GRAND ISLE de Stephen S. Campanelli (2019)

GRAND ISLE

Titre original : Grand Isle
2019 – Etats Unis
Genre : Policier
Durée : 1h37
Réalisation : Stephen S. Campanelli
Musique : Josh Atchley
Scénario : Iver William Jallah et Rich Ronat

Avec Nicolas Cage, KaDee Strickland, Luke Benward, Kelsey Grammer, Zulay Henao, Emily Marie Palmer et Beatrice Hernandez

Synopsis : Walter et son épouse invitent un jeune homme dans leur maison victorienne afin de se protéger de l’arrivée d’un ouragan. Mais l’homme est alors suspecté de meurtre par l’inspecteur Jones. Pour sauver sa peau, l’homme va alors révéler les secrets du couple.

Un petit Nicolas Cage, ça faisait longtemps, j’allais être en manque ! Heureusement, l’acteur tourne toujours énormément, si bien que même en période creuse cinématographiquement parlant, on a toujours de nouveaux films à voir avec lui. Un de ses derniers métrages en date, qui se fait d’ailleurs plutôt descendre un peu partout, le film policier Grand Isle. Et étonnement, sans doute car je n’en attendais pas grand-chose, mais c’était plutôt sympathique. En fait, ça aurait même pu être vraiment très bien, sans les dix dernières minutes, qui pour le coup, elles, sont horriblement ratées. On a donc le classique film policier qui commence doucement, puis monte, nous intéresse, se permet de placer une tension plutôt sympathique, qui monte, monte pendant 1h20, puis on retombe de haut face à un final, et surtout une dernière scène bien ratée et qui n’ajoute pas grand-chose au propos. Le film aurait pu même s’arrêter à la scène précédente que ça aurait malgré tout fonctionné, je pense. Grand Isle donc, c’est un film assez classique dans le fond, puisque le métrage se permet de citer quelques classiques. Un huis clos dans une maison, un couple étrange et une ambiance lourde, un homme forcé de passer la nuit dans la demeure. L’ambiance s’installe, prend son temps, ça joue plutôt bien d’ailleurs, ce qui aide à faire fonctionner l’ensemble. Puis la narration se permet de rajouter quelques éléments sur une intrigue déjà assez tendue, éléments que n’auraient pas reniés John Dahl par exemple, puisqu’il y est bien question de manipulation, de tentative de meurtres (tiens, entre un mari et sa femme, cela rappelle l’excellent Red Rock West… avec Nicolas Cage également), un mystère caché au fond d’une cave (le grand cliché). Grand Isle n’invente clairement rien, et on peut même dire qu’il pompe un peu partout. Mais il le fait plutôt bien. Assez en tout cas pour que l’attention du spectateur reste là.

Surtout que dans son économie de moyens (quasiment un lieu unique, quasiment trois personnages), le métrage peut se focaliser sur l’important, à savoir la tension, et développer proprement ce qu’il veut. Alors forcément, on a droit à la classique introduction des personnages, quelques clichés qui ont la vie dure, ce qui nous rappelle bien que l’on est devant un petit DTV, mais pour un DTV, l’ensemble est plutôt bien filmé, parfois même élégant à l’écran, et les acteurs s’en sortent très bien. Bien entendu, Nicolas Cage va nous faire du Nicolas Cage. Parfois, ça fonctionne très bien, tant le rôle semble avoir été écrit pour l’acteur. C’est d’ailleurs dans ce cas là que ça fonctionne le mieux récemment j’ai l’impression, à quelques exceptions près (l’excellent Joe de David Gordon Green). Parfois, ça fonctionne moins, lorsque les rouages du métrage s’épuisent (le final). Mais il faut le souligner, l’écriture de son personnage et l’ambiance générale du métrage donne clairement à Nicolas Cage de quoi s’amuser, à tel point que ses pétages de plombs habituels semblent s’inscrire dans l’ADN même du métrage. Car si ça commence doucement comme dit plus haut, passé la première demi-heure et la scène (classique) du diner entre le couple et cet intrus, cet étranger qui doit rester malgré lui dans la demeure (car gros orage dehors et voiture en panne), le film démarre pleinement. La tension se fait sentir dans les dialogues, au départ courtois, avant que les sous entendus ne s’invitent dans la discussion, puis que, Nicolas Cage oblige, la subtilité foute un peu le camp et que l’approche soit bien plus directe. Et comme le début du métrage nous l’a bien montré, on sait clairement face à quel personnage nous sommes, bien que le film réserve dans ses twists quelques surprises, heureuses comme malheureuses. On se retrouve donc prisonnier, comme le héros, pris au piège entre un homme dont on sent la violence contenue qui pourrait exploser et une femme un brin séductrice et manipulatrice.

