LES MAITRES DE L’UNIVERS (Masters of the Universe) de Travis Knight (2026)

LES MAITRES DE L’UNIVERS

Titre Original : Masters of the Universe
2026 – Etats Unis
Genre : Aventures
Durée : 2h20
Réalisation : Travis Knight
Musique : Daniel Pemberton
Scénario : Chris Butler, Aaron Nee, Adam Nee et Dave Callaham

Avec Nicholas Galitzine, Camila Mendes, Idris Elba, Jared Leto, Jóhannes Haukur Jóhannesson, Jon Xue Zhang, Alison Brie, Sam C. Wilson, Charlotte Riley, James Purefoy et Morena Baccarin

Synopsis : Le Prince Adam se transforme en un guerrier appelé Musclor, et devient le dernier espoir du pays magique d’Eternia, ravagé par la technologie et le maléfique Skeletor.

Je n’ai pas spécialement grandi avec Les Maîtres de l’Univers, que ce soit les jouets, la série animée, ou le film de 1987 signée Cannon Films avec Dolph Lundgren. Le film d’ailleurs, je l’ai vu plutôt récemment, il y a environ 5 ans, et je n’avais pas aimé, même comme nanar. Pour autant, le nouveau métrage signé Travir Knight était l’un des blockbusters que j’attendais le plus de l’année 2026. Car le réalisateur est capable de bonnes choses, car le casting semblait prometteur, et car l’atmosphère qui se dégageait des images avait l’air délicieusement kitch, avec des visuels colorés, qui font assurément plaisir en ces temps mornes. Evidemment, le fait qu’Amazon MGM transforme chez nous la bête en simple DTV pour Amazon Prime Video avait quelque chose de décevant, tout comme le flop au box-office, avec un poil plus de 110 millions dans le monde, pour un budget estimé entre 170 et 200 millions. Heureusement, malgré ce relatif échec (non, gros échec), Amazon n’a pas décidé d’enterrer la licence, sans doute car oui, en VOD, dans pas mal de pays, ça a cartonné. Et les avis spectateurs eux sont souvent positifs, voire très positifs. Si bien qu’après vision, je peux le dire, le métrage me fait penser à quasiment tous les niveaux au récent Donjons et Dragons. Un budget énorme, un flop non mérité au box-office, pour un métrage d’aventures coloré, amusant, cool, qui fait du bien, et qui rapidement, a montré que si les spectateurs ne se sont pas déplacés en masse, ceux qui l’ont vu ont aimé. Masters of the Universe a donc la chance de véritablement cartonner en VOD, et en prime, d’avoir Amazon derrière, qui a les reins plus que solides, et donc peut sans doute lancer la production d’un second opus en revoyant les ambitions un poil à la baisse, notamment en durée, ce qui corrigera l’un des défauts du film, car 2h20, ça reste long. Et comme Donjons et Dragons, le métrage surtout fait le choix du film léger, conscient de ce qu’il est, limite un peu moqueur par moment, MAIS toujours avec un grand respect au final pour ce qu’il adapte. Ce qui n’en fait certainement pas un film profond, loin de là, mais un métrage attachant, enjoué et qui donne clairement le sourire.

La formule, les fans la connaissent, et en fait, sans même être fan, on connait. Un héros un peu ringard, musclé et avec sa petite tenue, une grosse épée magique, un grand méchant très méchant avec sa tête de squelette, un royaume magique, beaucoup de baston. Et comme nous sommes donc dans le film de 2026, ajoutons par-dessus ça des CGI un peu partout, des visuels ultra colorés qui font plaisir à voir et nous change des blockbusters tout gris qui sortent à la pelle, des blagues qui font pour la plupart mouche, quelques clichés, et en prime, pas mal d’éléments qui font plaisir que l’on peut rajouter par-dessus, avec une musique synthé signée Daniel Pemberton (Project Hail Mary), un gros casting qui fait plaisir, un héros dont on se moque gentiment mais qui quand il faut faire parler la testostérone, montre les muscles et balance de grosses patates malgré tout, et un Jared Leto en roue libre totale pour jouer Skeletor, ce qui nous ferait presque oublier pas mal de films récents de l’acteur, tant il semble s’amuser comme un petit fou, et nous amuse avec lui. Evidemment, le spectacle est pulp, référentiel, léger, parfois épique, toujours ludique, mais il ne faut pas fermer les yeux non plus sur ses défauts. Oui, certains CGI sont beaucoup moins au point que les autres, et si la direction artistique très colorée fait des merveilles, tout n’est pas du même niveau, comme ce tigre parlant en CGI qui ferait clairement grincer des dents dans un film qui se prendrait totalement au sérieux. Ou sa durée légèrement trop haute, car bien que le film n’ennuie à aucun instant, il est difficile de ne pas admettre que comme Project Dernière Chance cette année, l’aventure aurait gagnée en rythme et efficacité avec son doute 20 minutes en moins au compteur. A croire donc que les deux blockbusters cools et colorés sortant tout deux de l’écurie Amazon cette année partagent quelques défauts, et quelques qualités. Mais tout ceci, encore une fois, n’est pas bien grave face au plaisir que le métrage parvient à véhiculer.

