HARLEY DAVIDSON ET L’HOMME AUX SANTIAGS de Simon Wincer


HARLEY DAVIDSON ET L’HOMME AUX SANTIAGS

Titre original : Harley Davidson & the Marlboro Man
1991 – Etats Unis
Genre : Action
Réalisation : Simon Wincer
Musique : Basil Poledouris
Scénario : Don Michael Paul
Avec Mickey Rourke, Don Johnson, Chelsea Field, Daniel Baldwin, Giancarlo Esposito, Vanessa Williams et Tom Sizemore

Synopsis : Un cowboy et un motard braquent un fourgon blindé où ils trouvent non pas de l’argent mais de la drogue, que la pègre souhaitera vite récupérer…

Pour pas mal d’acteurs cultes des années 80, le passage des années 90 fut difficile. Harley Davidson et l’Homme aux Santiags (ce titre !) fait parti d’un groupe de films mal aimés, par le public, par la presse, mais également par l’équipe qui conçu le film. Mickey Rourke ne porte pas le film ni son réalisateur dans son cœur, et apparemment, Don Johnson également, même s’ils ont appréciés tourner ensembles. Quand au réalisateur, Simon Wincer, si on lui doit avant le film D.A.R.Y.L qui berça ma jeunesse (mais je n’en ai strictement aucun souvenir) puis ensuite Sauvez Willy, sa carrière se tourna rapidement vers les séries TV (sur le jeune Indiana Jones) ou les téléfilms. Polar d’action se voulant burné et bad-ass, avec des gloires des années 80, le métrage se traîne déjà le défaut de beaucoup d’œuvres de ses années là, qui veulent se dérouler dans un futur très proche. Trop proche. Et qui le fait de manière totalement kitch, avec sa drogue dont finalement on ne saura quasiment rien (ah ça, ce n’est pas le Nuke de Robocop 2), et ses bad guy qui portent des… imperméables par balles. Oui oui. Juste des mecs qui ressemblent de loin à des bouchers un jour de pluie, mais la tenue résiste aux balles. Du coup on s’en doute, les gentils vont passer une bonne partie du métrage à s’évertuer à tirer dans le torse au lieu de viser la tête, sinon le métrage serait bien trop court. Mais bon, revenons à nous moutons, et terminons en avec l’équipe technique, en soulignant que la musique est ici signée Basil Poledouris (Robocop, Starship Troopers), qui signe ici un score passe partout et oubliable. Au scénario, fait plus intéressant, on trouve Don Michael Paul. S’il n’a pas écrit grand-chose de marquant, loin de là, il sera passé par la suite réalisateur, en lorgnant vers le B qui tâche directement en vidéo, avec par exemple Lake Placid 4, Jarhead 2, Tremors 5 et 6, Death Race 4 ou le récent Roi Scorpion de 2018, cinquième opus de la licence, et apparemment moins pire que les précédents. Un grand monsieur ça, on vous l’accorde…

On a donc ici Mickey Rourke qui se fait apparemment Harley Davidson car… oui, il roule en Harley, et Don Johnson, qui a toujours autant la classe, qui se fait appeler Marlboro Man, et vous savez très bien pourquoi. Vieux potes, ils décident de braquer le camion d’une banque pour sauver le bar de leurs potes. Pas de bol pour eux, le camion ne contient pas de l’argent, mais de la drogue, du Crystal, et le gérant de la banque, joué par un Tom Sizemore comme souvent dans ses années là en roue libre n’est pas très content, et aimerait bien récupérer la marchandise, qui lui fait gagner bien plus que son salaire de banquier. Il peut compter heureusement sur son équipe de nettoyeurs kitchs, avec à leur tête, Daniel Baldwin, qui doit avoir en tout et pour tout trois lignes de dialogues dans tout le film, puisque de toute manière, on ne lui demande rien d’autres que de tirer la tronche, et vider ses chargeurs, de préférence à côté de ses cibles. Sauf lorsqu’il s’agît de personnages secondaires dispensables bien entendu. Tous les clichés sont là, le kitch en plus, et avec en prime parfois, des idées à la con qui, il faut avouer, font bien rire et remontent le niveau du film, comme cette cascade improbable en moto venue de nul part en pleine fusillade, ou ce saut depuis le toit d’un immeuble direct dans une minuscule piscine pas bien profonde. Et puis ces personnages, ils sont tout sauf doués. Les méchants les retrouvent, en toute circonstance, et ils continuent de fuir avec une mallette pleine d’argent, et mettent un bon 20 voir 30 minutes avant de comprendre que forcément, si on les retrouve partout, c’est qu’il y a probablement un émetteur dans la valise. Mais encore une fois, sans ces incohérences et moments un peu stupides, le film serait bien court.

