Titre Original : How to Make a Killing
2026 – Etats Unis
Genre : Comédie / Suspense
Durée : 1h45
Réalisation : John Patton Ford
Musique : Emile Mosseri
Scénario : John Patton Ford
Avec Glenn Powell, Margaret Qualley, Jessica Henwick, Adrian Lukis, Nell Williams, Ed Harris, Raff Law, Bill Camp, Zach Woods, Topher Grace et Bianca Amato
Synopsis : Becket Redfellow n’a qu’une obsession : se venger de la famille richissime qui a renié sa mère, coupable d’être tombée enceinte trop jeune… et surtout d’un homme beaucoup trop fauché pour eux ! À la mort de sa mère, Becket décide d’exécuter son souhait : récupérer l’héritage qu’il estime lui revenir. Le problème ? Sept membres de la famille se dressent entre lui et cette fortune. Qu’à cela ne tienne : pour mener à bien son projet, Becket est prêt à les éliminer un par un… jusqu’au dernier.
Glenn Powell n’a vraiment pas de bol. Beau gosse propulsé en avant après un rôle pourtant assez secondaire dans Top Gun Maverick, il avait encore tout à prouver. Et si, au départ, le succès surprise d’Anyone But You (Tout Sauf Toi) aux côtés de Sydney Sweeney, puis la suite / reboot Twisters semblaient confirmer la place que la star pouvait avoir au cinéma, la suite fut malheureusement pour lui plus douloureuse. En 2025, il y avait Running Man d’Edgar Wright. Une adaptation de Stephen King ambitieuse, pas mauvaise, mais hautement décevante, que la Paramount avait tout de même validé pour un budget monstrueux et incompréhensible de 110 millions de dollars. Le retour sur investissement fut inexistant, le film ne ramenant à travers le monde que 69 malheureux millions, donc 37 aux Etats Unis. Le nouveau film de Glenn Powell, actuellement dans les salles, partait avec un avantage certains, à savoir qu’il n’avait coûté que 15 millions. Tout en, ironiquement, trouvant dans ses grandes lignes un point commun avec le fameux Running Man, puisque dans les deux cas, Glenn Powell a besoin d’argent, veut de l’argent, et les morts vont finir par s’empiler. Mais là où Running Man voulait être une chasse à l’homme à travers le pays dans un futur dystopique, How to Make a Killing, renommé L’Ultime Héritier chez nous, a des ambitions beaucoup moins folles. Plus terre-à-terre dans le fond aussi. Becket est issue d’une famille riche, sauf que sa mère a été reniée. Cependant, il touchera bel et bien un héritage familial de la part de son grand-père qu’il n’a jamais rencontré. Bonne nouvelle, sauf qu’avant de passer à la caisse, il y a sept autres héritiers devant lui. Becket va donc se lancer, au départ un peu par hasard, puis par envie, puis plus par accident, dans un petit jeu de massacre histoire de toucher le pactole.
Contrairement à Running Man et son futur sombre, L’Ultime Héritier joue donc tout simplement dans la cour du film plus actuel, et lorgne vers la comédie noire. Est-ce que ça marche ? Oui, dans le fond, j’aurais passé un très bon moment devant le métrage, tout en me disant qu’avec quelques ajustements dans l’écriture, pour une approche constante thématiquement parlant tout du long de l’aventure, ça aurait pu, voir dû être beaucoup mieux. Alors, analysons ça, tout en ne révélant pas les cartes que le métrage veut absolument jouer, peu importe que ça fonctionne, ou pas. Le métrage, d’entrée de jeu, et c’est presque annoncé par le personnage qui raconte son histoire à un prêtre, et donc, par extension, aux spectateurs, mais l’histoire sera aussi invraisemblable que tragique. Le côté invraisemblable, évidemment, ce sera tout ce qui sera traité sur le ton de la comédie noire. Quand au côté tragique, ça lorgnera plus vers le drame et le thriller bien plus classique. Vouloir mélanger les deux, pourquoi pas, surtout que chaque partie a ses grandes qualités. Malheureusement, l’ensemble se fait parfois déséquilibré, comme si chaque partie du récit voulait manger un peu plus de temps d’écran, quitte à parasiter l’autre. En gros, toute la première partie du récit, avec les premiers meurtres commis, le passé du personnage, tout ça, ce sera clairement de la pure comédie noire, et ça fonctionne, entre personnages perchés, de l’ironie mordante, des acteurs qui se font plaisir en cabotinant (Zach Woods et Topher Grace, par exemple), et même un comique de répétition qui va amener le FBI dans l’intrigue, même si au final, ils seront totalement inutiles. Ce côté comédie noire parfois jouissif, il s’absentera alors pour la seconde partie du récit, pour ne revenir que lors du final. Le côté plus classique, plus tragique, forcément, il concernera les gros enjeux de l’histoire avec le grand-père (impérial Ed Harris comme toujours), mais surtout la femme fatale du récit, Margaret Qualley, bien que finalement bien trop souvent en retrait pour pleinement fonctionner.
Elle ne semble en réalité débarquer dans le récit que pour remettre un peu d’huile dans le moteur, pour relancer l’intrigue, ou amener de nouveaux soucis. L’on pourrait dire que Margaret Qualley fait ce qu’elle a toujours fait à l’écran, mais après Honey Don’t chez Ethan Coen, c’est en réalité un soulagement de la revoir dans un bon film. Surtout que malgré quelques ratés, sa carrière a malgré tout de la gueule, ayant tournée pour Shane Black, Quentin Tarantino, Coralie Fargeat, Ethan Coen, Yorgos Lanthimos, mais on la retrouvera aussi cette année chez Ridley Scott. Mais pour revenir sur le film du jour, le souci ici, c’est que malgré des pistes intéressantes, la partie plus sérieuse du récit, voulant jouer sur les twists, les enjeux dramatiques avec la famille, mais aussi le couple, retire quasiment tout l’humour du métrage, lui retire de son mordant. Au point que L’Ultime Héritier finalement est presque un film hybride, changeant de ton au gré des actes de son récit, et malgré des bonnes choses dans les deux domaines, c’est un peu dommage, car finalement, marier les deux auraient pu, par exemple, faire rire de choses horribles. Mais rien qui ne fasse du film un ratage, loin de là. Bancal très certainement, plus prévisible dans sa seconde partie, mais un agréable petit moment qui fait le job qu’on lui demande. Dommage donc pour Glenn Powell, qui se donne toujours à fond, que le succès ne soit pas au rendez-vous, le film n’ayant amassé pour le moment que 13 millions dans le monde. La prochaine sera peut-être la bonne.

Les plus
Des moments assez tordants
Une première partie sous forme de comédie noire
Le casting appliqué qui se fait plaisir
Même dans la partie dramatique, quelques bonnes idées
Les moins
Dommage que l’humour s’éclipse de la seconde partie
Plus ça avance, plus ça devient prévisible
La dernière partie, assez convenue
En bref : L’Ultime Héritier est un sympathique divertissant, débordant d’énergie, et avec une première partie qui fait mouche et a du mordant. Dommage qu’elle laisse ensuite place à une partie plus convenue, pas inintéressante, mais plus balisée.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Some very funny moments ♥ The first part, as a black comedy ♥ The cast is having a lot of fun ♥ Even in the more dramatic and tragic part, some nice ideas |
⊗ Too bad the humour slowly fades away ⊗ Becomes quickly predictable ⊗ The last part, expected |
| How to Make a Killing is a nice and entertaining movie, full of energy, with a really nice and fun first part. Too bad it slowly fades away to be replaced by something more predictable, a bit less interesting. | |


















