THE BRIDE de Svyatoslav Podgaevskiy


THE BRIDE

Titre original : Nevesta – Невеста
2017 – Russie
Genre : Fantastique
Réalisation : Svyatoslav Podgaevskiy
Musique : Halfdan E. Jesper Hansen
Scénario : Svyatoslav Podgaevskiy
Avec Viktoriya Agalakova, Vyacheslav Chepurchenko, Aleksandra Rebenok, Igor Khripunov, Natalia Grinshpun et Victor Solovyev

Synopsis : Nastya est une jeune femme qui voyage avec son futur mari pour se rendre dans la maison familiale de ce dernier. À leur arrivée, elle ne peut s’empêcher de penser que la visite pourrait bien être une affreuse erreur. Elle est en effet entourée de personnes bizarres et commence à avoir des visions étranges et terribles, tandis que sa famille la prépare à une mystérieuse cérémonie de mariage slave traditionnelle. Plus que les préparatifs de mariage, pourra-t-elle survivre aux prochains jours ?

Après avoir regardé le film Mermaid, signé Svyatoslav Podgaevskiy, film injustement souvent défoncé par la critique et le public, j’ai eu envie de me pencher un peu plus sur les antécédents du réalisateur. Heureusement, courte carrière, et juste avant Mermaid, il signait un The Bride, un film qui s’inscrit d’ailleurs dans la même mouvance, à savoir un film horrifique se servant du folklore Russe, tout en enrobant le tout avec sérieux et sous influence autre, notamment Américaine et Japonaise. Et par chance d’ailleurs, il y dirigeait déjà l’actrice Viktoriya Agalakova, qui était investie et totalement convaincante dans Mermaid. Alors, est-ce que The Bride a les mêmes qualités que leur participation suivante, ou bien était-ce justement un petit coup d’essai bourré de défauts qui ne demandaient qu’à être corrigé par la suite ? Et bien un peu des deux malheureusement. The Bride donc nous plonge dans les traditions Russes d’emblée, avec cette ouverture se déroulant dans un passé lointain, où il est question de préserver l’âme des morts en les prenant en photos. D’emblée d’ailleurs, annonçons la couleur, cette scène d’ouverture est la meilleure scène du métrage, tout simplement. On y trouve une ambiance tendue, une scène magistralement creepy avec peu de choses, et on comprend rapidement où tout cela va nous mener : esprits, malédiction, tout ça tout ça. De nos jours, nous retrouvons Nastya (Viktoriya Agalakova donc) qui vient d’épouser Vanya (Vyacheslav Chepurchenko), et ensembles, ils se rendent dans un coin reculé du pays afin de retrouver la famille de Vanya. Alors oui, d’emblée, tout est gros comme une maison, on se doute bien que sa famille est la famille descendante du bordel d’ouverture, qu’on va bouffer des apparitions, du jumpscares, des événements étranges.

Et nous avons raison. Malgré tout, il serait dommage de descendre le film pour ça. Car durant toute la première heure en tout cas (sur 1h33), ça fonctionne bien. Les acteurs font du bon boulot, la mise en scène est soignée et sait mettre en valeur son cadre avec l’utilisation d’un magnifique format score, et l’ensemble bénéficie en plus d’un très bon montage pour rendre le tout fluide. La musique d’ambiance se fait discrète et accompagne bien les images, les effets spéciaux sont plus que corrects, et mieux encore, le film baigne de manière générale dans une esthétique très réussie grâce à la sublime photographie. On distingue très rapidement les influences diverses du titre, notamment Américaine (les jumpscares, la composition du cadre), Italienne (un paquet de clin d’œil à Fulci, notamment Frayeurs) et Japonaise (la mise en avant de son monstre, sa présence dans le cadre, jusqu’à certains gimmicks comme la descente d’un escalier à quatre pattes). Le souci, c’est que si ça fonctionne durant la première heure, notamment grâce à une économie de moyen et une certaine modestie dans les effets de styles (malgré la mise en scène et photographie ultra léchées hein), où le connaisseur sourira devant les influences voyantes, dés lors que le film s’emballe, il ne semble plus du tout digérer ses influences et se lâche totalement dans une dernière demi-heure des plus ratées. Et ça c’est dommage. Pendant la première heure, même si certains éléments sont gros et prévisibles (la bague, la famille étrange), ça fonctionne, et on se prend au jeu, perdant parfois nos repères comme Nastya qui alterne rêves et réalité. Enfin, rêves de flashbacks et réalité. Il faut dire que pour peu que l’on aime ce à quoi le film nous renvois, le tout étant très bien filmé, la sauce prend.

Mais oui, il y a la dernière demi-heure, où le métrage, sans tomber dans le navet (ni même le nanar), tente alors d’en faire beaucoup trop et perd de sa saveur. Il perd de sa subtilité, ses hommages se font incroyablement plus voyants et donc eux aussi perdent de leur saveur. On avait déjà bien compris avec cette mariée tout de blanc vêtue filmée depuis l’obscurité que le film s’inspirait du cinéma Asiatique, et en particulier Japonais, pas besoin de nous la faire ramper à quatre pattes lorsque l’héroïne est dans des escaliers. Car là, on a plus l’impression que le réalisateur nous tape sur l’épaule en nous disant « hey t’as vu, Ju-On mon gars ». Pareil lorsque finalement, Nastya se fait enterrer vivante avant que notre mariée ne se déchaine et tue du figurant en les faisant saigner des yeux. Oui oui… « T’as vu, je connais Frayeurs de Fulci » nous dit-il. Et puis ce final, à force de nous montrer encore et encore sa mariée, il ne fait que lui retirer toute aura un tant soit peu inquiétante. Un peu à la manière récemment du film The Nun et de son final montrant clairement trop sa nonne. Du coup, oui, The Bride montre clairement du potentiel, et dans une certaine mesure, le savoir faire visuel de son metteur en scène, ainsi que sa direction d’acteurs plus que correcte, mais souffre notamment de son scénario assez convenu et manquant de surprises, et de sa dernière partie ratée.

Les plus

Mise en scène maitrisée
Très jolie photographie
Une première heure qui tient debout
Bons acteurs

Les moins

La dernière partie ratée
Parfois trop démonstratif
Peu de surprises

 

En bref : The Bride est un métrage Russe très influencé par le cinéma de Fulci et les films de fantômes Asiatiques. Ça fonctionne bien pendant une heure, le tout étant sérieusement emballé, mais ça part un peu dans tous les sens sur la fin, nous laissant sur une impression mitigée.

2 commentaires

  1. Ça ressemble un peu à « la dame en blanc » ce truc russe. Déjà la sirène ne m’avait que très moyennement séduit, mais la mariée a l’air plus moche encore sur les photos (malgré ce que tu dis du boulot fait par le chef op). Je vais réfléchir encore avant de dire oui (même si l’actrice est bien jolie).

    1. Oui quand le monstre est révélé dans la dernière demi-heure, ça se casse littéralement la gueule… La sirène est à ce stade bien mieux, et filmée de manière plus nuancée malgré tout. L’actrice a de jolies atouts, c’est indéniable !

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