PHONE (폰) de Ahn Byeong-Ki (2002)

PHONE

Titre original : Pon – 폰
2002 – Corée du Sud
Genre : Fantastique
Durée : 1h43
Réalisation : Ahn Byeong-Ki
Musique : Lee Sang-Ho
Scénario : Ahn Byeong-Ki

Avec Ha Ju-Won, Kim Yu-Mi, Choi Woo-Jae et Choi Ju-Yeon

Synopsis :  Harcelée sur son téléphone portable pour avoir révélé publiquement un scandale pédophile, la journaliste Ji-Won change de numéro et s’isole dans la maison secondaire d’un couple d’amis. C’est alors que des évènements étranges se multiplient. Ji-Won est en prise avec de violentes apparitions, tandis que son portable ne cesse à nouveau de sonner, laissant entendre les bribes d’une voix d’outre-tombe. Plus grave encore, la petite fille du couple d’amis, Yeong-Ju, semble comme possédée et développe une relation amour-haine extrême avec son père. En décidant d’enquêter sur ces phénomènes, Ji-Won va mettre à jour le terrible secret unissant la maison et les différents protagonistes.

Seconde réalisation du Coréen Ahn Byeong-ki, Phone a tout du film de fantôme classique, à la différence près qu’il échange la cassette vidéo de Ring par le téléphone. Chose qui sera refait un an après au Japon par La mort en Ligne de Miike Takashi. Le réalisateur retentera encore l’expérience du film de fantôme en tournant en 2004 le classique, mais excellent Bunshinsaba. Phone, lui, se démarque tout de même des autres films du genre, malgré une première partie classique et inhérente aux films de genre asiatiques. Dans un premier temps, le réalisateur tente de faire tenir deux intrigues dans son film. La classique histoire de fantôme, et une histoire de serial killer. Malheureusement, on a parfois l’impression qu’il s’y perd un peu, malgré sa réalisation stylisée du plus bel effet. Ji-won sera harcelée par un tueur, ce qui multiplie le danger. Mais cette sous intrigue s’avère peu passionnante, et le réalisateur revient alors rapidement (heureusement) à son intrigue de base, son histoire de fantôme. Dans un premier temps, cela s’avère bien classique, mais réservant son lot de sursaut, ce que tout film du genre doit faire. Le film pompe un peu partout, dans les Ring, Dark water et autres Ju-On, comme si le réalisateur cherchait lui même à insuffler une personnalité à son film. Et fort heureusement, il y parvient rapidement.

Là où Miike opte pour une sonnerie enfantine du plus bel effet dans La mort en ligne, Ahn Byeong-ki opte pour une sonnerie plus adulte, moins en décalage, mais tout aussi flippante. La peur sera bien souvent suggérée, bien peu de choses seront vues, ce sera au spectateur d’imaginer, et d’avoir peur… de ses propres peurs. Mais là où le film fonctionne vraiment et sort des sentiers battus, c’est dans sa dernière partie. Essayant de mélanger les genres et d’ajouter une sensibilité à son film, le réalisateur s’attache à deux personnages: celui du fantôme, et celui de la petite, Yeong-ju. Après avoir répondue au téléphone, la petite commencera à changer radicalement de personnalité, comme avais pu le faire le petit dans Freddy Sort de la Nuit. Malheureusement, comme pour le film de Craven, la petite s’avère bien rapidement énervante au possible, gesticulant dans tous les sens et nous explosant les oreilles. Malgré ce gros faux pas, le réalisateur se concentre sur sa réalisation, astucieuse, où la photographie ou encore la météo peut changer en fonction de l’ambiance de la scène, du ressenti des personnages. Un coup de maître de ce côté là. Comme tout film de fantôme, l’héroïne cherchera la source du mal, et donc l’identité du fantôme, et sa vie passée. Et c’est là que dans sa dernière partie, le film bascule tout naturellement au drame familial.

Le passé du fantôme, et donc la clé de l’intrigue, se révèle par flashback, judicieusement amenés dans l’histoire, cassant par la même occasion le genre dans lequel le film peut se situer. On se rend compte que la trame horrifique et classique du film n’était qu’une apparence, un prétexte pour nous plonger dans un drame humain profondément triste et touchant. Par ses moments, nous comprenons ce qui unie vraiment les deux personnages principaux, et ce qui unit les personnages avec le fantôme. Le tout magnifiquement mise en scène, accompagné par la sonate au clair de lune, de Beethoven. Si Phone reste classique dans sa première partie, ce n’est que pour surprendre dans son final, et ainsi devenir un drame, un film plus humain. En tout cas, un réalisateur a suivre, vu son talent pour la mise en scène sur ce film, et son suivant, Bunshinsaba. En espérant que par la suite, il ne reprendra plus de gamines aussi énervantes dans son casting.

Les plus

Très belle mise en scène
Classique mais se regarde bien
La partie dramatique

Les moins

Trop classique également
Parfois brouillon
La petite

En bref : Classique au départ, Phone se révèle plus être un drame touchant et parfois cruel extrêmement bien mis en scène. Dommage que l’intrigue secondaire du tueur en série alourdisse le tout, et qu’il y ai quelques erreurs de casting.

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