GODZILLA CONTRE HEDORA de Banno Yoshimitsu


GODZILLA CONTRE HEDORA

Titre original : Godzilla vs Hedorah – Gojira tai Hedora – ゴジラ対ヘドラ
1971 – Japon
Genre : Kaiju écolo
Réalisation : Banno Yoshimitsu
Musique : Manabe Riichiro
Scénario : Banno Yoshimitsu et Kimura Takeshi
Avec Yamauchi Akira, Kawase Hiroyuki, Kimura Toshie, Mari Keiko, Shiba Toshio, Yoshida Yoshio, Nakajima Haruo et Satsuma Kenpachiro

Synopsis : Un étrange monstre né de la pollution hante les eaux du Japon et attaque les bateaux. La créature grandit de plus en plus et gagne la terre ferme, répandant des vapeurs toxiques mortelles. L’armée et Godzilla doivent joindre leurs efforts pour tenter d’éliminer la créature…

Pour la première fois depuis des années, la Toho aura attendu deux ans avant de lancer un nouveau Godzilla sur les écrans Japonais. Enfin presque, de Décembre 1969 pour l’ignoble Godzilla’s Revenge à Juillet 1971 pour cet étrange Godzilla contre Hedora. Un an et demi pour que les spectateurs se remettent de l’arnaque ultime. La saga n’était de toute façon plus que l’ombre d’elle même, utilisant des images d’anciens films pour économiser du budget, réutilisant des Kaijus déjà existants, et visant un public de plus en plus jeune. Et en ce sens, Godzilla contre Hedora dénote avec ses prédécesseurs à quasiment tous les niveaux. Le film se veut déjà plus sombre, et y parvient 90% du temps. Et grande nouvelle, pour la première fois depuis des années (depuis Mothra vs Godzilla en 1964), voilà que le film a réellement quelque chose à dire. Le nucléaire, c’est passé (façon de parler), et Hedora, nouveau Kaiju créé pour l’occasion, sera lui le fruit de la pollution. Nous voilà donc avec un message écologique ce coup-ci, un peu comme dans le versus avec Mothra, puis dans son nouveau versus en 1992 face à Battra. Retour donc du sérieux, de l’ambiance plutôt sombre, du message derrière le film. Est-ce que cela suffit à faire de Godzilla contre Hedora (qui prend d’ailleurs un H à la fin en anglais) un bon film ? Non, mais face à ce qui précédait, on peut dire que ça fait du bien. Mais clairement, Godzilla fait une entrée fracassante dans les années 70. Car le métrage est kitch, psychédélique, et on pourra même crier haut et fort qu’il y a pleins de hippies qui dansent, font de la guitare, le tout sur des fonds colorés qui agressent les yeux.

Et c’est comme ça dés la scène d’ouverture, faisant plus penser à un film de James Bond qu’à un Godzilla, avec sa petite mélodie, son visuel psychédélique, sa chanteuse présente sur le côté de l’écran. On nous annonce la couleur, cet opus sera différent. Et du coup, aimé ou détesté, jamais de juste milieu. C’est simple, même parmi l’équipe du film, ce métrage divise. Le réalisateur était fier de son travail et prêt à se lancer dans une suite, mais le producteur, peu présent sur le tournage car malade, fut très insatisfait du résultat. Par contre, fait intéressant, le film marque la première participation de Satsuma Kenpachiro à la saga. Il jouera ici le rôle d’Hedora, et reviendra dés l’année suivante pour jouer Gigan dans les deux opus suivants, avant de reprendre du service en 1984 pour enfiler le costume de Godzilla, qu’il gardera jusqu’en 1995. Voilà pour l’anecdote, revenant donc à ce film qui divise, et qui pour certains, avait ruiné Godzilla. Étrange lorsqu’on y pense, Godzilla étant devenu le protecteur de la Terre depuis quelques années, et n’avait plus rien à raconter. Banno Yoshimitsu, le réalisateur et co-scénariste, qui a donc eu le contrôle total sur le film, livre pourtant une vision différente, certes décalée, mais rafraichissante. Bien entendu dans les grandes lignes, c’est encore la même chose, un monstre apparaît et détruit Tokyo, Godzilla débarque, les monstres se battent, Godzilla gagne, fin. Mais dans les faits, Hedora est vraiment un métrage différent. Sorte d’amas de boue dégueulasse qui évoluera plusieurs fois dans le métrage, orné de deux grands yeux rouges, Hedora se nourrit de déchets toxiques et autres éléments polluants de l’homme pour grandir et semer la mort derrière lui.

Car l’arme bien gentille d’Hedora sera une sorte d’acide sulfurique. Quand la bête passe quelque part, on ne retrouvera derrière lui que les ossements de ces pauvres victimes humaines dans les débris. Oui, ce film est assurément beaucoup plus sombre. La première partie fonctionne d’ailleurs très bien, c’est sombre, parfois violent, kitch et assumé, totalement psychédélique avec l’usage de filtres colorés, des chansons bien des années 70 et j’en passe. La seconde partie sera quasi intégralement dédiée aux combats entre Godzilla et Hedora, et aux essais des humains pour arrêter la bête. Là aussi le ton est parfois bien sombre, on y verra même notre ami Godzilla se faire salement amocher à l’œil gauche. À côté, les humains tentent des choses, mais jamais la caméra ne semble vouloir trop s’attarder sur eux, comme clairement conscient de ce qui intéresse vraiment le public. Malheureusement, lors de ce duel de monstres, quelques ratés et éléments étranges s’invitent sur la pellicule. Ainsi lors du duel final, on pourra carrément voir Godzilla voler grâce à son souffle radioactif dirigé vers le sol. WTF ! Alors certes après les aberrations des opus précédents (Ebirah, Le Fils de Godzilla, Godzilla’s Revenge) et des suivants (Gigan, Megalon), le délire reste acceptable, mais dénote totalement avec la noirceur générale du film, noirceur faisant d’ailleurs du métrage le plus sombre de la saga depuis le tout premier Godzilla. En tout cas pour ma part, j’ai apprécié la prise de risque prise par la Toho (nouveau réalisateur, nouveau Kaiju, propos plus sombre, nouveaux thèmes), et malgré ces défauts, j’ai envie de défendre ce film. Surtout que Banno Yoshimitsu prouve qu’il n’est pas manchot. Il ne reviendra pourtant à la saga qu’en 2014… Oui, en étant un des producteurs du Godzilla Américain, et oui !

Les plus

Un opus différent
Parfois très psychédélique
Le message écologique
Hedora, pas un mauvais Kaiju
Plus sombre

Les moins

Mais quelques notes d’humour bien ratées
Parfois trop psychédélique

 

En bref : Godzilla contre Hedora est clairement un opus à part dans la saga. Ultra psychédélique, plus sombre, plus risqué aussi, il fit un bide à sa sortie. Pourtant, il demeure un film attachant et plutôt intéressant.

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