THE MIST de Guy Ferland, Nick Murphy, Adam Bernstein, David Boyd, James Hawes, Richard Laxon, Matthew Penn et T.J. Scott


THE MIST

Titre original : The Mist
2017 – Etats Unis
Genre : Série fantastique
Réalisation : Guy Ferland, Nick Murphy, Adam Bernstein, David Boyd, James Hawes, Richard Laxon, Matthew Penn et T.J. Scott
Musique : Giona Ostinelli
Scénario : Christian Torpe
Avec Morgan Spector, Alyssa Sutherland, Gus Birney, Danica Curcic, Okezie Morro, Luke Cosgrove et Darren Pettie

Synopsis : Une brume mystérieuse apparaît sur une petite ville alors que ses habitants sont déjà sous le choc de plusieurs drames, dont le viol de la jeune Alex par le capitaine de l’équipe de foot du lycée. La série nous propose de suivre 3 groupes de survivants : un groupe enfermé dans un supermarché où se trouvent justement Alex et sa mère, le père d’Alex, Kevin, qui s’allie avec Eve et Jonah et va tenter de retrouver sa famille, ainsi que le shérif et d’autres personnages bloqués dans l’église.

Tout le monde le sait, les séries TV, ce n’est pas ma tasse de thé. Je n’en regarde quasi jamais car je trouve la plupart du temps que le concept s’étire (audience oblige) jusqu’à devenir inintéressant. Non, je ne fais pas parti de ceux qui vouent un culte à Game of Thrones, même si j’ai commencé récemment la série, avec certes des qualités, mais aussi de gros défauts à mes yeux (et du coup, j’ai tenu une saison avant de déclarer forfait). Mais l’idée d’adapter The Mist en série TV m’attirait. Le concept de la nouvelle de Stephen King, puis du film de Frank Darabont pouvait facilement être développé pour amener de nouvelles choses, et les premières images semblaient montrer une série qui allait vraiment dans une direction différente des deux œuvres précédentes, avec de nouveaux lieux, de nouveaux personnages, et même une horreur plus psychologique. Non pas que le film de Darabont, que j’adore d’ailleurs, ne soit pas psychologique, il l’était même beaucoup, et il parvenait à livrer un excellent divertissement en mélangeant horreur visuelle (avec de grosses créatures) et psychologique (les conflits humains), le tout sur un fond très dur et sans espoir (ce final !). Mais voilà, je faisais parti de ces rares personnes qui n’étaient pas contre l’idée d’une nouvelle adaptation. Sauf qu’autant en prenant The Mist comme une adaptation du roman, comme une nouvelle version du film, ou comme un produit à part entière, l’ensemble ne tient pas franchement la route et prend même souvent des directions pas fameuses et très discutables. Et pourtant, ça commençait bien.

Car Christian Torpe, le créateur de cette série courte de 10 épisodes (mais la fin ouverte pourrait annoncer une saison 2, damn !), fait des choix très osés, mais qui pouvaient être payant. Le fait de ne reprendre aucun personnage de la nouvelle était un bon choix, pour nous surprendre, ne pas nous faire attendre telle ou telle situation connue. Le fait de séparer à la fin du premier épisode tous nos personnages en trois groupes est une bonne idée également, surtout que deux groupes sont statiques (dans une église et dans un supermarché) alors que le dernier est en mouvement perpétuel, passant d’ailleurs par ses lieux, puisque le supermarché est en gros le Graal, l’enjeu, le but des personnages, peu importe leurs raisons. Séparer les personnages permet de s’attarder sur un cas différent suivant les groupes, que ce soit les cas sociaux, la religion et j’en passe. Oui les idées sont bonnes. Là où le créateur de la série s’est mit également beaucoup de fans à dos, c’est dans le traitement qu’il a fait de la brume en elle-même. Certes, que ce soit la nouvelle ou bien le film, nous ne savions pas grand-chose, mais la brume était là, les militaires étaient sans doute concernés, et des créatures étaient dans la brume. On pouvait donc espérer voir ces grands points et en apprendre plus. Mais Christian Torpe a fait le choix opposé : donner son interprétation de la brume. Choix qui peut être payant avec le bon traitement, la bonne technique. Kubrick après tout avait totalement trahit le roman de King avec The Shining, et pourtant, c’est un grand film. Les intentions de The Mist en version série TV sont donc tout à fait louable.

Sur le papier, les différents thèmes et les personnages le sont aussi, puisque l’ensemble est varié, entre une jeune star qu’on accuse d’être un violeur, un jeune gay renié par son père, une fille violée que personne ne croit à cause de la mauvaise réputation de sa mère, un militaire amnésique, une vieille qui croit que la brume est une bonne chose, une ancienne droguée, un flic qui doute de « sa » justice. Oui, des thèmes et personnages vastes qui pourraient égratigner l’humain et notre société comme il se doit, et comme le faisait déjà le film d’ailleurs. Sauf que dés le premier épisode, pourtant désastreux, on sent que quelque chose ne colle pas. Aucun personnage n’est attachant, ou détestable au point d’en être jouissif (en comparaison avec la nouvelle et le film, qui nous faisaient aimer les bons comme les mauvais personnages), les situations sont plutôt lentes, les CGI sont… ce qu’ils sont, on va dire que j’ai déjà vu bien pire. Les situations sont plutôt classiques, surtout que la série va user et abuser de retournements de situations si bien que l’on va vite comprendre où tout cela nous amène. Et le problème, c’est que la série ne nous amène pas vers quelque chose de très passionnant, ou de très crédible. Oui, comme nous l’annonce une vieille dame, la brume est là, comme en 1860 (ah bon ?), suite à un événement désastreux, un viol dans les deux cas, pour en quelque sorte rétablir l’équilibre et punir les mauvaises personnes.

