Titre Original : Do Not Enter
2026 – Etats Unis
Genre : Horreur
Durée : 1h31
Réalisation : Mark Klasfeld
Musique : Blitz//Berlin
Scénario : Dikega Hadnot, Spencer Mandel et Stephen Susco
Avec Adeline Rudolph, Nicholas Hamilton, Kai Caster, Jake Manley, Javier Botet, Francesca Reale, Shane Paul McGhie, Laurence O’Fuarain et Brennan Keel Cook
Synopsis : Un groupe de personnes explore des zones urbaines abandonnées pour le plaisir. Malheureusement, leur nouvel emplacement, un hôtel vide et condamné depuis longtemps, peut s’avérer plus dangereux qu’ils ne le pensaient…
Do Not Enter, sur le papier, ça a à la fois tout pour me faire fuir, et tout pour m’attirer. Me faire fuir car le principe des jeunes qui se filment dans des lieux abandonnés pour faire des vues sur youtube, ça rappelle beaucoup trop de films aux personnages énervants sans instinct de survie, et souvent filmés en found footage. Qu’importe si dans la vraie vie, j’aime et ai fait de l’urbex. Mais Do Not Enter, toujours sur le papier, ça tourne le dos au found footage, ce qui promet au moins de pouvoir profiter des beaux décors, et de la possible menace présente à l’intérieur de l’hôtel qui sera visité par plusieurs groupes de personnages. Et puis, fait surprenant et encore plus intriguant, le métrage est une adaptation (oui comme souvent certes) d’un roman signé David Morrell. Oui, l’auteur du livre ayant amené Rambo. Voir donc, plus de 40 ans après, un nouveau livre de l’auteur être porté sur grand écran, ça rend curieux. Qu’importe donc si la presse spécialisée et une partie des spectateurs Américains ont défoncés le film. Car quand on est curieux, rien ne nous arrête. Au final, Do Not Enter (dommage, le titre original, le titre du livre donc, Creepers, était très bien), ce n’était pas glorieux, ça ne rentrera pas au panthéon des meilleurs films de genre de 2026 (il faut dire que la concurrence est rude), mais on a vu bien pire. Alors non, je n’ai pas lu le roman donc ne pourrait pas comparer, mais quand on voit le pedigree de certains des scénaristes à l’œuvre, on peut se dire que le choix de la production pour adapter le livre n’était sans doute pas bien judicieux. Trois scénaristes, dont deux débutants, et le dernier, Stephen Susco, ayant officié comme scénariste sur les versions Américaines des deux premiers The Grudge (donc, pas un grand taf vu la copie conforme ou presque des originaux), mais aura aussi bossé sur le second film Unfriended (le premier m’aura suffi) ou encore le fameux Texas Chainsaw 3D.
En tout cas, en lisant un rapide résumé, on comprend bien que le film a surtout changé un point important du métrage, à savoir, sa menace principale. Pour le reste, nous suivons bien toujours un groupe de 4 exploreurs accompagnés par un reporter (cherchant sa femme) qui pénètrent dans un hôtel fermé depuis des lustres et réputé hanté, le Paragon Hotel. Et oui, un autre groupe va bien rentrer dans l’hôtel également, ce qui va amener des tensions, une lutte. Et d’entrée de jeu, soyons clairs, Do Not Enter n’est pas un film honteux, il est même, techniquement parlant, plutôt propre, abouti, sans fausses notes, sans montage calamiteux, sans caméra qui aurait parkinson. Bref, ça ressemble à un vrai film, et c’est donc parfait pour mettre en avant les décors du fameux hôtel, qui fonctionnent bien, même si à titre personnel, j’espérais un rendu plus crade, plus sombre. Ici, il y a quand même parfois du courant, des pièces normales, malgré l’aspect décrépi des murs. Visuellement donc, aucun souci, c’est plutôt réussi malgré mes réserves. La photographie de Yon Thomas, plus habitué aux séries et clips musicaux, s’en sort également bien, de même que la bande son signée Blitz//Berlin, que je ne m’attendais pas à trouver sur ce film. Un trio très actif dans l’horreur, mais souvent l’horreur qui ose, comme le très sympathique The Void, le fun Psycho Goreman, ou le récent remake de Silent Night Deadly Night. Bref, encore une fois, techniquement, c’est solide à tout niveau. Et le reste ? C’est là que ça coince déjà un peu plus, le film ne parvenant pas à éviter certains défauts que l’on voyait pourtant venir à des kilomètres. Comme ces personnages, peu intéressants, vides même, que le film essaye vraiment de rendre sympathiques avec une longue introduction se voulant cool, et dont la plupart se résument à leur fonction. Il y a le chef de groupe, Rick, qui est… et bien le chef, et en couple avec Diane, que l’on nous vend comme le personnage principal. A côté, Vernon qui est le photographe du groupe et c’est tout, et Cora, celle qui grimpe partout, et qui sera donc la seule à pouvoir franchir certains obstacles. Rien de plus sur eux, leur passé, leur passion, non, ça se limite à leur fonction.
