LEVITICUS de Adrian Chiarella (2026)

LEVITICUS

Titre Original : Leviticus
2026 – Australie
Genre : Fantastique
Durée : 1h28
Réalisation : Adrian Chiarella
Musique : Jed Kurzel
Scénario : Adrian Chiarella

Avec Joe Bird, Stacy Clausen, Tyallah Bullock, Ewen Leslie, Mia Wasikowska, Jeremy Blewitt, Davida McKenzie, Julia Grace et Hyu Motoki

Synopsis : Deux adolescents doivent échapper à une entité violente qui prend la forme de la personne qu’ils désirent le plus — l’un l’autre.

Toujours inédit chez nous alors que déjà disponible en VOD à l’étranger, Leviticus semble sur le papier être le nouveau film d’horreur Australien à faire sensation. Oui, chaque année, il y en a un nouveau. On ne s’étonnera donc pas trop de retrouver souvent les mêmes producteurs et donc la même boite de production derrière ces métrages. En 2014 il y avait le Babadook (il faudrait d’ailleurs que je me décide à le voir), en 2018 The Nightingale, en 2022 Blaze et Talk to Me, bien que le premier soit resté discret hors festival, l’année dernière il y avait eu Bring Her Back, et bien maintenant il y a Leviticus, premier long métrage écrit et réalisé par Adrian Chiarella. Et Leviticus nous envoie dans un sens en terrain connu, puisque l’on retrouve l’acteur Joe Bird, que l’on avait découvert dans Talk to Me il y a 4 ans et que son concept fait un poil penser à It Follows, avec deux jeunes adolescents qui sont suivis par quelque chose que seuls eux peuvent voir. Sauf qu’ici, cette entité prend la forme de la personne qu’ils désirent le plus, à savoir donc, l’un l’autre. Car oui, Leviticus parle en premier lieu de l’homosexualité dans une minuscule ville traitant encore ça comme s’il s’agissait d’une maladie, d’un mal qu’il fallait détruire, en mode passage à l’église pour guérir les péchés de ces âmes égarées. Ville d’ailleurs étrange, puisqu’à l’exception de l’école où se rend les personnages, et de l’église donc, le reste ne semble être constitué que de lieux délabrés, d’usines rejetant dans l’air d’immenses fumées. Leviticus en tout cas avait, sans chercher trop loin, tout pour me faire fuir, avec oui, encore un film LGBT, et donc surfant sur la vague actuelle, à tel point qu’il est parfois difficile de trouver un film sans ça (j’exagère un peu évidemment), un réalisateur qui débute donc et doit faire ses preuves avec un sujet sensible et une horreur d’atmosphère. Sauf que finalement, Leviticus, à un ou deux moments près, s’avère beaucoup plus fin qu’il n’y paraît.

Et donc, on sent bien que le sujet n’est pas là juste pour surfer sur la vague et se faire bien voir en festival, mais là car l’auteur y tenait, l’auteur a quelque chose à raconter sur ce sujet. Avant même que l’horreur ne débute vraiment d’ailleurs, on sent rapidement ce malaise ambiant dans cette ville à la pensée un peu en retard, ville industrielle peu accueillante et dont on ne verra pas grand-chose, un peu trop croyante, quitte à mettre en danger des adolescents dès que leur pensée dévie un peu trop des croyances. C’est ici l’homosexualité, mais ça pourrait être tout simplement un avis divergeant en politique (ou sur une marque de chips hein, vu comment le monde actuel se tire en c…). Leviticus met en scène deux adolescents, dont l’un qui découvre tout simplement sa sexualité, ses goûts, tandis que l’autre semble déjà tout simplement accepter qui il est, qui il aime, sans se poser trop de questions. Ce qui ne plait pas à la ville, qui sort donc les grands moyens pour « purger » le mal. Si ça marche, et bien l’homosexualité s’en va, littéralement. Si ça ne marche pas, le film se met en mode It Follows, sans hésiter un seul instant à faire très mal aux personnages. Leviticus, malgré quelques faux pas, et un final dans le fond optimiste qui va un peu à l’encontre de l’idée de malédiction inarrêtable, c’est un métrage qui respire la sincérité, ce qui lui fait déjà gagner des points au niveau de son scénario. On croit dès le départ en ces personnages, en leur relation, sans en faire des caisses, juste avec quelques regards, quelques silences, quelques doutes, et parfois la peur du regard des autres. Sans aspect fantastique encore, il se trame déjà quelque chose. Lorsque tout démarre par contre, le réalisateur parvient heureusement à livrer une mise en scène plus que solide, privilégiant les plans longs, les travellings, et surtout un énorme travail sonore pour nous faire croire à son univers, à sa menace, et ça fonctionne. Pour un premier long métrage à la fois comme scénariste et comme réalisateur, Adrian Chiarella a bien géré.

Il y a un côté très naturel et sur le vif pour toute la partie romance du film, mais un côté hyper maitrisé et millimétré dès que le métrage verse dans l’horreur, avec notamment quelques scènes très efficaces et bien tendues. La paranoïa s’installe très rapidement chez les personnages, mais aussi chez le spectateur, logiquement. La dernière partie, avant le final donc, est d’ailleurs très réussie et parfaitement bien gérée, en rythme, en cadrage, en atmosphère, et en horreur crédible, où chaque coup fait mal. Ceci dit, oui, Leviticus pour moi fonctionne un poil moins qu’un Bring Her Back par exemple. Tout simplement car malgré ses qualités formelles, dans le fond et la forme, et son casting tout à fait crédible, sa romance me parle tout simplement peut-être moins. Ou alors peut-être parce que la seule scène réellement sexuellement explicite, au lieu d’être sensuelle entre deux hommes pourtant en danger de mort, m’apparaît plus comme gratuite et anecdotique dans la manière dont elle débarque, dans le lieu de l’action, et dans sa manière d’être filmée. Evidemment, c’est une bonne chose que le réalisateur aille au bout de ses idées, et le petit budget du film lui aura permis, en prime, de garder un contrôle total, ce qui est très important, et augmente la sincérité du film. Mais ça ne veut pas dire que chacune de ses idées ou leur traitement soit forcément réussi. Pas de quoi bouder ou rejeter le film, juste un constat. Nous verrons bien en Octobre si le grand public Français répond présent en salles, et ce qu’il en pense.

Les plus

Des personnages crédibles
Une ambiance horrifique maitrisée
Un très bon travail sur le son
Le climat souvent lourd de cette ville

Les moins

Quelques moments un peu forcés
Un final trop optimiste ?

En bref : Dernier film horrifique Australien en date, Leviticus se montre, pour un premier film, maitrisé sur bien des points, que ce soit dans sa romance ou dans l’horreur pure. Pas parfait, parfois sans doute un peu maladroit, mais prometteur.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Likeable characters and you can believe in them
♥ A nice atmosphere
♥ Great work on the sound design
♥ There is often an heavy atmosphere on this town
⊗ Some parts are maybe too much
⊗ Too optimistic in the end?
Last Australian horror film, Leviticus is, for a first feature, well made on so many levels, as much in the horror department as in the romance. Not perfect, sometimes maybe a bit clumsy, but promising.

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