualité, et se laisse aller, surtout face à son mari, Jackson, qui n’en fait parfois qu’à sa tête, ramenant à la maison un chien qui ne veut pas arrêter de gueuler de la nuit par exemple. Mais ses thèmes, littéralement, ils ne parleront pas à tout le monde, ils ne toucheront pas tout le monde. Mais quoi qu’il arrive, il faut aussi reconnaître que le casting est une réussite intégrale, et que Jennifer Lawrence est une nouvelle fois impressionnante, autant dans les moments les plus calmes, ses longs silences, ses regards, que dans les purs moments de rage, où se multiplient les cris, les pleurs, les insultes. L’actrice semble aimer les rôles difficiles, mais prouve en tout cas une fois de plus qu’elle peut tenir un tel film sur ses épaules. Elle rayonne à l’écran durant l’autodestruction de son personnage. L’appréciation du film viendra donc de la perfection du spectateur, en tant qu’individu, face à la proposition, à l’assemblage de ces éléments. Aimer ou pas Die My Love, au final, ce n’est même pas bien grave. Toutes les scènes ne m’ont pas convaincu, mais l’expérience fut pourtant passionnante, et viscérale.

Les plus

Visuellement sublime
Jennifer Lawrence est impressionnante
Quelques scènes marquantes
C’est viscéral, rentre-dedans, ça prend des risques

Les moins

Un côté épuisant et bruyant pas pour tout le monde
Les thèmes, pareil, ça n’intéressera pas tout le monde
Une proposition trop radicale, trop hermétique ?

En bref : Die My Love est une descente aux enfers sans concessions, qui peut compter sur sa qualité visuelle, mais surtout sur l’implication de Jennifer Lawrence, géniale à l’écran.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Visually stunning
♥ Jennifer Lawrence is impressive
♥ A few scenes will stay in your mind
♥ Visceral, it takes risks
⊗ Exhausting and noisy
⊗ The themes are not for everyone
⊗ Maybe too radical to some?
Die my Love is a descent into hell, and it can rely on its visual, and mainly also the implication of Jennifer Lawrence, amazing on screen.

2 réflexions sur « DIE MY LOVE de Lynne Ramsay (2025) »

  1. Lynne Ramsay aime les personnages clivants : Qu’il s’agisse de Kevin ou de Grace en l’occurrence, ce sont toujours des cas. Et je ne parle même pas du tueur joué par Joaquin Phoenix dans « Beautiful day ». C’est le seul de la réalisatrice que j’ai vu, mais pas vraiment aimé. Après t’avoir lu, j’ai quand même envie de tenter celui-ci.

    1. Au moins si tu le tentes, tu sais dans quoi tu t’embarques, et donc si tu n’aimes pas, tu ne m’en voudras pas haha. C’est en effet clivant, bruyant, épuisant, et donc ça peut autant plaire qu’irriter. J’avoue qu’à petite dose, ça me va, un film de ce genre de temps en temps, s’il y a un propos derrière, ça me plait. Mais je n’enchainerais pas du tout ce genre de films. Du coup il faudrait que je tente malgré tout BEAUTIFUL DAY, pas vu. Comme la vision de DIE MY LOVE date déjà d’il y a plusieurs mois en réalité, je n’enchaine pas, il y a des chances que ça passe.

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