Le pire étant que le scénario (encore une fois, sur ça, pas sûr que le film respecte le livre) ne sait même pas quoi faire de ses personnages, en plus d’avoir souvent peur de les faire souffrir. Les méchants seront donc tués, et les gentils s’en sortiront presque tous indemnes. Mais le pire donc, c’est que le film ne sait pas quoi faire de certains personnages. Diane, on commence le film sur elle, on nous la vend comme la final girl que l’on va suivre, sauf qu’elle est la première à disparaître du récit, pour passer finalement le reste du film seule dans une pièce, où il ne lui arrivera rien, et donc au temps d’écran limité à quelques minutes une fois l’intrigue vraiment lancée. Même l’autre groupe arrivant en cours de route ne remonte pas le niveau, ils sont là juste pour être détestables, et donc des cibles faciles. Et la menace donc ? Une fois révélée, le film se transforme presque en banal slasher. Pas désagréable pendant un temps, tant que le menace est suggérée, furtive, dans l’ombre, ou que la caméra joue sur les gros plans. Surtout que cette menace, c’est Javier Botet, habitué à ce genre de rôles, ayant presque bâtit sa carrière là-dessus… ou en tout cas, passé REC et La Malédiction des Profondeurs en Espagne, tout le monde sera allé le chercher pour ça, avec, Mama, The Conjuring 2, Slender Man, Mara ou encore The Last Voyage of the Demeter. Le gros problème, c’est que dès que le film montre plus sa menace, plus frontalement, tout s’écroule, on a presque envie de rire devant le résultat peu inventif. Et encore, ce n’est pas tout, car dans le fond, on se dit surtout qu’au final, Do Not Enter coche toutes les cases et ne ressemble qu’à un film parmi tant d’autres, avec jeunes qui vont dans un endroit interdit, là où se terre une créature, qui va les chasser, et c’est la fin. Do Not Enter, pour marquer, aurait sans doute dû être plus violent et radical, ou alors à l’opposé, poser une réelle ambiance stressante plus longtemps. Là, en l’état, c’est évidemment totalement regardable, plutôt rythmé, mais juste, très rapidement oubliable.

Les plus
De beaux décors
En soit, totalement regardable
Quelques meurtres graphiques
Les moins
Des personnages peu appréciables
L’horreur trop frontale sur la fin devient risible
Au final, un film lambda et oubliable surtout
En bref : Alors oui, Do Not Enter n’est pas une purge, mais il s’avère finalement surtout trop inoffensif, avec ce sentiment de déjà-vu. De beaux décors n’y changeront rien.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Nice sets and locations ♥ Yes it’s watchable ♥ A few graphic murders |
⊗ The characters are far from being likeable ⊗ Near the end, the horror becomes ridiculous ⊗ Just a horror film like any other |
| Yes, Do Not Enter is not horrible, but it’s a horror film that takes the safe road, nothing here you’ve never seen somewhere else, and better. Beautiful locations won’t change that. | |




















