EYECATCH JUNCTION (突風!ミニパト隊/アイキャッチジャンクション) de Miike Takashi (1991)

EYECATCH JUNCTION
Titre original :  突風!ミニパト隊/アイキャッチジャンクション – Toppū! Minipato tai – Aikyacchi Jankushon
1991 – Japon
Genre : Comédie policière
Durée : 1h30
Réalisation : Miike Takashi
Musique : –
Scénario : Masaki Hiro et Takemoto Akio

Avec Asano Aiko, Fujimoto Minako, Nagakura Daisuke, Nakajima Hiroko, Tachibana Risa et Takagi Bû

Synopsis : Le club de fitness Shintai Sobu est formé par le chef de la police afin de maintenir le taux de l’option public envers la police. Makoto rejoint le club, ainsi qu’Atsuko, et avec l’aide de leur instructeur Miyuki, elles décident d’affronter le crime une fois la nuit tombée en se servant du club comme couverture. Le nom de leur union secrète ? Eyecatch Junction !

Eyecatch Junction, en voilà bien là une rareté intéressante, puisqu’il s’agît du second film réalisé par Miike Takashi, mais du tout premier à être arrivé sur les écrans. Enfin, sur les écrans ! En vidéo club plutôt, Eyecatch Junction étant un produit vidéo. Sortant en Octobre 1991 (ça ne nous rajeunit pas), Eyecatch Junction est une comédie policière. Et pour ses débuts, Miike prouve déjà qu’il n’en fait qu’à sa tête car si dans les grandes lignes, son film est bel et bien une comédie policière, avec ce que cela implique de gags plus ou moins réussies et de scènes d’action plus ou moins fauchées mettant la gymnastique en avant (et oui), son métrage n’hésite pas, le temps de quelques scènes, à partir dans un registre radicalement différent, et autrement plus sombre et provocateur, à base de meurtres au couteau avec gros plans sur les blessures, de tentatives de viols, et surtout, d’une scène de sexe plus ou moins osée et étrange, à base de couteau et de bâche en plastique transparente. Mais revenons au commencement. Après avoir été assistant réalisateur de 1987 à 1991 sur plusieurs métrages, dont de manière plutôt surprenante Peacock King et Saga of the Phoenix de Nam Nai Choi, Miike se lance dans la réalisateur en cette année 1991 avec déjà deux métrages tournés d’affilé. En premier lieu, Red Hunter : Prelude to Kill (dont je tenterais de vous parler bientôt) qui sort au Japon le 21 Décembre de la même année, et ce Eyecatch Junction qui nous intéresse ici. Un film où Miike semble pourtant très éloigné de son style futur, de ses préoccupations habituelles. Un film donc en apparence léger, avec ces flics qui affrontent des criminels en tenue de gym fluo.

La majeure partie du temps, le film s’apparente à une comédie assez classique, avec les filles qui s’entrainent plus ou moins efficacement, épiées par les hommes, pour la plupart dépeint comme étant de gros pervers. Pas pour rien qu’une de leur enquête va les amener à poursuivre un voleur de petites culottes. L’histoire n’est que prétexte, s’avère plutôt lente pour laisser l’humour s’exprimer, et surtout le trio d’actrices principales, plutôt mignonnes par ailleurs. Des blagues, de l’entrainements, quelques enquêtes au choix amusantes et délirantes ou plutôt anecdotiques, avant que le film, mi-parcours, ne nous présente son grand méchant. Et quoi de mieux pour nous le présenter qu’une scène de sexe fétichiste assez étrange qui n’a, dans les faits, aucunement sa place dans le métrage ? La folie Miike déjà en place ? Ou tout simplement une envie de dramatiser enfin un peu des événements ? Sans doute pas le dernier point, puisque niveau intrigue et surtout suspense, Eyecatch Junction n’est pas dans son élément. Le suspense est même aux abonnés absents ici. Même lorsque les flics viennent voir une scène de crime, Miike tourne le tout en dérision, avec ce flic en profitant pour nous prendre un plan culotte de la victime en photo en soulevant sa jupe. Étonnement d’ailleurs, ces moments comiques venant d’on ne sait où apportent un petit plus au métrage qui sinon serait tombé totalement dans l’oubli des nombreux produits vidéo. Miike essaye quelques mouvements de caméra intéressants, ou même des effets de montages qu’il usera jusqu’à plus soif par la suite (notamment sa manie de couper des bouts au sein d’un même plan, ou d’utiliser plusieurs fois le même plan de suite pour un effet comique de répétition). Ça fonctionne, et à deux reprises, Eyecatch Junction m’aura fait rire. Pas sourire, rire.

Et ce n’est pas rien, car au départ, rien ne nous annonce que l’on va rire, tant l’enchainement de gags prête souvent à sourire, mais pas plus. Notamment, la résolution de l’affaire du voleur de petites culottes est hilarante, grâce aux idées visuelles de Miike. L’équipe a du en avoir conscience, puisque le plan en question se retrouve dans le « best of » du générique de fin. Pour un premier (second en fait) film d’un réalisateur qui doit faire ses preuves et aurait pu tout simplement rester dans la simplicité et torcher un produit à la va vite, Eyecatch Junction prouve à intervalle régulier qu’il a des idées. Ce qui n’en fait pas un excellent film, loin de là. Des défauts, il y en a, dans son rythme, notamment à cause d’un scénario banal et sans suspense. Ses scènes d’action, petit budget sans envergure oblige, ne sont pas extraordinaires non plus et prêtent plus souvent à sourire devant la médiocrité de l’exécution. Mais les actrices ont de l’énergie à revendre, et cela s’en ressent à l’écran. Elles donnent au métrage un côté over the top, presque manga qui fait plaisir. Un film donc plutôt facile, facile à oublier, mais pour les curieux, il est toujours intéressant de voir les débuts d’un réalisateur qui s’imposera par la suite, et de voir, même si souvent cachés, les tics déjà présents du monsieur, ainsi que sa facilité pour changer de genre ou de ton en cours de route.

Les plus

Les actrices débordent d’énergie
Quelques idées de mise en scène ou de montage
Quelques gags vraiment drôles

Les moins

Histoire basique sans suspense
Beaucoup de gags fonctionnent moins
Un petit produit vidéo pas inoubliable

En bref : Voir les débuts de Miike, c’est toujours intéressant, quand en nous livrant une banale petite comédie policière à base de gymnastique, il en profite pour insérer des scènes beaucoup plus adultes. Quelques gags fonctionnent bien, et l’ensemble restant court, le curieux passera un bon moment.

4 comments

    1. Les tout premiers films de Miike sont totalement inconnus du public, et hyper dur à trouver (je pense que ça se remarque à la qualité dégueulasse de mes captures). Celui-là, je l’avais trouvé par hasard sur youtube c’est te dire, quelqu’un l’avait uploadé, sans subs. Puis par hasard il y a quelques mois, je suis tombé sur quelqu’un de bien motivé qui en avait fais des sous titres anglais, et du coup hop.
      Disons que pour le fan, c’est une curiosité très intéressante. Mais pas un grand film, donc je pense que tu peux t’en passer.

    1. C’était intéressant, j’ai aussi son second film à voir, mais la qualité est tout aussi mauvaise. Ses films là ne sont sortis qu’en VHS à l’époque, donc dans des copies dégradées qui vont avoir 30 ans l’année prochaine…

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