TIMEBOMB de Avi Nesher


TIMEBOMB

Titre original : Timebomb
1991 – Etats Unis
Genre : Action
Réalisation : Avi Nesher
Musique : Patrick Leonard
Scénario : Avi Nesher
Avec Michael Biehn, Patsy Kensit, Tracy Scoggins, Robert Culp, Richard Jordan, Raymond St. Jacques et Billy Blanks

Synopsis : Le Colonel Taylor charge des tueurs de retrouver Eddie Kay, que la CIA croyait mort au Vietnam. Mais Kay, qui découvre qu’on essaie de l’assassiner, a peu à peu des hallucinations. Aidé par une psychothérapeute, il se rend compte qu’il a été victime de manipulations psychiques.

Timebomb, c’était, comme Krull, un lointain souvenir de jeunesse. Mais, comme le film précité, un excellent souvenir de jeunesse, et je me disais bien qu’un jour, je le reverrais, avec grand plaisir, et tant pis si le poids des années n’est pas tendre avec lui. Et bien je l’ai revu, et c’était bien sympa. Et avec, forcément, quasi 30 ans de culture cinématographique en plus dans les dents, on peut même dire que Timebomb était précurseur d’une grande, enfin, d’une saga inégale mais bien sympathique, à savoir les Jason Bourne. Oui il sera question ici d’un ancien agent, amnésique, pourchassé par des tueurs de l’organisation, et qui se surprend souvent à savoir faire des arts martiaux, se servir d’armes à feu et à se sortir de situations folles. Le tout avec violence et générosité puisque Timebomb n’est pas un blockbuster, mais une série B d’action au budget de seulement 6 millions de dollars, et qui aura eu à l’époque le grand prix au festival d’Avoriaz en 1992, rien que ça. Il faut dire que le film est le bébé de Avi Nesher, réalisateur Israélien, récemment adulé par les critiques pour des films d’auteurs, mais qui avait commencé dans les années 90 à tourner des séries B en Amérique. Bon, on lui doit aussi le nanar She en 1984, mais dans les années 90, on lui doit surtout ce Timebomb, Doppelganger (Le Double Maléfique) avec Drew Barrymore nue et couverte de sang, ou encore Savage pour rester dans la série B d’action. Et ici, avec Timebomb, et malgré un budget plus que serré vu le scénario et ses nombreuses fusillades, il se fait clairement plaisir, donne dans le R-Rated, et s’entoure d’un casting de bonne gueule avec dans les rôles principaux Michael Biehn (Terminator, Aliens), qui garda d’ailleurs son rôle en réduisant son salaire, les producteurs voulant Chuck Norris ou Jean-Claude Van Damme pour le rôle, et Patsy Kensit (L’Arme Fatale 2).

Alors dans les faits, Timebomb n’a rien d’un grand film. C’est un actionner un brin bourrin comme le début des années 90 nous en donnait. Un homme, seul, surentraîné et qui ne comprend pas ce qui lui arrive, pourchassé par un groupe de tueurs qui rate à chaque fois sa cible pour une raison X ou Y, et parfois même des raisons stupides mais il faut bien que le film dure 1h30. Pendant 1h36, ça ne s’arrête pas une seconde, ça commence dans un immeuble, puis on a une fusillade dans un parking, des tentatives d’assassinat dans la rue, des combats rapides, de nouvelles fusillades. Et même, clou du spectacle, une fusillade plutôt violente et radicale dans un cinéma diffusant un film X. Ah ça, on ne verra plus ça dans un film de cinéma en 2020 ! Timebomb, c’est une généreuse course poursuite sur toute la durée, avec un scénario qui certes ne va parfois pas plus loin, mais en y regardant de plus près, c’est un peu le cas ensuite avec les Jason Bourne, bien qu’au fur et à mesure des épisodes, on y ajoute des vengeances ou autres complots. Timebomb, c’est juste un homme cherchant à survivre tout en comprenant son passé. Passé qui ramène encore à Jason Bourne d’ailleurs, avec son entrainement pour faire des missions pour le gouvernement, l’effacement de son identité et donc de son existence, un lavage de cerveau, et ce jusqu’à son amnésie. Et malgré son budget plus que limité, l’ensemble tient plutôt bien la route et à de la gueule, le réalisateur faisant le choix le plus souvent du réalisme pour marquer plutôt que de la scène d’action choc, bad-ass mais totalement impossible.

