L’HOMME AU PISTOLET D’OR de Guy Hamilton


L’HOMME AU PISTOLET D’OR

Titre original : The Man with the Golden Gun
1974 – Angleterre
Genre : Espionnage
Réalisation : Guy Hamilton
Musique : John Barry
Scénario : Richard Maibaum et Tom Mankiewicz
Avec Roger Moore, Christopher Lee, Britt Ekland, Maud Adams, Hervé Villechaize, Clifton James, Richard Loo, Bernard Lee et Desmond Llewelyn

Synopsis : Bond est envoyé à la recherche de l’Agitateur Sol-X, un engin capable de capter l’énergie solaire avec un rendement de 90 %. Il fait équipe avec l’agent Mary Bonnenuit contre Francisco Scaramanga, l’Homme au pistolet d’or.

Si l’opus précédent, Vivre et Laisser Mourir, n’était pas une franche réussite, Roger Moore avait néanmoins à mes yeux fait quelques chose d’assez unique, à savoir livrer une prestation différente de Sean Connery. Son Bond est moins sérieux, blague beaucoup plus, le ton est plus léger. Mais il faut croire que beaucoup ne furent pas convaincu, et dans le fond, je les comprends. Sans doute est-ce pour cela que la production a fait quelques choix pour ramener le public. À savoir déjà faire revenir John Barry à la musique, puis après quelques conflits entre le scénariste Tom Mankiewicz (qui officiait déjà sur le précédent) et le réalisateur Guy Hamilton (lui aussi sur le précédent), vont rechercher Richard Maibaum, le scénariste de… et bien de tous les opus depuis le premier quasiment. Pour jouer le nouveau méchant, ils partent chercher une valeur sûre en prenant Christopher Lee. Je l’admets, ce choix m’enchantait d’ailleurs avant même de lancer le film. Sauf que le tournage, malgré un budget augmentant enfin (passant de 7 à 13 millions) n’a pas été de tout repos, puisqu’il y avait apparemment quelques tensions entre les deux producteurs de la saga entre autre, mais pas que. Guy Hamilton voulait ramener un peu le personnage de Bond vers quelque chose de plus proche du roman, avec un Bond notamment parfois plus sec et violent envers les femmes. Ce qui arrivera dans le métrage, à un ou deux moments, noyés au milieu du second degré général de l’œuvre. Et pour achever le tout, John Barry, de retour à la musique, n’a eu que trois semaines pour tout composer. Le résultat, c’est que L’Homme au Pistolet d’Or fut le titre qui rapporta le moins d’argent depuis un bail.

Alors, est-ce que c’est mauvais ? Pas totalement, mais moyen, oh oui. On distingue quelques idées géniales, et d’ailleurs quelques superbes moments, mais ils tardent parfois à arriver. Bond doit donc retrouver un petit appareil, et se retrouve en face à face avec un tueur, Francisco Scaramanga, tuant ses ennemis d’une balle avec un pistolet d’or. Enfin ses ennemis… ceux pour lesquels on le paye. La modique petite somme d’un million d’ailleurs. Dès la scène pré-générique, on y croit d’ailleurs, avec le personnage de Christopher Lee, qui a tout simplement la classe et est un des atouts principaux du métrage. James Bond se retrouve face à un ennemi intelligent, qui a la classe, du charme, et qui parvient à éviter certains clichés alors qu’il fait exactement la même chose que tous les autres méchants, à savoir raconter à Bond son plan machiavélique avant un duel. Sauf que dans le cas de Scaramanga, l’ensemble passe comme une lettre à la poste tout simplement car le personnage a un profond respect pour Bond, il se considère même comme son alter ego (maléfique bien entendu), et prend donc plaisir à être en sa présence, à discuter avec lui, et à l’affronter. Un très bon méchant donc. Du côté des bons éléments, on notera le retour de Q absent du précédent métrage, le personnage de Mary Goodnight (mignonne Britt Ekland), ou encore l’homme de main Nick Nack (Trick-Track en VF apparemment), ramenant clairement à Oddjob dans Goldinger, puisqu’ayant le même rôle, la même particularité d’être petit (et le fait que les deux films sont réalisés par Guy Hamilton). Du bon côté encore, car ne soyons pas radin, notons une sympathique poursuite en voitures (malgré de gros défauts) et quelques combats plutôt solides auxquels Bond ne participe pas.

Car si le précédent opus s’inspirant des films de blaxploitation, ici, ce sont clairement les films de kung-fu pour une partie de l’intrigue. Mais malheureusement, ça s’arrête là, car en réalité, dés le générique, on tombe de haut. Je n’ai absolument pas aimé la chanson titre, si bien qu’après la scène d’ouverture, je suis allé de déceptions en déceptions. La dualité entre Bond et Scaramanga est intéressante, mais il faudra facilement attendre 1h20 pour que cela se retrouve enfin au cœur du récit (apparemment, la première version du scénario signée Tom Mankiewicz se focalisait plus dessus… dommage). La première heure n’est pas forcément passionnante, avec une réalisation pas désagréable mais peu inspirée, beaucoup trop d’humour dans les situations, et parfois même des erreurs de goûts lors de bonnes scènes. La poursuite en voitures comme je le mentionnais plus haut, est fort sympathique, jusqu’à l’irruption d’une cascade un peu surréaliste que le montage sonore décide de surligner au gros marqueur noir par un son de cartoon. Clairement too much. Les James Bond Girls sont un peu inutiles, bien que pas désagréables, mais c’est vraiment le manque de génie de l’ensemble qui rend la première heure longue. La musique de John Barry est sa plus faible, la réalisation de Guy Hamilton ne semble inspirée que lors de l’affrontement entre Bond et son ennemi… Et l’humour… était-il utile de faire revenir le sergent Pepper du précédent film, sachant qu’il était déjà énervant dans le précédent ? Plutôt moyen donc au final, malgré quelques moments très bons, notamment vers la fin.

Les plus

Christopher Lee et son personnage
Le duel entre Bond et Scaramanga, inspiré
La course poursuite

Les moins

Trop d’humour
Le retour de Pepper
Une première heure réellement peu inspirée

 

En bref : L’Homme au Pistolet d’or bénéficie d’un bon méchant, et s’ouvre magnifiquement bien, en plus d’avoir une excellente dernière demi-heure. Mais entre les deux, ce n’est pas fameux.

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