VERSUS de Kitamura Ryuhei


VERSUS

Titre original : Versus -ヴァーサス- Vāsasu
2002 – Japon
Genre : Action
Réalisation : Kitamura Ryuhei
Musique : Morino Nobuhiko
Scénario : Kitamura Ryuhei et Yamaguchi Yudai
Avec Sakaguchi Tak, Sakaki Hideo, Misaka Chieko, Matsuda Kenji, Arai Yuichiro et Matsumoto Minoru

Synopsis : Deux détenus s’évadent pendant leur transfert et trouvent refuge dans une forêt où des yakuzas doivent les prendre en charge et assurer leur fuite. Cependant, les gangsters ont un tout autre projet pour nos deux détenus. En effet, ces derniers arrivent avec une jeune femme captive et leur demandent d’attendre leur chef. Une bagarre s’ensuit dans laquelle un des yakuzas meurt… pour mieux revenir à la vie.

À sa sortie, Versus avait cartonné. Les critiques, le public, les passages en festival, tout le monde était sous le charme. Il suffit encore aujourd’hui de regarder les avis de la presse sur la pochette du DVD pour s’en convaincre. « De l’action non-stop » que l’on nous annonce. « Kitamura montre qu’il possède l’étoffe d’un grand réalisateur », « Jouissif », « Film Culte » et j’en passe. Versus est arrivé et a séduit le public. Moi-même à sa sortie, avec un achat au hasard, j’ai été séduit. C’était fou, il y avait de l’action, des combats, des fusillades, des poses, des zombies, du gore. Tout ce que j’aimais, Kitamura m’avait caressé dans le sens du poil. C’était en 2002. Nous sommes en 2017, et c’est l’heure d’une nouvelle vision, 15 ans après, pour voir si Versus tient toujours la route, et en ayant donc connaissance de la suite de la carrière de Kitamura, une carrière bancale d’ailleurs, qui montre qu’il n’a pas l’étoffe d’un grand réalisateur. Car oui, il aura signé des films longs (Alive), parfois court mais un peu chiants (Aragami), un peu prétentieux (Sky High, même si je l’aime bien), nawak (Godzilla Final Wars) et deux films très divertissants en Amérique (Midnight Meat Train et No One Lives). Revoir Versus aujourd’hui, ça fait mal. Très mal. Il est la preuve que lorsque l’on est surpris par le film, nous sommes prêts à lui pardonner une quantité énorme de défauts, alors qu’une fois que l’on sait déjà plus à quoi s ‘attendre, les défauts nous frappe, et on ne comprend alors plus l’avis des professionnels.

Versus commence bien d’ailleurs, par une scène d’époque qui met dans le bain. Gore, zombies, samouraïs, réalisation affutée malgré un budget ridicule de 10 000. On est confiant, Kitamura sait filmer avec une somme ridicule, Kitamura aime l’action et la soigne. Il faut dire qu’il a su s’entourer d’une bonne équipe technique. Mais dès l’arrivée de nos jours, ça se gâte. Car oui Versus contient tous les éléments dont on en avait le souvenir, mais Versus est également un film bancal, inégal et affreusement long pour ce qu’il raconte. À savoir donc, une histoire peu passionnante pour 2h de film. Oui, deux heures dans une forêt, avec des feuilles, des mecs pas intéressants qui parlent pendant 3 plombes pour ne rien dire, et des scènes d’action absolument pas non stop. Alors soyons clairs, ne retirons pas tout à Versus, il délivre parfois la marchandise et Kitamura fait preuve d’un grand professionnalisme. Certains plans sont clairement beaux, certains combats sont dynamiques et bien foutus, sa mise en scène n’est pas catastrophique vu les conditions de tournage et le budget. On n’est clairement pas dans le bas fond du V-Cinema, loin de là. Sauf que comme souvent, Kitamura a étiré son concept. Alors quand le concept tient en deux minuscules lignes, forcément, ça fait très mal. En gros, des Yakuzas sont dans la forêt de la résurrection, et cherchent une fille et un évadé, car le grand méchant a besoin de leur sang pour avoir un grand pouvoir. C’est tout. Une base simple, mais qui jamais ne va se développer. Voilà qui aurait pu fournir une série B sympathique d’1h20. Sauf que ça dure 2h, avec facile 45 minutes de remplissage.

Les personnages avancent dans la forêt, parlent, un petit combat de 3 minutes, des zombies pendant 2 minutes, puis ils repartent dans l’autre direction, pour reparler, se perdre, rencontrer quelqu’un d’autre et parler, encore. La vision de Versus dans son ensemble est laborieuse, pas toujours passionnante, et Kitamura en rajoute des tonnes dans des dialogues prétentieux, avec des personnages prenant la pose pour rien. La moitié du temps, Versus ennuie. Mais il reste l’action vous me direz, et c’est vrai que vu le budget, le film se fait généreux dans l’action et dans le gore. Il faut bien ça pour rattraper le scénario catastrophique, les personnages mal écrits et peu intéressants, les acteurs à côté de la plaque et certaines erreurs de mise en scène (des plans flous dans les moments calmes, quelques combats malgré tout filmés avec les pieds). Mais dans ces instants, Versus redevient le film fun qu’il est censé être. Ça va vite, ça crie, ça gicle, ça explose, ça se fighte à coup de gros guns et de katana, voir à mains nues, à couteaux, et là, c’est fun. Et c’est pour cela que Versus est difficile à détester. Car il nous donne d’un côté ce qu’il nous promettais, mais de l’autre, il s’obstine à vouloir être plus et échoue lamentablement. Seul sans faute du métrage à mon goût, l’OST, excellente.

Les plus

Quelques scènes d’action bien foutues
Vu le budget, ça a de la gueule souvent
Du fight, des guns, des zombies, du gore

Les moins

Mais 2h pour ça c’est looooooong
Pas très intéressant au final
Un rythme inégal (chiant ?)

 
En bref : Versus, c’était une petite claque en 2002 pour beaucoup, mais aujourd’hui avec le recul, c’est presque un ratage. Reste sa générosité dans tous les domaines, même dans les mauvais domaines.

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