Titre Original : Return to Silent Hill
2026 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h46
Réalisation : Christophe Gans
Musique : Yamaoka Akira
Scénario : Christophe Gans, William Josef Shneider et Sandra Vo-Anh
Avec Jeremy Irvine, Hannah Emily Anderson, Robert Strange, Ljiljana Velimirov, Giulia Pelagatti, Evie Templeton, Pearse Egan et Eve Macklin
Synopsis : Lorsqu’il reçoit une mystérieuse lettre de Mary, son amour perdu, James est attiré vers Silent Hill, une ville autrefois familière, aujourd’hui engloutie par les ténèbres. En partant à sa recherche, James affronte des créatures monstrueuses et découvre une vérité terrifiante qui le poussera aux limites de la folie.
Silent Hill, c’est aussi compliqué en jeu vidéo qu’au cinéma. En jeu, on aura eu les quatre premiers très bons jeux réalisés par la Team Silent, avant la dissolution de l’équipe par Konami et le passage de la licence vers des studios occidentaux, puis la mort pendant plus de 10 ans de la franchise, avant un retour inespéré et inégal récemment, entre ratage (Towfall), déception (The Short Message), bancal mais bon (Silent Hill f) et remake prenant (Silent Hill 2). Au cinéma, il y a eu le premier film signé Christophe Gans en 2006. Un film bon, parfois très bon, prenant parfois des libertés, ayant ses défauts, certains gros, mais fait avec le cœur, et qui réussi donc, en plus d’être visuellement splendide. Puis on a eu sa suite, Silent Hill Revelation, que l’on préférera tous oublier. Puis plus rien pendant quasi 15 ans, avant que Christophe Gans ne revienne pour livrer Return to Silent Hill. Et au départ tous les signaux étaient au vert. Gans revient, il adapte le second jeu culte, Yamaoka est présent à la musique. Puis rapidement, tous les signaux passent au rouge. On n’entend plus parler du projet, le premier teaser est affreux, le premier trailer laisse dubitatif, le casting semble bancal, et le budget annoncé fait peur, puisque le nouveau film n’a coûté que 23 millions. Le premier opus, qui pouvait au moins se targuer d’être visuellement très beau, en avait coûté 50 millions à l’époque, donc imaginez avec l’inflation… Finalement début 2026, le film débarque. Les critiques presse sont désastreuses, les premiers avis Américains le sont tout autant, et finalement, j’ai vu le film, et oui, ce n’est pas bon, parvenant à la fois à être une mauvaise adaptation et un mauvais film. Ce dernier point est sans doute son plus grand pêché car justement, si Silent Hill prenait des libertés en 2006, et avait un final moins bon que le reste, il restait un bon film tout court. Retour à Silent Hill lui échoue à ça aussi. Alors, Gans nous explique que la production fut compliquée, le budget serré, qu’il a dû faire beaucoup de concessions, que pas mal de scènes furent coupées. Certes. Mais ça n’excuse pas tout.
Car si certains soucis sont excusables, d’autres le sont moins. Bon, parlons peu, parlons bien. Retour à Silent Hill, si on le prend comme une adaptation du jeu Silent Hill 2, est une catastrophe, et pourtant, ceux qui me suivent le savent, mon point de vue avec la fidélité à une œuvre est très ouvert. J’aime les libertés prises par Kubrick sur Shining, par Lynch sur Dune, sur le final de The Mist par Darabont. Il faut adapter, s’approprier, mais garder le cœur du récit. Mais là Gans livre bien plus son interprétation (souvent boiteuse) du jeu qu’une adaptation. Parfois il s’en éloigne tellement qu’on dirait même plus que son film est inspiré par Silent Hill 2, tant il en change la narration (normal pour une adaptation), certains éléments visuels, certains personnages, certaines scènes clés, et aussi le fond même de l’histoire. S’approprier c’est bien, mais lorsque l’on s’attaque à de l’horreur psychologique, limite de la psychanalyse du personnage principal, changer le fond et donc la signification des choses, c’est bien, mais dans ce cas, il faut changer également les détails allant avec ce fond. Gans reprend des ennemis, des lieus clés, des personnages, le fameux Pyramide Head évidemment, mais en changeant littéralement le fond de l’histoire, il leur retire toute substance, toute explication rationnelle, et donc toute utilité dans son récit. Il suffit de voir ce qu’il fait d’Eddie (une scène seulement, et basta, pas de finalité, pas d’arc narratif, il ne sert à rien), de Maria (aucune tension sexuelle, aucun développement réel, aucune utilité en réalité), ou même du moment clé de l’intrigue, moment déchirant du final, qui… est totalement différent et donc change littéralement le personnage principal. Pourtant il y a aussi un peu de bon. L’envie de développer et donc de montrer la relation qu’avait James et Mary de son vivant, c’est très bien par exemple, une bonne idée pour encrer leur relation de manière réaliste et impliquer le spectateur émotionnellement. Mais c’est peu, trop peu.
