GOD BLESS AMERICA de Bobcart Goldthwait


godblessamericaGOD BLESS AMERICA

Titre original : God Bless America
2012 – Etats Unis
Genre: Rentre dedans
Réalisation : Bobcart Goldthwait
Musique: Matt Kollar
Scénario :  Bobcart Goldthwait

Avec Joel Murray, Tara Lynne Barr, Melinda Page Hamilton, Mackenzie Brooke Smith, Rich McDonald et Maddie Hasson

Synopsis : Frank, la cinquantaine, se fait licencier, puis apprend qu’il a une tumeur au cerveau. Au bord du gouffre, dépité par le monde qui l’entoure et ce que le télévision et l’humanité sont devenues, il a alors un éclair de génie, et décide de tuer ceux qui pour lui ne méritent pas de vivre, et ce en commençant par Chloé, une jeune riche, star d’une émission de télé réalité. Accompagné de Roxy, une jeune lycéenne, ils vont faire le ménage.

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God Bless America, c’est typiquement le petit film indépendant passé totalement inaperçu, sortant au même moment que des gros budgets beaucoup plus rentables et appréciés du grand public. Mais pas seulement, puisque God Bless America, c’est aussi un film dont le metteur en scène et scénariste a eu une liberté totale pour s’exprimer, certes parfois en choisissant la facilité, mais en allant tellement à fond dans son sujet que son métrage amuse, dérange, mais pourtant, a quand même quelque chose de vrai à nous dire. Bref, un film qui deviendra culte avec le temps, cela ne fait aucun doute, mais aussi un film qui divisera absolument son public. En quelques mots, God Bless America est une énorme critique de la société Américaine, et de la télévision. Et comme tout le monde essaye de copier sur l’Amérique, on pourrait tout simplement dire une critique du monde actuel dans lequel nous vivons. Et c’est en dénonçant tout ça, certes avec facilité, mais surtout avec beaucoup d’humour, que le film accroche dés les premiers instants. Jugez plutôt.

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On nous présente Frank, cinquantenaire, vivant seul, divorcé, qui ne voit pas sa fille, souffrant de migraines et d’insomnies, qui vit à côté d’un couple de voisins qui parlent fort et dont le bébé pleure en permanence la nuit. Seul remède à l’insomnie, la télévision. Cette ouverture, tout simplement excellente, nous met dans le bain, entre dérision, humour totalement immoral et violence. Frank s’imagine en effet rendre une visite à ces voisins, armé d’un fusil à pompe, pour les tuer, bébé y compris ! Passé cette ouverture, le film va immédiatement nous plonger dans son sujet principal avec une critique acide, violente, facile mais profondément juste et drôle de la télévision d’aujourd’hui, dans une série de pubs, fausses émissions et bulletins d’informations qui rappelleront les travaux de Paul Verhoeven a plus d’un spectateur, ou tout simplement Tueurs Nés, qui rentrait déjà dans le tas en critiquant la télévision.

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Et autant le dire, le réalisateur, Bobcart Goldthwait, frappe là où ça fait mal, puisque sa critique  est dés plus justes. Frank, lui, est au bout du rouleau, et décide de tuer toutes les personnes qui tirent la télévision vers le bas, ou ceux qui n’ont aucun respect pour autrui. Si le film peut s’avérer gratuit et dérangeant de ce coté là (après tout, de quel droit peut-on juger la vie des autres, et y mettre un terme ?), il le fait pourtant assez intelligemment, et ne nous abreuve pas d’images violentes du début à la fin, loin de là. Car la plus grande réussite de God Bless America, outre sa mise en scène travaillée et immersive, ce sera bel et bien ses deux personnages principaux, et donc, le scénario, qui a bénéficié d’un soin très particulier. Frank le cinquantenaire au bout du rouleau et Roxy, la jeune lycéenne excentrique, sont deux personnages forts, attachants, qui fonctionnent à merveille.

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Il faut dire qu’en plus d’être très intéressants, les deux acteurs sont tout bonnement excellents, et chacun des échanges entre Frank et Roxy sont un pur moment de bonheur, qui rappellera aux spectateurs connaisseurs la très bonne surprise indépendante qu’était Super de James Gunn. Le film navigue quelque peu dans le même univers d’ailleurs. Comment ne pas rire devant les hilarants dialogues entre Frank et Roxy, discutant dans des hôtels souvent miteux des gens qu’il faudrait tuer. Tout le monde y passe et en prend pour son grade, entre les fans de Twilight (pas une mauvaise idée en soit hein…), ceux faisant de la télé réalité, les présentateurs de news, les jeunes pourris gâtés,  les extrémistes. Même Woody Allen ou des groupes tels Green Day vont en prendre pour leurs grades dans des dialogues cuisinés aux petits ognons.

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Mieux, on sera content, que dis-je, on jubilera devant la scène se déroulant au cinéma, tant elle s’avère vrai, et tant on a tous plus ou moins eu envie de faire comme Frank et Roxy. Le film évolue ainsi, entre quelques meurtres et de très longs échanges verbaux entre les deux personnages, entrecoupés par moments de quelques scènes musicales du meilleur effet (avec attention, des groupes tels que Black Rebel Motorcycle Club ou encore Alice Cooper au programme). Malgré la longueur conséquente de certains dialogues, à aucun moment le film n’ennuie, grâce à la maîtrise totale de son metteur en scène qui a su s’entourer d’une équipe, autant artistique (montage, photographie) que pour les acteurs, totalement investis. Comique, immoral, bourré d’hommages ou de petits clins d’œil à des émissions ou autre films, superbement mené et très bien construit (le final par exemple est très bien amené, tout le long du film, si bien que oui, on pourra facilement le deviner), mené par deux grands acteurs (j’attend de voir ce que la jeune Tara Lynne Barr fera par la suite), God Bless America restera dans les mémoires, va diviser, mais reste un grand film totalement ancré dans son époque. Il faut savoir en rire et apprécier le travail effectué.

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Les plus:

Deux grands acteurs

Une critique facile mais tellement vraie

Des dialogues cultes

Techniquement travaillé

Tellement drôle

Les moins:

Parfois facile… et alors?

En bref: God Bless America est la grande surprise de 2012. Un film culte, une comédie amère incroyablement bien écrite sur notre société, qui rappellera des films tels que Super ou Tueurs Nés.

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