YOUNG GUNS II de Geoff Murphy


YOUNG GUNS II

Titre original : Young Guns II
1990 – Etats Unis
Genre : Western
Réalisation : Geoff Murphy
Musique : Alan Silvestri
Scénario : John Fusco
Avec Emilio Estevez, Kiefer Sutherland, Lou Diamond Phillips, Christian Slater, William Petersen, Alan Ruck, Balthazar Getty, Jenny Wright, Viggo Mortensen et James Coburn

Synopsis : Un an après que deux des plus grands éleveurs du Nouveau-Mexique se sont livré bataille, Billy le Kid et ses compères se sont séparés et dispersés aux quatre coins du pays. Mais le gouvernement veut à tout prix rétablir l’ordre : le gouverneur Wallace blanchit Pat Garrett, un ancien compagnon du « Kid », et le charge de le tuer.

En 1988, Young Guns, avec son budget de 11 millions, en a rapporté 44. Un succès, et une suite était inévitable. Scénariste et producteur du film, John Fusco se met à plancher sur une suite, en gardant la même ligne directrice, à savoir être le plus fidèle possible avec l’histoire du Kid. Il devra cependant faire des concessions durant le tournage, certains acteurs ne pouvant pas revenir à plein temps à cause de soucis d’emplois du temps. L’histoire est donc changée pour Young Guns 2, et le film utilise des archives pour de nombreux dialogues du Kid (ah, le réalisme), et fait le choix de la légende de Bill Roberts, qui a clamé haut et fort qu’il était en fait le Kid, qui ne serait pas mort des mains de Pat Garrett. Fait réel ou non, nous l’ignorons encore aujourd’hui. Si le film essaye d’être le plus réaliste possible dans son histoire malgré cette légende véridique ou non, et le sort de certains personnages qui change littéralement, d’autres changements s’opèrent derrière et devant la caméra. Certains défauts du précédent sont immédiatement corrigés. Christopher Cain ne revient pas à la mise en scène, et c’est Geoff Murphy qui récupère la bête. Capable du meilleur comme du pire, Murphy était encore dans une bonne période de sa vie, enchaînant après Young Guns 2 sur Freejack, avant de signer en 1999 le « fameux » Fortress 2 avec Christophe Lambert, puis de devenir majoritairement réalisateur de seconde équipe, notamment sur la trilogie Le Seigneur des Anneaux. Niveau musique, pareil, adieu le score classique et efficace mais assez passe partout, et bonjour Alan Silvestri qui vient ici signer une excellente OST. Devant la caméra, si le trio de tête du premier film revient, à savoir Emilio Estevez, Kiefer Sutherland et Lou Diamond Phillips, le casting s’agrandît et les noms sont loin d’être des inconnus. Dans la bande du Kid, on trouve par exemple Christian Slater, Alan Ruck, un tout jeune Balthazar Getty. Dans le camp opposé, William Petersen remplace Patrick Wayne dans le tôle de Pat Garrett, et on trouve à ses côtés Viggo Mortersen encore inconnu, ou encore James Coburn, qui jouait justement Garrett dans Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah. Ajoutons la radieuse présence de Jenny Wright (Aux Frontières de l’Aube) pour le casting féminin, et voilà une bien belle équipe. Le budget quand à lui monte à 20 millions.

