Dead Island 2 (2023 – Action- Playstation 5)

DEAD ISLAND 2

Sortie : 21 Avril 2023
Genre : Sacrée arlésienne
Studio : Dambuster Studios
Éditeur : Deep Silver
Joué et testé sur : Playstation 5
Existe sur : Playstation 4 et 5, PC, Xbox Series, Xbox One

Synopsis : L’intrigue se déroule dans les rues de Los Angeles, en Californie, où l’épidémie de zombies, partie de Banoi, est arrivée. La ville est placée en quarantaine par le gouvernement américain et l’armée intervient pour aider les civils à évacuer la zone. Le joueur incarne alors un survivant possédant une immunité naturelle au virus. Celui-ci tente de sauver ses alliés de fortune et de rejoindre un mystérieux médecin souhaitant créer un vaccin à partir de son hémoglobine.

Vous voulez rire un coup ? Fin 2014, j’avais fait l’acquisition d’une Playstation 4 en vue de me faire deux jeux dès leurs sorties, le premier étant Until Dawn, et le second Dead Island 2, qui fut annoncé cette année là avec un trailer en CGI fort amusant. Car Dead Island, le premier jeu signé Techland en 2011, c’était certes limité et répétitif, mais c’était aussi fun, et buter du zombies dans un monde ouvert tropical, c’était vraiment cool. Même sa première suite, faisant plus office d’extension de luxe, Dead Island Riptide, en 2013, c’était sympathique. Moins bon car plus ou moins la même chose, mais sympathique. Entre temps, Techland a quitté le projet et se focalisa sur l’excellent Dying Light, qui ajoutait du parkour à l’habituelle formule. Le studio Yager Devlopment fut alors embauché par Deep Silver, l’éditeur, pour le projet. Mais dès 2015, le bordel commença, les studios se sont enchainés, avec Summo Digital, puis finalement Dambuster. Mais pendant des années, le silence, si bien que plus personne n’attendait un Dead Island 2. Et en soit, ce n’était pas très grave, puisqu’entre Dying Light qui a occupé les joueurs de nombreuses heures et Dead Rising 4 (décevant, mais pas mauvais non plus), les amateurs de zombies avaient de quoi faire, sans compter les jeux plus narratifs et linéaires, comme les remakes des Resident Evil. Mais en 2022, miracle, le jeu refait surface, est annoncé, tout cela se déroulera à Los Angeles (alors oui, techniquement ce n’est pas une île) ça sortira en Avril 2023 sur tous les supports existants. Enfin, sauf sur la Nintendo Switch, mais bon, vu ses capacités… Mais entre son développement chaotique qui aura demandé donc quasiment 10 ans et la sortie dans le même genre du très décevant Dying Light 2, la hype n’était, de mon côté, plus du tout là. Heureusement, les promotions sur les jeux sont souvent là pour me rappeler leur existence et pour leur donner une chance. Trois ans après, j’ai donc tâté du Dead Island 2. Et contre toute attente, c’était fort sympathique. Avec son développement, j’ai même envie de dire que Dead Island 2 n’avait pas le droit d’être aussi fun et bien finalisé.

Car oui, Dead Island 2 est finalisé, sans gros bugs majeurs, il est plutôt beau graphiquement, et il fait, en plus, quelques choix qui l’éloignent des modes actuelles pour se focaliser sur l’essentiel. Bon, on ne change pas une équipe qui gagne, Dead Island 2 se déroule donc en vue FPS, dans un Los Angeles ravagé et envahit par les zombies, où le joueur va incarner le personnage de son choix parmi plusieurs proposés afin de démembrer tout ce qui se trouve sur sa route et essayer de fuir, dans une intrigue sentant bon la série B à tendance Z, en se servant de tout ce qui se trouve sur sa route pour améliorer ses armes, ou du moins, les customiser, en y rajoutant des effets d’électricité, d’acide, de feu. Un programme donc qui a fait des merveilles par le passé sous la houlette de Techland, et que le studio Dumbaster maitrise au final plutôt bien, malgré quelques écueils. Après une petite cinématique qui donne clairement le ton très second degré de l’intrigue, et notre personnage choisit, nous voilà à déambuler autour des décombres d’un avion, et comme tout début de jeu du genre, nous sommes faibles. Nos armes sont basiques, mais on apprend rapidement les rudiments du jeu, attaquer, parer, les attaques puissantes, changer d’arme, lancer son arme à la gueule d’un ennemi, se soigner, bref, ce que l’on fait déjà dans 90% du jeu. Puis tout se met en place et nous somme dans la première vraie zone du jeu, Bel Air, sans le prince. Et un des premiers points qui frappe donc, c’est la finition du projet. C’est souvent beau sans être renversant, c’est ultra fluide, sans baisse de framerate, et en prime, le jeu incorpore un système de démembrements bien gore et du coup totalement satisfaisant, qui va s’améliorer au fur et à mesure de notre montée en niveau, de nos armes trouvées, et de nos améliorations. Réussir à parer un ennemi avant de lui planter sauvagement notre machette plusieurs fois dans le cou jusqu’à le décapiter, c’est le genre de petit plaisir qui fait le quotidien d’un joueur de Dead Island 2. Second point qui frappe, c’est la structure même du récit. Là où Techland avait choisit pour Dying Light 1 et 2 un gigantesque monde ouvert découpé en deux grandes cartes où le joueur va librement, le jeu fait ici un choix bien différent, et au final salvateur.