Car outre son univers enchanteur et coloré, outre son humour qui fait très souvent mouche même lorsqu’il est très facile, et sa bande son qui fait plus que plaisir (et que j’écoute avec plaisir depuis la vision du film), et au final aussi son casting plutôt appliqué, entre acteurs confirmés (Idris Elba en garde du corps, Jared Leto en Skeletor, et même tiens, James Purefoy en roi) et pures découvertes (Camilla Mendes en Teela), sans oublier évidemment un petit caméo de Dolph Lundgren, jamais lourd et évacué finalement assez tôt pour se concentrer sur le film et pas le passé de la franchise, le métrage peut donc aussi compter sur le solide travail de Travis Knight à la réalisation. Il n’a certes jamais été un génie, mais il livre une mise en scène plutôt solide, qui sait mettre en avant les effets visuels, mais surtout qui sait filmer l’action de manière totalement lisible même quand l’écran est surchargé de personnages et de CGI, et ce même lorsque le tigre est là (oui ce rendu approximatif au possible). En fait, on a surtout l’impression que l’équipe s’est totalement éclatée à livrer le film, à le faire, comme des gosses s’amusant avec des jouets. Et ce plaisir est communicatif, sans doute un brin régressif, mais quand on le compare à ces blockbusters tout en CGI, ou qui se prennent bien trop au sérieux, ou même pour comparer avec le récent Supergirl qui avait un coup à jouer dans le même univers (une héroïne voyageant dans divers mondes fantastiques), le film écrase à ce niveau la concurrence. Pas de politique, pas de morale pour le spectateur, pas de filtres gris, jamais rien de larmoyant, juste du fun, et un film parfait pour un double programme en soirée entre amis avec Donjons et Dragons.

Les plus

Une aventure pulp
Un visuel coloré et enchanteur
Un second degré salvateur
Excellente bande son
Jared Leto en fait des tonnes en Skeletor
Une mise en scène loin d’être dégueulasse

Les moins

Quelques CGI moins glorieux
Une durée un peu excessive

En bref : Les Maîtres de l’Univers cuvée 2026 est un blockbuster coloré, explosif, très amusant, et en fait, qui fait tout simplement du bien tant il respecte le matériel de base tout en ayant conscience de ces limites, et s’en amuse.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Clearly a pulp adventure
♥ The visuals, colorful
♥ It’s often really funny
♥ The soundtrack is awesome
♥ Jared Leto is having fun as Skeletor
♥ Visually it’s clearly not bad at all
⊗ Some CGI are way less glorious (the tiger)
⊗ The length is a bit excessive
Masters of the Universe from 2026 is a colorful blockbuster, explosive, funny, and in fact, it feels good. It respects the toys and universe but it knows its limitation, and is having fun with it.

6 réflexions sur « LES MAITRES DE L’UNIVERS (Masters of the Universe) de Travis Knight (2026) »

  1. Un tigre qui parle, c’en est déjà trop pour moi. Ton enthousiasme peine à me convaincre malgré tout. Je te laisse le château des ombres et tous les accessoires qui vont avec.
    J’avoue, Jared a de la gueule.

    1. Quel dommage. Surtout que dans mon cas, contrairement à beaucoup (et contrairement à Oli, qui a adoré aussi), je n’ai aucune nostalgie envers l’univers, n’ayant jamais vu le dessin animé, jamais eu les jouets, et détesté le film de 1987 signé Cannon Films. Pour ma part, je pense que le bluray prévu en Octobre je crois rejoindra ma collection.

  2. Oui j’ai adoré moi aussi. Et en effet, j’étais fan durant mon enfance, je me souviens de presque tout, c’est assez fou en fait. Mais comme tu le dis Rick, même en dehors de la nostalgie, il y a une de la qualité, de l’humour qui fonctionne, de très bonnes ziks (Brian !!!).

    Je me le refais bientôt !

    1. La preuve que le film fonctionne sur tous les publics, et que malgré ses défauts (CGI inégaux, longueurs), ça a été bien pensé. Bon sauf le budget, en vrai, en réduisant la durée, ça aurait allégé le planning et les effets, et ça aurait été plus simple à rembourser, mais bon.
      Je l’ai revu avec un pote le weekend dernier, il avait peur, il était pas chaud. Et au final, il était à fond dedans et a énormément ri à certaines scènes, en me précisant derrière « j’achéte le blu-ray quand ça sort ».

      1. Je pense que les critiques assassines, le public qui boude après les catastrophes Star Wars, et d’autres qui, en plus, on bidé après, ont fait réfléchir les producteurs. Ces films étaient irrespectueux vis à vis des fans. Ce n’est pas un hasard je pense si, ces dernières années, on a eu des DUNGEONS AND DRAGONS, MORTAL KOMBAT 1/2, MASTERS OF THE UNIVERSE… Purée c’est dingue mais je mettrais même une petite pièce sur le prochain film STREET FIGHTER, c’est dire !

        1. Je n’ai pas vu le trailer du STREET FIGHTER, mais j’ai entendu pas mal de gens dire que ça avait l’air cool et qu’ils croisaient les doigts pour ne pas être déçu à la sortie. Ce qui est déjà un bon signe. L’année avait super mal démarrée niveau adaptation en plus (oui oui, je pense toujours à toi, RETURN TO SILENT HILL, je ne te laisserais pas en paix, JAMAIS). Mais au final, à quelques films près évidemment, j’ai l’impression qu’il y a un réel effort niveau productions en 2026, autant les petites que les grandes. Et on ne va pas s’en plaindre.

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