Tout est réuni pour faire de Young Guns 2 une grande suite, ou du moins l’égale de son ainé. Qu’en est-il ? Et bien si depuis ma tendre enfance, ma préférence va vers ce second opus, force est de constater qu’à bien des niveaux, il se fait en effet bien supérieur à Young Guns, tout en étant moins rigoureux dans le fond, et donc, dans son écriture. Ce qui change en premier lieu, ce sera l’humour, bien plus présent dans cet opus, comme si Emilio Estevez était parfois en roue libre, habité par son personnage du Kid. Un côté plus jouissif donc peut se dégager de Young Guns 2, et moins plaire à ceux qui ne voulaient qu’une suite dans le même état d’esprit que le métrage original. Il n’en est rien ici. Le rythme est plus soutenu, le ton souvent plus léger (sauf lors de quelques moments tragiques ou héroïques), la mise en scène est également bien plus solide. Une preuve simple et rapide ? La scène d’ouverture, sur des étendues désertiques, avant l’apparition au loin d’un cavalier solitaire, alors que la musique de Silvestri ne monte. Juste magique. Quand après quelques dialogues, la caméra zoome sur les yeux d’un Bill Roberts âgé pour nous plonger dans ce long flashback (le film dans son entièreté en fait), et que le thème principal se met à monter, sur les images de plusieurs cavaliers avançant à toute vitesse dans l’ouest Américain, ce sont là de grandes images. Mais Geoff Murphy maîtrise également beaucoup plus les scènes d’action. Il ne les rend pas mémorables pour autant, mais bien divertissantes, et certaines mises à mort restent bien violentes, surtout lorsqu’il s’agît de personnages clés. Et donc, des morts inattendues, malgré une histoire en soit qui ne peut avoir qu’une seule issue, même sans en connaître la réalité historique. Cette fuite des forces de l’ordre qui finalement tourne rapidement en rond a en effet un côté fataliste bien présent. L’humour instauré par Estevez est sans doute justement là pour contrebalancer ce côté là, en faire un western tout public plutôt qu’un western crépusculaire.

Le pari est à mon sens réussi, même si Young Guns 2 ne rentrera pas dans l’histoire des grands films ou des grands westerns. Mais il a cet énorme capital sympathie, de par son dynamisme, son ton, son casting plus qu’appréciable. Et non, la présence du postérieur de Jenny Wright dans le film ne vient pas flouter mon verdict ! Même si cela reste appréciable, mais je m’égare, une nouvelle fois. Du haut de ses 1h40, Young Guns 2 reste une belle proposition de western, contenant son lot de maladresses, mais son lot de passages épiques, et parfois de passages amusants (le sort du shérif, le juge et ses amis qui parient sur le Kid pour un simple déglinguage de bougies). On a plaisir à retrouver ce qu’il reste de l’équipe du Kid, ainsi que les nouveaux venus. Et on pardonnera également à Alan Silvestri d’avoir lors de quelques rares morceaux, notamment sur la fin, la réutilisation de moments rappelant un peu trop le score de Predator 2 signé la même année. Mais vu la qualité du reste de son score, oui, on lui pardonne. Et j’ai même envie de dire qu’à quasiment tous les niveaux, Young Guns 2 surpasse le premier opus, ce qui reste rare dans le milieu des suites. Mais, autre point qui le différencie vraiment, outre son ton souvent plus léger, ce sera clairement le fait que le scénario se focalise beaucoup plus sur le Kid, laissant Doc (Kiefer Sutherland), Chavez (Lou Diamond Phillips) et le reste de la bande souvent en arrière plan, là où le premier film donnait leur moment de gloire à l’ensemble du casting. Ici, on aura beaucoup de seconds rôles, souvent très bien joués, mais très souvent en retrait pour donner la vedette à Estevez. Mais après tout, passé les événements de Lincoln, c’est bien là l’histoire du Kid, et non pas de son équipe de régulateurs, qui eux se retrouvent plutôt à le suivre, pour survivre. Un western donc souvent sous estimé à mes yeux.

Les plus

Un casting juste énorme
Le score de Alan Silvestri
Rythmé et plaisant
Emilio Estevez ajoute beaucoup d’humour
Quelques grands moments

Les moins

Beaucoup de personnages en arrière plan
Un final un peu simpliste

 

En bref : Young Guns 2 parvient à être supérieur à l’original, malgré quelques libertés prises avec l’histoire, et un propos qui se focalise plus sur le Kid et non plus sur l’équipe. La mise en scène ainsi que la musique sont meilleures, et le casting énorme.