Oui en gros, on nous annonce que la brume est là pour tuer des violeurs attention ! La brume justement, parlons en. Si les CGI ne sont pas top (mais sans être aussi désastreux que beaucoup aiment le crier depuis le début de la diffusion de la série), elle n’a plus du tout la même signification ni même le même effet. L’auteur s’est totalement réapproprié le concept. Peut-on parler d’adaptation ? Peu importe, là n’est pas le débat. L’idée de l’horreur plus psychologique avec une brume matérialisant des choses différentes pour chaque personnage, c’est une bonne idée, mais il faut savoir l’exploiter et éviter le ridicule. Oui, pas de grosses créatures à tentacules ici, mais des formes noires qui ressemblent à de la fumée, des chevaliers avec des lances (oui oui…), des insectes papillons, parfois des cadavres qui parlent. The Mist a bien changé, malheureusement pour le pire, car autant son histoire que son concept semble étiré et ne pas faire les bons choix. Car là où la série respecte le plus les écrits de King, c’est dans sa volonté de casser un peu les différentes institutions et de nous montrer comment l’être humain ne sait pas gérer en période de crise. Mais comme les personnages sont peu intéressants et qu’on comprend vite que lorsqu’un personnage parait trop gentil (sauf nos héros principaux hein), c’est qu’il cache quelque chose et est en réalité très méchant, l’ensemble tourne en rond et ne passionne jamais.

Car lorsque le personnage le plus intéressant est Alex la jeune fille qui se fait violer dans l’épisode 1 alors qu’elle n’évoluera absolument pas durant les 10 épisodes, et bien ça prouve bien qu’il y a un problème. The Mist est donc une grosse déception vu que pour une fois, j’avais envie d’y croire. L’idée était louable, mais il fallait clairement quelqu’un d’autre au scénario pour mettre sur papier ces idées et les développer convenablement, rendre ces retournements de situations moins prévisibles, et rendre du coup l’évolution des deux derniers épisodes moins énervante. Car le dernier épisode ne clôt rien, nous laisse dans le flou (le brouillard) total, nous dit qu’en fait, tout le monde à tort, et que si on veut en savoir plus, il va falloir faire de l’audience et qu’une saison 2 voit le jour. Sauf que vu les avis désastreux, et la qualité toute relative de la plupart des adaptations de Stephen King depuis des années, voir inexistante, on peut toujours attendre. Bref, mieux vaut en rester au film de Darebont, qui lui dégageait un vrai suspense, de vrais effets chocs, et un vrai final.

Les plus

Une idée de base intéressante
L’envie de vouloir faire de l’horreur psychologique

Les moins

N’a plus grand-chose à voir avec la nouvelle
Des CGI discutables
Pas très passionnant niveau rythme
Des idées mais mal exploitées

 

En bref : Une adaptation ratée de plus, qui partait avec pas mal de bonnes intentions et même de bonnes idées, mais n’a rien exploité de la bonne manière.

6 commentaires

  1. Eh bien moi qui cherchait une nouvelle série pour « égayer » mon dimanche soir, je crois que c’est râpé pour celle-ci. Restons-en à la nouvelle de King et au très bon film de Darabont (avec « Punisher » Jane, futur adversaire du « Predator » me semble-t-il)

    1. À ton service pour t’éviter cette petite série pas terrible du tout 😉 J’avais la chronique en stock depuis un bail, je l’ai vu en vérité l’année dernière quand elle était diffusée, j’avais même oublié que j’avais un texte dessus qui trainait dans un dossier….
      Oui restons en à l’excellent film, que je revois de temps en temps avec plaisir.
      Ah monsieur Jane est dans le prochain Predator ? Vrai que ça sort bientôt ça.

  2. Moi qui « cherchais » (rrroô la faute) une nouvelle série, eh bien… Je cherche encore.
    Mr Jane est au casting du Shane Black en effet. Faudra attendre octobre pour ouvrir la chasse.

    1. Encore une suite/reboot/nous verrons bien.
      Mais je commence à être un peu moins réfractaire à toutes ces sagas que l’on relance tant de temps après, je me dis que c’est dans l’ère du temps et qu’on n’y échappera pas (pour preuve, j’attend malgré tout ce nouveau Predator, et le remake de Suspiria). Avec Black aux commandes, le film promet d’être intéressant et sans doute de faire des choix plus osés que l’opus Predators qui était surveillé de près par monsieur Rodriguez.

  3. Je suis amatrice du genre, mais beaucoup moins des séries. Votre critique me conforte dans l’idée de voir plutôt le film de Darebont. Récemment, j’ai regardé, presque d’une traite, Rêves électriques (sur les nouvelles de Philip Dick). Chacune des nouvelles étant indépendante, certaines m’ont beaucoup plu, d’autres moins Je serais curieuse de voir ce que vous en avez pensé, si vous les avez visionnées.

    1. Un peu comme moi donc, ça passe souvent moins en séries. Si tu ne l’as pas encore vu oui je te conseille vivement le film de Darabont, je te préviens juste que le film est assez dur psychologiquement parlant 😉
      Je ne connaissais absolument pas du tout cette série, mais pourquoi pas dans le fond, les nouvelles de K. Dick étant relativement courtes, c’est un bon format. Reste à voir ce qu’ils en ont fait. Je suppose que la série n’est disponible que sur netflix ou amazon prime ?

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