BARB WIRE de David Hogan


BARB WIRE

Titre original : Barb Wire
1996 – Etats Unis
Genre : Action
Réalisation : David Hogan
Musique : Michel Colombier
Scénario :  Chuck Pfarrer et Ilene Chaiken

Avec Pamela Anderson Lee, Temuera Morrison, Victoria Rowell, Jack Noseworthy, Xander Berkeley, Udo Kier et Steve Railsback

Synopsis : Le film se situe dans un futur proche, en 2017, dans lequel le Congrès américain a pris un pouvoir absolu et instauré une dictature réprimant durement les « anti-citoyens ». Barb Wire, patronne d’un bar situé à Steel Harbor, dernier territoire libre des États-Unis, est une mercenaire qui vend ses services aux plus offrants. Elle a combattu dans les rangs de la « résistance » lors de la Seconde guerre civile, puis a abandonné ses activités afin de mener une vie plus lucrative, avec son frère, aveugle depuis la guerre. Avec l’aide d’un de ses anciens compagnons d’armes, elle va aider une biologiste à s’échapper du territoire contrôlé par les congressistes.

Ah Barb Wire, un film avec une réputation. Réputé comme mauvais, mais très amusant pour certains, un nanar donc, alors que jugé juste mauvais par une autre partie du public. Il faut donc voir pour juger. Au final, c’est pile entre les deux. Parfois vraiment nanar, de quoi se marrer, et à d’autres moments, juste pathétique et mauvais. Surtout que Barb Wire, en y regardant de plus près, c’est juste Casablanca, dans un univers futuriste du pauvre, et avec Pamela Anderson dans le rôle de Humphrey Bogart. Oui, ça fait tâche, il fallait oser. Mais dans le fond, pourquoi pas, puisqu’après tout, certaines grandes œuvres du monde du cinéma sont des remakes dans un genre différent. Pour une Poignée de Dollars de Sergio Leone est après tout une relecture de Yojimbo, Le Garde du Corps, de Kurosawa. Mais Pour une Poignée de Dollars est un grand film signé par un grand réalisateur. Barb Wire est un navet, signé par David Hogan, qui signe là son premier long métrage. Et également son tout dernier. Voilà, ça veut tout dire, et pour une fois, ce n’est pas à cause d’un succès non mérité qui ferme les portes à un jeune réalisateur, non. Barb Wire est un premier film bien raté, qui a fermé les portes à son réalisateur, à juste titre, même s’il n’est pas le seul à blâmer, entre son scénario copiant totalement Casablanca, ses acteurs parfois mauvais, sa production voulant mettre en avant le physique de Pamela Anderson. Ça, on le remarque dés le générique, avec la miss se trémoussant sous un jet d’eau, en petite tenue, et le tout sur une lumière bleutée. C’est de mauvais goût, et comme le physique de madame Anderson me laisse de marbre, ça ne fonctionne pas du tout pour moi. Mais il faut bien vendre le film, et entre montrer Pamela se trémousser sous un jet d’eau car elle joue une mercenaire stripteaseuse et nous vendre le film en nous disant « hey, ça adapte un comics et il y a Udo Kier dedans », je crois que la production a rapidement fait son choix.

Ce qui se confirme l’instant d’après lorsque l’on nous présente les méchants, qui torturent par électricité une jeune femme, et forcément, pour cela, il faut qu’elle soit quasiment intégralement nue, et qu’elle pousse des cris pouvant prêter à confusion. Et lorsque Barb Wire accepte un premier contrat au début du film, la voilà en tenue dévoilant son gros fessier pour mitrailler des figurants, avant de livrer la marchandise à Clint Howard, gueule bien connue du cinéma B. mais ça le film s’en fou, du coup, retour au bar l’instant d’après pour nous remettre des boobs et des fesses et maintenir l’intérêt du spectateur. Puis quelques fusillades, quelques punchlines totalement à côté de la plaque (Don’t Call me Babe), quelques seconds rôles qui se demandent ce qu’ils font là et le regrettent sûrement beaucoup. Ah, et il y a des méchants, qui font office de… de néo nazi. Oui, avec leur état fasciste, leur tenue, la résistance qu’ils mitraillent à vue. Oui, c’est subtil, très stupide souvent, avec son lot de scènes stupides qui feront rire, mais entre les deux, pas mal de moments juste chiants, de dialogues beaucoup trop longs pour pas grand-chose, de ratages, plans de mauvais goût. Et de temps en temps oui, c’est tellement stupide qu’il est quasi impossible de ne pas s’exclamer avec un sourire en coin devant certaines scènes, même quand c’est méga prévisible. Oui, le chef d’un gang, gros comme pas permis, au surnom allant bien entendu avec son poids, et qui fait des grimaces impossibles, même lorsqu’une grenade lui tombe sur le ventre. Oui, ça fusille parfois dans tous les sens, et avouons le, l’action, bien qu’anecdotique, reste parfois efficace.