Pas donc de gigantesque carte où le joueur va déambuler pendant des heures quitte à oublier totalement ce qu’il était venu faire dans le coin au départ, Dead Island 2 nous présente environ 10 cartes, de taille beaucoup plus restreintes, représentant chacune un quartier iconique de Los Angeles, avec Bel Air, Santa Monica, Beverly Hills, Hollywood Boulevard. Très différent des ambitions du studio Yager qui avait débuté le jeu, et qui lui, souhaitant un monde énorme avec plusieurs villes (Los Angeles, San Francisco), mais finalement, à l’heure où l’on bouffe des mondes ouverts vides et répétitifs, ce choix fait ici du bien. Les cartes sont grandes mais pas trop (certaines sont même minuscules, dont la dernière, ultra décevante, constituée uniquement d’une petite rue et d’un labo, super), et elles ne sont pas blindées de secrets et autres contenus annexes. En réalité, Dead Island 2 est, dans les faits, presque un jeu linéaire nous donnant des cartes assez grandes pour pouvoir s’amuser un peu en cours de route et expérimenter nos nouvelles armes dans de nouveaux environnements. On explore donc surtout les différentes maps en suivant l’intrigue, en passant par quelques niveaux presque obligatoires dans le genre et dont on se serait ceci dit bien passé en 2023, comme la traversée des égouts pour rejoindre une nouvelle zone (comme dans le premier Dead Island tiens). Et sans être une reproduction exacte de Los Angeles et de ses quartiers (oui, j’y ai vadrouillé durant quelques mois à une époque donc je connais bien), l’atmosphère générale fonctionne. Et l’histoire donc, car après tout, je viens de vous dire que l’on suivait assez souvent l’intrigue ? Elle est clairement dans la lignée du premier jeu, jamais vraiment sérieuse, très clichée, jamais vraiment surprenante (ahlala, un virus, un labo, des méchants très méchants), avec le retour d’un personnage du premier jeu, et tout plein de personnages secondaires volontairement clichés et ridicules. Car qui dit Los Angeles dit cinéma, et donc Hollywood, et oui, nous visiterons des studios de cinéma pour un peu plus de variétés et d’humour avec ses fausses affiches, faux films, des PNJ qui sont acteurs, figurants ou cascadeurs, et c’est souvent hyper amusant.

Dead Island 2 ne fait de toute façon jamais dans la subtilité, et jamais dans le sérieux, les dialogues sont souvent vulgaires et bas du front, et c’est en réalité tout ce qu’on lui demandait. Nous croiserons après tout bien une militaire qui nous demandera de surveiller l’arrière de sa base, car elle déteste les surprises par la porte de derrière… Subtilité je vous dis. Mais comme le tout se déroule dans un univers certes, ultra gore, mais bon enfant, ça passe nickel. On s’amuse avec le jeu. Qu’importe si les surprises sont peu nombreuses dans l’intrigue en général, ça suffit amplement pour boucler le jeu en faisant la quasi intégralité des quêtes secondaires présentes sur une durée d’environ 20 ou 25 heures. Oui, pour un monde ouvert, c’est vraiment dans la fourchette basse, et on remercie en réalité les développeurs pour ça. Dying Light 2 et sa map immense (et ses bugs énormes) ont prouvé déjà les limites du concept. Même si l’on regrette du coup forcément le manque de liberté verticale dans Dead Island 2 comparé à la saga de Techland, mais Los Angeles n’étant de toute façon pas vraiment une ville très verticale, logique. Parlons un peu maintenant de l’intérêt du jeu, à savoir donc, les zombies et le gameplay face à eux. Les zombies, si l’on finit forcément par défoncer pas mal de jumeaux, sont néanmoins assez variés, autant dans leur look que dans leurs « compétences ». Il y a les classiques zombies lents, les coureurs, les gros qui jettent de l’acide, ceux qui sont conducteurs (électricité, tout ça), ceux qui explosent à notre contact, sans oublier quelques fantaisies comme ceux ayant des lames à la place des bras, et des boss.