Quand l’argent (une belle somme d’ailleurs) et forcément, le meurtre s’invitent dans le récit, ça décolle, et ça fonctionne, le film ayant prit le temps de bien tout établir. La violence sera pourtant peu présente, du moins visuellement, mais cela la rend plus marquante, puisqu’elle débarque sans prévenir. Mais c’est aussi là que le métrage déraille totalement. Nicolas Cage, convaincant jusque là, reste convaincant, mais nous sort son jeu d’allumé habituel, rire à l’appui bien entendu, la violence devient plus fréquente, le rythme s’emballe, les mystères aussi, les révélations, les twists. Tout pour retenir l’attention du spectateur. Lorsque pour son dernier acte, le film qui était alors raconté en flashback rejoint son point de départ, là le métrage se montre clairement moins convaincant. Il faut dire qu’il sort alors la plupart du temps de son huis clos sombre, qu’il s’ouvre à de plus larges décors, et à des décors plus éclairés, tout en invitant alors des personnages jusque là peu importants à prendre place dans le déroulement du récit. Pourtant, Emily Marie Palmer joue bien, mais la sauce a du mal à prendre. Visuellement, ça se fait moins inspiré, narrativement moins resserré, et puis non, avoir décidé de couper les magnifiques cheveux de Nicolas Cage ainsi que sa barbe pour le final, ce n’était pas une bonne idée. Oui, ce sera ma manière de critiquer le final sans lâcher aucun spoil et avec une excuse bidon.

Les plus

Un Nicolas Cage en forme
Un huis clos plutôt prenant
Par moment une tension qui fonctionne

Les moins

Assez classique et donc prévisible
Un final bien raté

En bref : Grand Isle n’est pas un grand film, et son final ne vient pas relever le niveau, mais pourtant, la majeure partie du temps, ça reste un divertissement très sympathique, carré, et la tension fonctionne entre les trois personnages.

2 réflexions sur « GRAND ISLE de Stephen S. Campanelli (2019) »

  1. Hier revu le super DREAM SCENARIO (surpris de ne pas le trouver chroniqué ici) et ce soir, GRAND ISLE pour la première fois. Retour aux racines du film noir (femme fatale, argent, alcool, meurtre) sans en avoir les moyens ni vraiment le talent, comme toi j’ai pensé à John Dahl mais le film est loin des réussites de ce réalisateur dans le genre. Et comme toi j’ai trouvé le spectacle hautement sympathique, malgré de gros soucis d’écriture parfois – on va pas revenir sur la scène finale par exemple…

    Je viens d’aller mettre un petit 6/10 sur IMDB, et j’ai été surpris de voir que la moyenne du film tournait autour de 4…

    1. DREAM SCENARIO c’est un des premiers films que j’ai vu au Japon après le début des cours, et j’ai zappé d’écrire dessus (j’étais un élève sérieux au début haha). Il est soigneusement rangé dans mon dossier « à revoir et chroniquer » avec quelques autres titres comme INFINITY POOL.
      Content de voir malgré ses défauts que tu as toi aussi trouvé le spectacle sympathique, c’est loin d’être mauvais, mais imparfait (et oui, cette fin…). Les petits films de Cage tu le sais sont très souvent descendu en flèche par le grand public, parfois c’est même à se demander s’ils sont vraiment vus et qu’ils ne copient collent leur avis d’un film à l’autre en réalité. Car oui, on ne passe pas un mauvais moment devant le film. Cage a certes fait mieux, mais il a aussi fait quand même bien pire.

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