On a vu bien pire dans des petits DTV fauchés mais qui veulent absolument en faire trop. Ce n’est pas le cas ici, il semble y avoir un minimum de budget, malgré clairement un mauvais goût certain dans la direction artistique, avec ses tenues en cuir, ses décors cheap, ses tables de tortures risibles. Comme si l’équipe avait voulu elle-même saboter un film qui de toute façon n’aurait pas volé bien haut quoi qu’il arrive. On ne parlera pas du scénario, on le connaît déjà, mais on pourra toujours rire de ces incohérences, comme ce texte explicatif et cette voix grave qui nous présentent bien le futur de 2017, avant 2 minutes plus tard que l’on remarque l’année 2019 sur une carte d’identité. Et pourtant, Barb Wire tente de s’appliquer pour éviter les incohérences, avec comme base Casablanca, mais il n’évite pas ces petits moments qui font sourire. Avec un poil moins de budget, on aurait presque pu se croire d’ailleurs dans un film post apocalyptique Italien des années 70/80. Presque, car malgré son mauvais goût, là aussi le film a été plutôt soigné, en baignant dans une esthétique bleutée typique de ces années là (Rick Bota est le directeur de la photo, aucune surprise à retrouver ces filtres bleutés lorsqu’il passa réalisateur avec Hellseeker). C’est là tout le paradoxe du film d’ailleurs. Parfois trop sérieux, parfois trop nanar, parfois de très mauvais goût, mais jamais assez catastrophique pour être un vrai nanar, mais jamais bon pour être une bonne série B.

Les plus

Parfois vraiment drôle
L’action, pas si mauvaise

Les moins

Une direction artistique à la ramasse
Parfois juste mauvais
Un remake de Casablanca !!!!!
Des acteurs souvent moyens

En bref : Barb Wire, c’est très moyen. Mais trop sérieux et friqué pour être un vrai nanar, et souvent trop bancal et risible pour être une série B pas prise de tête. Un ratage qui remake Casablanca dans un contexte de SF tout de cuir vêtu. Il fallait oser.

12 commentaires

  1. Un remake de CASABLANCA ?!? Et… y’a Temuera Morrison ! Comme quoi, il a survécu à ce naufrage.^^ Je viens d’aller voir le trailer… Même le trailer est nul, il ne montre rien, c’est mou, ridicule. Ils n’ont même pas essayé de compiler les meilleurs moments ? (ou alors il n’y en a aucun ?).

    1. Oui oui j’ai halluciné en voyant les très nombreuses ressemblances !! C’est dingue quand même. Morrison a pourtant eu une année 96 catastrophique, vu qu’il était également dans L’ÎLE DU DOCTEUR MOREAU qui fut un tournage… ouais, je n’ai même pas de mots pour ça.
      J’irais voir le trailer par curiosité (morbide) tiens. Voir comment une équipe de commerciaux se sont cassés le cul pour tenter de vendre ça, déjà que l’exercice du trailer n’est pas toujours simple.

  2. Tu arrives à bien parler des films que tu n’aimes pas. C’est quelque chose que je n’arrive pas à faire personnellement.
    En tout cas il faudra que j’essaie ce nanar à l’occasion!

    1. J’ai toujours trouvé qu’il était plus simple d’écrire sur les mauvais films. Les mots sortent plus facilement, alors qu’un excellent film, qui parle avant tout aux émotions par exemple, les mots sont plus difficiles à trouver. Mais on ne va pas mentir, on préfère tous regarder un bon qu’un mauvais film.
      Celui-ci est plutôt mi-nanar mi-navet, pas sûr de pouvoir vraiment le conseiller. Pour rire un bon coup en tout cas, il y a mieux 😉

      1. Alors dans ce cas, il faut plutôt tenter du… (moment d’intense réflexion là, car j’essaye de voir peu de mauvais films maintenant, car trop de films à voir)… « Piège Mortel à Hawaï » par exemple. Tellement mauvais mais tellement drôle qu’on se regarde parfois des bouts avec des potes en pleine soirée pour se détendre xD

      2. Je l’ai depuis des années, mais pas encore vu. Pourtant de Gary Jones, j’ai vu son Spiders (que j’aime bien en plus) et son Crocodile 2 plutôt amusant. Mosquito est apparemment une perle oui. Je tente de me le faire prochainement!

    1. Ha ha petit coquin !!! Malheureusement oui, pas grand-chose à sauver, mais je voulais le voir, avec la réputation que se traîne le film. Puis ça fait plus apprécier les autres métrages que tu regardes derrière.

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