THE GREAT CHASE (華麗なる追跡) de Suzuki Norifumi (1975)

THE GREAT CHASE

Titre Original : 華麗なる追跡
1975 – Japon
Genre : Action
Durée : 1h23
Réalisation : Suzuki Norifumi
Musique : Yagi Masao
Scénario : Kakefuda Masahiro et Kaneko Takeo

Avec Shihomi Etsuko, Gô Eiji, Yasuoka Rikiyo, Amatsu Bin, Tanaka Hisako, Fumiake Mach, Ishibashi Masashi, Numata Yôichi, Yamamoto Shôhei, Omori Fujika et Yuri Tôru

Synopsis : Shinobu, jeune et belle, est l’une des rares femmes à faire partie des pilotes de Formule 1 du Japon. Douée et futée, elle est également espionne et travaille pour le compte des services secrets du pays. Sa nouvelle mission, sans doute la plus grosse affaire de toute sa vie : démanteler un syndicat international de la drogue.

Oui, on ne va pas se mentir, le cinéma d’exploitation Japonais des années 70 a vu des milliers de titres sortir, tournés à la chaine, et présentant tous un peu le même programme. Mais lorsque l’on regarde bien, c’était un peu la même chose à Hong Kong lorsque certains genres explosaient (combien de Girls with Guns en seulement une poignée d’année après le succès d’Angel ?), sans parler de l’Italie (qui a touchée à chaque genre populaire durant les années 70 et 80), ou plus récemment de la Corée et ses polars. Dans les années 70 au Japon, on pouvait compter sur chaque studio pour lancer ses représentants, ses sagas devenues cultes aujourd’hui, ou parfois oubliées. La Femme Scorpion et sa saga qui ne voulait pas mourir alors que techniquement, seuls les quatre premiers comptent Kaji Meiko dans le rôle-titre, Delinquent Girl Boss et ses 4 opus racontant un peu la même chose avec quelques ajustements, les Terrifying Girls High School, bref, les sagas ne manquent pas, les succès amènent des suites. Si la saga de La Femme Scorpion est devenue culte et a eu les honneurs d’une sortie HD, ce n’est malheureusement pas le cas pour les autres sagas mentionnées. Et encore moins pour les quelques films qui se sont limitées à un seul essai, un seul métrage. Le film du jour est clairement dans cette vague, datant de 1975, réalisé par un réalisateur habitué du genre et autres pinku de l’époque, et présentant en gros ce que la Toei produisant déjà à l’époque dans d’autres films. De la baston, un peu de violence, un peu d’érotisme, un cachet bien de son époque, une chanson, des femmes fortes, et le tour est joué. Dans The Great Chase, notre héroïne principale est championne de Formule 1, en plus d’être une espionne et de devoir ce coup-ci démanteler un réseau de drogue, rien que ça.

Et ce bien beau festival, on le droit donc à Suzuki Norifumi, déjà auteur les années précédentes de School of the Holy Beast, Sex & Fury, sans oublier Terrifying Girls’ High School: Lynch Law Classroom. Autant dire que dans le genre, il s’y connait un minimum, et ça se ressent, car si le programme proposé par le film n’a rien de nouveau, l’amateur en aura pour son argent avec un film bourré d’énergie, de twists, de bastons et d’une cool attitude avec des femmes fortes qui n’hésitent pas à botter le cul à des hommes. En gros, tout ce que l’on demande au genre. Evidemment, pour donner plus de rebondissements et un peu plus d’épaisseur à cette intrigue simple et allant à 100 à l’heure, on rajoutera du catch féminin et de la nudité pour satisfaire le public masculin, et une vengeance personnelle pour l’héroïne pour rendre les enjeux plus dramatiques. Pour coller au genre et à l’époque, quelques tortures s’invitent aussi dans le récit, ainsi que quelques sévices sexuels. Malheureusement, ces moments sont parmi les plus ratés du métrage, un peu comme si le réalisateur avait tenté d’innover un peu pour se différencier des autres, et était du coup parti dans une direction étrange, avec ce politicien portant un costume d’ours pour abuser de jeunes femmes. Heureusement cela reste rare, et ce n’est pas plus mal, cela permet à The Great Chase d’être plus un petit métrage d’action qu’un pur film d’exploitation pur jus. Néanmoins, évidemment, il faudra fermer les yeux sur quelques éléments typiques de son époque, sur des combats nombreux mais pas toujours parfaits, mais également sur une super espionne pas toujours crédible, comme lorsqu’elle sera déguisée en homme pour suivre sa cible et s’infiltrer dans un bâtiment. Oui, la crédibilité n’est pas présente dans ces moments-là. Heureusement, l’amateur du genre, ce n’est pas ce qu’il est venu chercher ici. Il est uniquement venu chercher de la baston, des femmes bad-ass et une cool attitude constante. Et tout ça, il l’aura. Pour le meilleur, et pour le pire.

Pour le meilleur car The Great Chase est un film extrêmement généreux, extrêmement rythmé, en plus de ne durer que 1h23. De plus, le casting est convaincant, la mise en scène dans la norme de l’époque, pas dégueulasse du tout, et donc le métrage cristallise en si peu de temps tous les tics et spécificités de l’époque (oui, dont les zoom très rapides sur les yeux, si distinctifs des années 70). Sans oublier un très long final explosif. Mais aussi pour le pire, car son aspect cool avec son héroïne surpuissante donne dans les faits un laisser-passer au scénario pour nous faire accepter n’importe quelle situation. Seule et acculée face à pas mal d’ennemis ? Pas de soucis, elle se cache au plafond en une seconde. Les vêtements transpercés sur ce même plafond par des couteaux lancés par ses assaillants ? Pas de souci, la magie du hors champ, et paf, il ne reste que les vêtements d’accrochés, et une minuscule plaque au plafond manquera à l’appel, nous forçant à accepter que Shinobu, notre héroïne, est en fait un shinobi (vous captez, Shinobu, shinobi, oui je sors…). Mais si vous ajourez un ton résolument cool par-dessus tout ça, des méchants très méchants qui veulent trafiquer pour un milliard de dollars (ça fait beaucoup de drogue), et même la présence de méchantes nonnes adeptes du fouet, et d’un bouquet de fleurs explosif, et vous avez un programme bancal mais irrésistible pour l’amateur du genre. Un film ayant un regain d’intérêt récemment, comme le prouve la sortie en Blu-Ray aux Etats Unis. Pas le meilleur du genre, mais un bien bon moment.

Les plus

Shihomi Etsuko, pétillante
Un rythme qui ne faiblit jamais
Tout ce qu’on attend du genre
Action, méchants trafiquants, espionnage, catch et même des nonnes tueuses

Les moins

Les moments coquins, étranges et ratés
Des éléments gros qu’il faut accepter

En bref : The Great Chase, bien que bancal et ne sachant pas quoi faire de tous les éléments du genre, est un très honnête film, ultra rythmé et généreux en action en tout genre, avec en prime un final explosif et Shihomi Etsuko, charismatique au possible.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Shihomi Etsuko full of energy
♥ The pacing is crazy
♥ Everything you can expect from the genre
♥ Action, bad men dealing, spies, catch and killing nuns
⊗ The naughty moments are a bit weird
⊗ You’ll have to accept some larger than life moments
The Great Chase is not perfect and doesn’t always know what to do with all the elements from the genre, but it remains an honest entertaining movie, generous in action and with an explosive finale. Shihomi Etsuko is full of charisma and energy.

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