Mais Retour à Silent Hill échoue surtout en tant que film tout court. 1h46 seulement au compteur, et pourtant, que c’est chaotique, autant visuellement, qu’en termes de montage, de rythme. Le casting déjà, il n’est pas parfait. Jeremy Irvine ne convient pas vraiment pour le rôle, tandis qu’Hannah Emily Anderson, qui récupère donc plusieurs rôles, est un cas complexe, puisqu’en Maria, on a l’impression de voir un mauvais cosplay (mauvaise perruque à l’appui), mais qu’en Mary, jamais on ne croit vraiment en sa relation avec James. Visuellement, il y a à boire et à manger. En fait, Gans s’en sort le mieux lorsqu’il fait dans la redite de son premier métrage. L’arrivée dans la ville, la traversée de la forêt et les premières déambulations dans les rues, filmées avec une caméra calme et des plans filmés au drone, ça fonctionne, ça pose son ambiance. Mais pour le reste, c’est plus brouillon, et le film se laisse même aller plusieurs fois aux jumpscares faciles. Pour les scènes de poursuite et d’horreur, Gans se laisse tenter à la caméra à l’épaule, et en soit, pourquoi pas, mais là c’est la faute aux menaces qu’on n’y croit pas. Les monstres, quand ils sont en CGI, sont douteux (les CGI sont peu glorieux, et il y en a pas mal), et même lorsque les effets sont pratiques, on a sans cesse une impression de film fauché. Il suffit de voir le premier ennemi, déjà présent dans le premier film, qui était réussi, mais qui ici, semble être juste une cascadeuse portant un costume en soit dont on remarque les plis à chaque mouvement. Alors oui, le budget était bas, mais dans ce cas, il aurait fallut jouer sur l’obscurité pour rendre les effets crédibles.
Gans essaye pourtant. Quelques plans sont bien trouvés, quelques mouvements de caméra sont agréables, le travail du directeur de la photographie Pablo Rosso (les 4 Rec, Venus) est parfois très beau (parfois moins), et Yamaoka Akira revient encore pour la musique, et en soit, ce qu’il livre, entre thèmes connus et nouvelles compositions, n’est pas déshonorant, loin de là. Mais le film se heurte à un autre souci, à savoir son rythme, entaché par des choix de narrations hasardeux. Car il faut en parler, mais en réécrivant le lore de Silent Hill 2, Gans ajoute encore une secte dans son intrigue. Choix totalement inutile et n’ayant rien à faire là, certes, mais qui alourdit en plus l’ensemble. Nous montrer la vie de James et Mary en flashback, c’était également une bonne idée, sauf qu’en casant des flashbacks à intervalles réguliers, et souvent à l’arrivée dans un nouveau lieu, le film casse encore son rythme et plonge le spectateur dans une narration ultra répétitive, en plus de ne pas passionner, vu qu’on ne croit pas vraiment en cette relation. Et en plus d’avoir simplifié voire changé des éléments, sans doute pour faire tenir le jeu dans un film de moins de deux heures, Gans, en plus de nous mettre au moins 20 bonnes minutes de flashback, ajoute sa secte, mais aussi un personnage de psychiatre (hommage à Silent Hill Shattered Memories ?) pour quelques discussions peu passionnantes. Ce qui devait être une plongée en enfer, dans un monde de culpabilité, de douleur, de cauchemars, devient en réalité un film trop bavard, trop explicatif tout en étant trop simplifié, et qui casse son rythme à intervalle régulier en nous ramenant dans un monde plus réel, et moins attrayant. Un beau gâchis, et la première grosse déception de 2026.

Les plus
Une belle photographie souvent
La musique de Yamaoka
L’arrivée en ville
Les moins
Un rythme bancal
Des CGI très moches
Un film qui fait très cheap
Des personnages qui disparaissent sans prévenir
En tant qu’adaptation, un désastre complet
La secte, mais pourquoi ?
Des choix de montage qui étonnent
En bref : Retour à Silent Hill n’est pas loin d’être une catastrophe, et honnêtement, on n’est pas bien loin de la qualité de Silent Hill Revelation. Comme adaptation de Silent Hill 2, c’est à en pleurer. Comme film d’horreur, c’est trop bancal, bavard, répétitif et pas toujours joli pour convaincre. Déception.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ The cinematography can be nice at times ♥ Yamaoka’s atmospheric score ♥ The arrival in town |
⊗ The pacing is not good ⊗ Ugly CGIs ⊗ The film looks cheap ⊗ Some characters simply disappear ⊗ As an adaptation, it’s a disaster ⊗ The sect, why? ⊗ Some odd choices in the editing |
| Return to Silent Hill is not far from being totally bad, and honestly, it’s not far from Silent Hill Revelation. As an adaptation of Silent Hill 2, you want to cry. As a horror film, it’s too talkative, repetitive, and not always pretty to look at. Disappointment, really. | |






