En réalité, le seul gros souci de cette modeste production de série B, c’est le décalage entre certaines situations et son côté qui se veut réaliste. Le groupe de tueur envoyé après notre pauvre Michael Biehn sont parfois vraiment, mais vraiment peu doués. Ils ont beau s’y prendre à plusieurs dans un parking en étant armés de fusils à pompe, ils tirent à côté. Ils le renversent lors d’un trajet en vélo, mais s’en vont avant de vérifier si l’homme est vraiment mort ou juste, ben, renversé. Du coup, avec le recul, il faut bien avouer que certaines situations peuvent prêter à sourire. Ce qui n’est pas le but du film bien entendu. On peut mettre ça sur le petit budget du film, ou tout simplement sur son statut de série B, ou sur une certaine naïveté générale dans le ton. Il est également plutôt difficile de croire à la relation entre Michael Biehn et Patsy Kensit, jouant une psy, et qui se retrouvera bien malgré elle poursuivie par les tueurs, et qu’il faudra, du coup, sauver à plusieurs reprises, comme le veut le cliché de l’époque. Et qui du coup, aura forcément une scène assez chaude avec son sauveur, scène d’ailleurs qui, d’après certains dires, n’était pas dans le scénario mais fut ajouté à la demande des deux acteurs qui y voyaient là un développement de la relation explosive entre les deux personnages. Mais au final, ce petit côté naïf et série B donne un charme certain au film, qui demeure un très bon divertissement pour peu que l’on ne réfléchisse pas trop. Rythmé, violent, précurseur dans un sens. Parfois maladroit, mais divertissant.

Les plus

Michael Biehn en héros bad-ass
Un film violent qui se veut réaliste
Rythmé et plein d’idées
Patsy Kensit, mignonne comme tout

Les moins

Des tueurs parfois pas vraiment doués
Quelques petits moments moins crédibles

 

En bref : Timebomb, c’est Jason Bourne 10 ans avant Jason Bourne. Plus fauché, mais également plus réaliste dans son approche de l’action, il demeure une très honnête série B malgré quelques petits défauts ci et là.

8 commentaires

  1. Je ne la connaissais pas du tout cette madeleine, mais elle m’a l’air d’être savoureuse. Et en plus il y a Patsy « Eight Wonder » Kensit!
    Vite, mon carnet de commande !

    1. Bon courage pour le trouver en version Française en tout cas, à ma connaissance nous ne l’avons même pas en dvd chez nous 😦
      Tu sauras apprécier ce B movie à sa juste valeur en tout cas je pense. Généreux, court et sans prétention.

      1. Je pense qu’il finira par débarquer, que ce soit chez Le Chat qui Fume, ESC ou j’en passe. Beaucoup d’éditeurs depuis quelques années nous ressortent des perles du B des années 80 et 90 que je n’aurais perso jamais espéré une seconde voir débarquer en France et en HD. Donc l’espoir est là. Même si avec le confinement, j’ai des doutes sur l’arrivée de Phase IV chez moi le 6 Avril…

  2. oOOoh. Je ne connaissais pas. Michael Biehn que j’adore… Et Patsy Kensit dont j’avais acheté pas mal de 45 tours à l’époque ! Ça fait envie ! Merci !

    1. Oh tu as été jusqu’aux 45 Tours, et bien !!!! Fanboy haha. Ceci dit, j’ai encore mon dvd zone 1 d’un bon film de merde juste car elle était dedans : FULL ECLIPSE avec Mario Van Peebles…

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