PUPPET MASTER : THE LITTLEST REICH de Sonny Laguna et Tommy Wiklund


PUPPET MASTER : THE LITTLEST REICH

Titre original : Puppet Master : the Littlest Reich
2018 – Etats Unis
Genre : Horreur
Réalisation : Sonny Laguna et Tommy Wiklund
Musique : Richard Band et Fabio Frizzi
Scénario : S. Craig Zahier
Avec Thomas Lennon, Jenny Pellicer, Nelson Franklin, Charlyne Yi, Michael Paré, Barbara Crampton, Udo Kier et Alex Beh

Synopsis : Un homme vend des marionnettes maléfiques lors d’une convention dans une petite ville pour se faire de l’argent rapidement. La terreur frappe alors la ville quand un sort ancien anime les marionnettes d’une folie meurtrière.

Puppet Master, j’admet avoir lâché la saga il y a déjà bien des années. Dommage pour la saga clé de Charles Band, puisque quoi qu’il arrive, les trois premiers opus sont fort sympathiques. Mais après, ce fut un peu la descente aux enfers, si bien que j’aurais abandonné vers l’épisode 6 ou 7. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en 2017 sortait le 11ème épisode il me semble. Ce The Littlest Reich, sorte de reboot de la franchise, change quelque peu la donne, puisque pour une fois, Charles Band n’est pas seul à la production (et n’écrit ni ne réalise), il sera aidé par de nombreuses autres boites de production, dont Fangoria. Immédiatement du coup, dès les premières scènes, on comprend que ce nouvel opus de la trop longue franchise a bénéficié de beaucoup plus d’argent. Ça se sent, et ça fait du bien. Charles Band du coup ne réalise pas, et ce n’était pas pour me rassurer puisque la mise en scène atterrît entre les mains de Sonny Laguna et Tommy Wiklund, déjà coupables de Wither (remake non officiel de Evil Dead plutôt bancal) et de We Are Monsters, un Rape & Revenge totalement raté. Ils n’étaient sans doute pas les meilleurs candidats pour le film, mais force est de constater qu’ils ajoutent une pointe de gore bien sympathique au métrage. Alors, dans les faits, ce The Littlest Reich ne va pas révolutionner la saga, loin de là. Il en change même quelques éléments de mythologie comparé à son opus le plus connu et aimé, à savoir le troisième opus, où Toulon, le créateur des poupées, luttait contre les nazis. C’est l’opposé donc ici, puisque Toulon (joué dans la scène d’ouverture par Udo Kier) créé ici des poupées nazis qui vont se faire un plaisir de se prendre dans un premier temps aux minorités, aux juifs, aux lesbiennes.

D’ailleurs avant d’aller plus loin, petite note sur le casting. Si les premiers rôles sont facilement oubliables, le connaisseur par contre reconnaîtra quelques têtes en arrière plan. Udo Kier joue donc furtivement Toulon, tandis que Barbara Crampton vient jouer une ex flic, et que Michael Paré joue un détective pas forcément très doué. Dans cet univers plutôt alternatif (ou reboot donc), nous suivons un jeune homme divorcé qui se trouve une nouvelle petite amie et se rend à une convention pour fêter les 30 ans depuis la mort de Toulon. Pas mal de poupées crées par Toulon seront d’ailleurs en vente. Un point de départ simple, pour un film qui a l’exception de l’introduction se déroulant des années avant, puis de la présentation des personnages, se déroulera quasi intégralement en huis clos dans un hôtel, un peu à la manière du tout premier opus. La première partie, nous exposant l’intrigue, les personnages, le concept, mais également nous offrant un petit tour dans le musée Toulon se fait un peu longue, on ne va pas se mentir. Un bon petit 40 minutes avant que ça ne démarre véritablement. Et comme il y a pour une fois de la « production value », et bien ça passe beaucoup mieux. Ce n’est pas le plus palpitant du monde, le film étant gentiment cliché dans ces personnages, mais rien de dramatique au final, puisque quand le métrage démarre, il ne fait pas semblant et montre un certain fossé avec les anciens opus. C’est sacrément gore, et le tout à l’ancienne, sans CGI. Et ça fait du bien, autant dans le contexte de sa sortie que dans celui de la saga en elle-même.

En réalité, après la visite guidée des actes de Toulon et de sa mort, alors que tout le monde retourne à l’hôtel, les poupées censées être vendues aux enchères le lendemain prennent vie et commencent à s’en prendre aux clients de l’hôtel jugés comme nuisibles de leur point de vu. Puis quand c’est la panique, tout le monde devient une cible. Là le connaisseur reconnaîtra certaines des poupées emblématiques de la saga, qui sont là depuis le premier opus, même si certaines manquent à l’appel (la femme sangsue qui était là depuis le premier, le cowboy qui était arrivé au troisième). Et les petites poupées, au design revisité, et avec pas mal de petites nouveautés (ou alors j’ai raté trop d’opus) s’en donnent à cœur joie, car ça va trancher, découper, démembrer, décapiter, dans des giclées de sang XXL et avec un humour noir bel et bien présent qui rend l’ensemble hautement divertissant. Ça n’hésite même pas à aller parfois sans doute un peu trop loin, en décapitant des pauvres monsieur qui se soulagent aux toilettes, ou en, comble, rentrant par l’entre jambe d’une femme enceinte pour faire exploser son ventre et s’enfuir avec le fœtus. C’est dans ces moments là que l’on sent l’apport des deux réalisateurs dans le film, mais avec un métrage Puppet Master bourré d’humour, ça passe bien mieux que dans leurs précédentes œuvres, indéniablement. Et du coup, malgré le fait que ça n’évolue pas franchement, et que le final avec un Toulon mort vivant ressemblant à la créature des marais soit assez mauvais, et bien on passe un bon moment assez amusant et défoulant. Rien de génial bien entendu ou de révolutionnaire, mais un petit coup de pouce pour une saga qui depuis ne ressemblait à plus grand-chose d’intéressant. Pas si mal.

Les plus

Très gore parfois
La seconde partie ne s’arrête pas
Quelques seconds rôles amusants
Beaucoup moins fauché que d’habitude

Les moins

Malgré tout cliché et simpliste
Le final un brin raté

 

En bref : The Littlest Reich est un nouvel opus étonnement bien plus sérieux dans sa production comparé aux précédents. Plus d’argent, plus de sérieux, beaucoup plus de gore également. C’est limité mais divertissant pour l’amateur.

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