C’est en général assez complet, même si j’aurais deux petites remarques à faire. La première, ce sont les ennemis qui sont immunisés contre un élément. Rien de neuf dans le monde du jeu vidéo, on s’y fait. Sauf que dans Dead Island 2 cela devient rapidement énervant, puisque si l’on attaque avec machette électrique un ennemi immunisé contre l’électricité, le joueur fait tout simplement 0 de dégâts. Que les dégâts électriques soient annulés, c’est logique, mais une machette, c’est aussi une lame bien coupante, et ces dégâts-là, ceux de base, devraient tout de même fonctionner. Et bien non, pas ici, si bien que face à ce genre d’ennemis, il faudra alors reculer, ouvrir la roue des armes et s’équiper d’autre chose. Ça ne semble être rien dit comme ça, mais quand sur la fin du jeu, on enchaine ce genre d’ennemis, dont parfois assez rapidement des ennemis immunisés contre l’acide, puis l’électricité, on rage. L’autre point concerne les boss. Ils sont peu nombreux oui, les musiques de combats de boss sont tout simplement géniales et punchy, mais… mais les combats en eux-mêmes sont rarement intéressants, très punitifs, et on rage à force de les recommencer, en espérant la prochaine fois avoir le temps de rapidement les défoncer assez pour augmenter notre barre de coup spécial et pouvoir le déclencher et avec de la chance, achever le boss au plus vite. Ces deux éléments sont pour moi en réalité les deux gros défauts majeurs du titre, mais avouez que quelques boss et ennemis sur un jeu de 25 heures, ce n’est pas si mal comme verdict.

Mais bon, parlons un peu pour finir du gameplay pur et dur. Les armes donc, destructibles, que l’on pourra réparer, améliorer, et customiser, rien de bien neuf, tout était déjà là dans le jeu original. La roue des armes est identique, et encore comme dans le jeu original, nous aurons quelques armes à feu (bien puissantes) et des armes à lancer. Heureusement pour ces armes-là, nous n’en aurons pas 150 en stock, mais juste assez pour nous sortir de quelques situations et faire de beaux dégâts avec un cocktail molotov bien placé par exemple. Pour le reste, le joueur pourra forcément courir, sauter, sauter par-dessus des portails, et avec les bonnes compétences, glisser au sol ou faire un coup de pied sauté vers l’ennemi. Mieux, avec la compétence adéquate, on fera un double coup de pied sauté dans la face d’un zombie qui va alors s’enflammer. Jouissif. Mais les compétences fonctionnent différemment du premier jeu, et du genre en général. Pas d’arbre de compétence que l’on améliorera au fur et à mesure des niveaux, non, mais un système de carte assez bancal, puisqu’on ne pourra en équiper qu’un nombre très limité. Si bien que parfois, à l’exception de quelques rares compétences vraiment utiles, on n’y fera même pas attention. Une déception à ce niveau aussi. Surtout qu’à part de très rares compétences, tous les personnages que l’on peut jouer récupérerons les mêmes cartes, et donc, auront les mêmes compétences, ce qui rend le choix de personnage un peu inutile, à l’exception donc de quelques compétences de bases (plus de vie, d’endurance), qui ne changent pas vraiment grand-chose. Autant l’aspect customisation des armes est poussé, autant celui du personnage est donc vide.

Mais là aussi en fait, vu son développement compliqué et le peu d’attentes réelles pour lui, on peut dire que ce défaut est loin d’être vraiment handicapant, il ne retire aucun plaisir de jeu, et Dead Island 2 est donc assurément une bonne pioche, qui en jouant certes la sécurité et le second degré, mais surtout en jouant sur son côté restreint (petites zones ouvertes, pas de contenu annexe partout, jeu qui se boucle en 20h) de son univers et de ses mécaniques, ne tire jamais sur la corde et se savoure de manière plaisante du début à la fin. Le studio serait d’ailleurs en train de travailler sur un Dead Island 3. Reste à voir l’endroit qu’ils choisiront pour mettre ce nouvel univers, sachant que les îles, c’est fait, et maintenant, la grande ville ensoleillée aussi. Un Dead Island 3 en montagne, si possible en corrigeant les quelques défauts présents, et je suis preneur, mais bon, on ne va pas trop espérer, à ce rythme, on aura peut-être un Dead Island 3 dans 8 ans et avec 3 changements de développeurs. Dead Island 2 lui en tout cas est fun. Limité et forcément un peu répétitif, et donc, mieux savouré avec des parties courtes et espacées, mais vraiment fun à parcourir. Et c’est amplement suffisant.

Les plus

Plutôt beau
L’ambiance de Los Angeles bien reconstituée
Les armes
Le système de démembrements
Les musiques de boss
Le côté vulgaire et série Z assumé
Des zones ouvertes simples et petites
Pas de contenu annexe en pagaille

Les moins

Le système de cartes à équiper, raté
Les combats de boss, nuls
Les ennemis immunisés

En bref : Dead Island 2 est une belle surprise vu son développement. Fun, parfois jouissif, court, beau, un défouloir qui fait du bien malgré ses limites et quelques systèmes ratés et un choix de personnage au final inutile.

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