10 commentaires

  1. Aaah je vais me refaire ce petit dyptique bien sympa , juste retrouver les 2 dvds et sortir quelques Coronas !! 🙂

    Mais c’est vrai que ce casting de fou c’était un peu le top du top des petits jeunes de l’époque … qu’en reste t’il aujourd’hui !? :p

    1. Fais toi plaisir, perso jouer un peu à Red Dead Redemption 2 m’a poussé à me replonger dans le genre et à découvrir aussi quelques perles que je n’avais jamais vu, et ça fait du bien. Au final, le western, c’est un genre où il y a peu de mauvais films.
      Je me refais peut-être le 2 avec un pote qui ne l’a jamais vu cet aprem !

      Aujourd’hui, ben, Emilio réalise parfois quelques films encore, Kiefer Sutherland n’a pas à rougir et à fait la voix de Snake dans MGS V, j’ai revu récemment Balthazar Getty dans Twin Peaks the Return. Un bail que je n’ai pas vu par contre Slater ou Petersen dans des films, dommage ça…. Et Jenny Wright, comme beaucoup d’actrices que j’adorais dans les années 70 et 80, ne tourne plus depuis des années et s’est éloignée du monde du cinéma snif !

      1. Non mais je sais ce qu’ils sont devenus (enfin pour les trois quart) , c’était une figure de style ! 😀

        Perso j’ai eu la chance d’avoir un beau père de la génération western , donc j’en ai bouffé du Ford , du Mann , du Sturges sans oublier tous les western spaghetti …
        Bref c’est un genre qui passe tout naturellement pour moi .

        J’ai même encore un lot de vhs avec du Ronald Reagan comme héritage du beau père ! 😀

      2. Roh fallait préciser, tu sais bien que j’adore étaler ma culture 😀 (non en vrai, dans les discussions avec les potes, on m’appelle souvent Rickipédia car je te sors tout sur les acteurs des films, scénaristes, réalisateurs, de tête, parfois c’est un peu chiant je pense 😀 )

        Ah moi c’était mon oncle, fan de westerns et de films d’horreur, du coup pour ça que j’ai découvert pas mal de Leone et Ford quand j’étais gosse, et quasiment tous les films pas conseillés à mon âge aussi (Carpenter, Cronenberg et j’en passe).

        Je me suis lâché la semaine dernière (5 blu-ray pour 30 euros sur amazon) pour en reprendre en Blu-Ray, j’ai pris Impitoyable, Pale Rider, L’homme des Hautes Plaines, La Horde Sauvage et quelques autres titres. Je vais me faire plaisir prochainement.

      3. Belle selection de bluray , que des classiques !! (L’homme des hautes plaines et son ambiance quasi fantastique … raaaah lovely)
        D’ailleurs tu me rappelle que j’ai encore aucun Peckinpah en bluray … honte à moi qui vénère le vieux barbu au bandana ! (Wild bunch c’est quand même une date dans le ciné us niveau représentation de la violence … John Woo nous passe le bonjour)

        Et t’en fais pas , on m’appelle aussi mister Wikipedia dans ma contrée , donc tu peux y aller et balancer tes infos ça me dérange pas ! 😀

      4. Surtout que L’homme des Hautes Plaines, pas vu depuis un sacré paquet d’années, ça va me faire bien plaisir.
        Je m’étais dis la même chose, du coup quand je l’ai vu dans la sélection promotionnelle, hop, il a été cash dans le panier amazon.

        Ça me rassure alors, car ça épate souvent les gens, mais ça les énerve aussi au bout d’un moment 😀

    1. Merci bien chez Prince ^^ Toi qui disais ne pas être trop fan de ces films là sur le premier YOUNG GUNS, au final tu as envie de leur redonner une chance. En fait, il suffit je pense de ne pas attendre du grand western, ou du grand Eastwood comme ce qu’il nous faisait ces années là, et de les prendre pour ce qu’ils sont.

      1. Et dans ce cas , en western fun et moderne , je recommande Silverado et Maverick , qui sont dans le même ton que les Young guns , à savoir des films zéro prises de tête et qui généralement passe bien chez les non fans.
        Voir un petit True gift , qui tout en étant plus classique peu se montrer assez léger par moment.

      2. Et bien je crois que je n’ai pas vu ces deux métrages là, je prend note 😉 Je vais en bouffer pendant un bon bout de temps si je continue comme ça 😀

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