Titre Original : バッドガイ・ビーチ
1995 – Japon
Genre : Policier
Durée : 1h34
Réalisation : Aikawa Shô
Musique :
Scénario : Mimura Wataru et Ito Yasutaka
Avec Aikawa Shô, Fujiwara Norika, Aso Kumiko, Iwamoto Chiharu, Nagakura Daisuke, Himura Yuki, Nakamura Reiko, Shimizu Akihiro et Yamada Tatsuo
Synopsis : Shiro Kisu est un détective privé dont le cabinet appelé Bad Guy Beach est installé au bord de la plage. Un jour, il reçoit une cassette vidéo de la part de son frère Tatsuya. Sur la vidéo, un viol, et il connait l’identité de la victime.
Si vous aimez le cinéma Japonais, nul doute que le nom d’Aikawa Shô ne vous est pas inconnu, puisqu’il fut pendant de longues années l’acteur fétiche de Miike Takashi. On le trouvait en tête d’affiche sur du Dead or Alive, Zebraman, Scars of the Sun, Waru, Gozu, Rainy Dog et tant d’autres. Si vous êtes un peu plus fouineur, vous pouvez aussi raccrocher son nom à la carrière de Kurosawa Kiyoshi durant les années 90, puisque le réalisateur tourna beaucoup avec l’acteur, notamment sur la saga V-Cinema Suit Yourself or Shoot Yourself, saga de six films tournés en deux ou trois ans seulement. Si aujourd’hui l’acteur se fait discret, sauf pour les connaisseurs qui se tapent des sagas policières de 20 films pour le marché de la vidéo (véridique), peu de gens savent qu’il s’est également essayé à la mise en scène. Un acteur passant derrière la caméra, même pour un seul essai, ce n’est pas nouveau, que ce soit au Japon ou ailleurs. Le plus souvent ceci dit, cela donne des œuvres oubliables voire oubliées. Aikawa Shô donc, dès 1995, alors qu’il enchainait les films pour Kurosawa, Miike et tout un tas de produits pour le marché de la vidéo à vitesse grand V (Cinéma donc) s’est lui aussi laissé tenter par l’expérience de la mise en scène. Et en réalité, tout cela paraît on ne peut plus logique. En connaissant les bonnes personnes, il était facile de se lancer, à condition de respecter les délais serrés et les budgets risibles du V-Cinéma. Et Aikawa, il était alors en plein dedans, il était déjà un visage connu du genre, et donc le milieu, il le connaissait bien, et les règles du V-Cinéma, pareil, il les connaissait et savait donc comment les respecter. Aucune surprise du coup à voir que son métrage est, bien entendu, un film policier, où il se met lui-même en scène dans le rôle d’un détective privé.
Et mine de rien, pour une unique réalisation, il n’y a rien de déshonorant dans son métrage. Mais il n’y a également rien d’exceptionnel pour le différencier des nombreux, très nombreux films qui sortaient durant ces années-là. C’est propre, sans fausses notes, jamais ennuyeux, bien rodé, mais trop classique et passe-partout, là où un Kurosawa commençait à marquer ses films d’un style unique, et là où Miike dynamitait souvent tout ça d’idées folles qui firent sa réputation durant un temps. Ici donc, notre détective, Kisu Shiro, il va se lancer dans une enquête après la découverte d’une VHS (ah, douce époque révolue) montrant le viol d’une jeune femme qu’il connaissait à l’époque du lycée. Pour le rôle de la jeune femme, Aikawa aura été cherché Asa Kumiko, dont c’est à priori le premier rôle, surnommée Angel (amusant, notre héros portant un nom de famille signifiant Blanc… bref). En tout cas, Aikawa a eu l’œil, la jeune femme trouvant des rôles plus grands et marqués par la suite, dans Ring 0 par exemple, ou chez Kurosawa justement dans Kaïro (où Aikawa tient un minuscule rôle). Le reste du casting n’est pas en reste, mais on notera surtout la participation de Fujiwara Norika, que tous les hommes de mauvais goût connaissent pour China Strike Force de Stanley Tong, le film du « bon » goût ultime avec Coolio et Mark Dacascos (et Aaron Kwok). Pour le reste, Bad Guy Beach ne ment pas sur la marchandise et nous donne exactement ce qu’il nous promettait.
Un polar donc, avec enquête, filatures, indices, femmes fatales, un briquet en forme de pistolet, et Aikawa Shô et ses lunettes qui ont comme souvent la classe. Sans oublier énormément de scènes tournées sur la plage, ce qui en soit, a dû aider le tournage, nécessitant moins d’éclairage, de décors, et donc amenant un gain de temps non négligeable quand tout est serré et que l’on veut que le film a malgré tout de la gueule. Visuellement, comme déjà énoncé, c’est à l’image du reste du film, c’est propre, sans génie, mais ça fait le boulot, le montage reste fluide et quelques plans malgré tout sont bien trouvés. Rien de renversant, mais jamais rien de honteux. On pourra trouver par contre dommage que même si le film n’est jamais ennuyeux, l’histoire se traine parfois un poil en longueur dans quelques scènes faisant un peu plus office de remplissage que d’éléments importants pour l’intrigue. Sauf si vous considérez que voir Aikawa aller acheter une planche de surf, puis faire des pompes et enfin se lamenter sur le bord de la plage avec sa planche est important. Ça ne l’est pas, même si ça nous fait nous sentir plus proche de son personnage. Mais moins proche de son enquête par contre. Pour l’amateur en tout cas, Bad Guy Beach est clairement une curiosité, et surtout une rareté intéressante, qui ne laissera pas un grand souvenir, mais qui divertira pendant 1h30

Les plus
La seule mise en scène d’Aikawa
Du V-Cinéma carré et rodé
Un bon casting
Quelques petites idées et plans surnagent
Les moins
Mais un polar passe partout et peu marquant
Des petites longueurs
En bref : Bad Guy Beach est la seule mise en scène d’Aikawa Shô, et s’il ne marquera assurément pas les esprits, le métrage reste un honnête petit polar de V-Cinéma.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ The only film directed by Aikawa ♥ Some good V-Cinema ♥ A good cast ♥ A few nice ideas and shots |
⊗ A thriller like any other at the time ⊗ A few pacing issues |
| Bad Guy Beach is the only film directed by Aikawa Shô, and if there’s nothing to be remembered really, the film remains a nice thriller. | |


