Est-ce que c’est bien ? Assurément pas, mais ça assure un spectacle fun et stupide où les acteurs tentent toujours d’avoir l’air bad-ass. Parfois, ça marche mine de rien, le charisme des acteurs y étant pour quelque chose. Et si les personnages féminins comme d’habitude ne servent pas à grand-chose, on pourra noter les présences minuscules de Vanessa Williams (L’Effaceur, Shaft), de Tia Carrere (Wayne’s World, True Lies) ou encore de Kelly Hu (Le huitième chapitre de Vendredi 13, X-Men 2). Toujours un plaisir pour les yeux, malgré le produit un peu bâtard sur lequel nos pauvres yeux se posent. Mais un film dynamique, kitch sans doute parfois volontairement (et à d’autres non), et avant tout généreux dans son approche, et faisant tout pour rendre ses personnages charismatiques et attachants. Et mine de rien, il y parvient. En oscillant en permanence entre son ton fun et son ton sérieux et kitch (et donc, daté avant l’heure), son scénario maigrichon et prétexte mais ses scènes d’action explosives, son casting secondaire peu exploité mais ses deux acteurs principaux qui crèvent l’écran (même si Rourke admettra avoir signé le film juste pour l’argent), il est dur de détester Harley Davidson et l’Homme aux Santiags. C’est bancal, un peu beauf, mais pas désagréable pour autant. Il faut de tout pour faire un monde.

Les plus

Mickey Rourke et Don Johnson
Rythmé et dynamique
Parfois amusant et kitch

Les moins

Un scénario ultra maigre
Des facilités et incohérences monstrueuses
Des personnages secondaires peu exploités
Parfois bien trop kitch

 

En bref : Produit kitch et un peu beauf de son époque (1991), voilà bien un film qui a eu du mal à trouver son public (l’a-t-il trouvé au final ?), mais qui n’est pas désagréable, si l’on sait à quoi s’attendre avec ce western moderne.

7 commentaires

  1. Tu lui mets la moyenne quand même ! C’est généreux. OK, il y a Don et Mickey, mais quand même.
    Je me suis toujours tenu éloigné de ce nanar dont la réputation le précédait dans tous les vidéos club. Même par curiosité, je ne crois pas que je tenterai, je me referai plutôt East Rider. 😉

    1. Et oui j’ai été généreux, j’ai passé un moment pas prise de tête (bon ça vaut sans doute plus du 8 ou 9/20 mais bon). Disons que dans le genre, et à cette période, il y a bien pire (et bien mieux).
      De mémoire, c’était sur Canal + que j’étais tombé dessus.
      Ah non mais compare ce qui est comparable aussi, évidemment ça n’a rien à voir avec Easy Rider ! Les comparer serait même de la folie pure et simple tant il y a un fossé 😀

  2. Je me retrouve dans cette critique. Film revu (ça faisait trèèèès longtemps) pendant le confinement en replay sur la chaîne Action. Pas désagréable, mais l’affiche et le titre promettaient quelque chose de plus… mythique. On en est loin. 🙂

    1. Hey merci de ton retour, et de ta visite ici.
      Oui en effet, c’est plutôt du cinéma d’action/policier basique du début des années 90, sans éclat, mais ça se regarde clairement.

  3. Je crois l’avoir vu. Mais je ne sais plus. C’est terrible, je commence à oublier des trucs…

    Poledouris à la musique ?!? Mais quand tu dis « un score passe partout et inoubliable »… Ça prête à confusion ^^ Inoubliable tellement c’est passe-partout ? Ou… Passe-partout donc oubliable ?

    1. Wow merci je n’avais pas vu cette énorme coquille ! C’est corrigé. Oubliable oui. Je l’ai déjà oublié intégralement le score, rien ne me revient à l’esprit, alors que je me souviens encore de son score mineur pour À La Poursuite d’Octobre Rouge (certes, je l’ai revu lui avant hier, ça doit jouer, mais chut haha.

      Je me souvenais l’avoir vu moi, mais aucun souvenir, et comme à l’époque, c’était à la télé ou en location VHS, donc en VF, donc ça ne me dérange pas de tout revoir en VO à présent, et avec un regard plus cinéphile.

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