Titre Original : Ludo
2015 – Inde
Genre : Horreur
Durée : 1h28
Réalisation : Q et Nikon
Musique : Neel Adhikari
Scénario : Q et Nikon
Avec Kamalika Banerjee, Joyraj Bhattacharya, Soumendra Bhattacharya, Ananya Biswas, Ranodeep Bose, Murari Mukherjee, Rituparna Sen et Subholina Sen
Synopsis : Deux couples cherchant un endroit pour passer la nuit, faire la fête, se bourrer la gueule et s’envoyer en l’air se retrouvent dans un centre commercial après sa fermeture. Pas de chance, deux créatures surnaturelles rodent sur place.
Si le cinéma Indien, ce n’est pas la tasse de thé de tout le monde, et on peut le comprendre, entre la durée souvent excessive et inutile, des CGI peu glorieux et des héros souvent peu intéressants car tous surhommes (et moustachus non ?), Ludo m’a attiré. Il faut dire, l’Inde n’est pas le pays le plus connu pour son cinéma horrifique, alors quand en plus, ça n’atteint même pas 1h30, j’avais toutes les raisons du monde d’être curieux et de voir ce que leur industrie pourrait bien offrir dans le domaine, en sachant que chez eux, la violence, il n’y a aucun souci, mais, et le gore alors ? Et la nudité, on n’en parle même pas. Bon, pas de bol, Ludo, c’était vraiment pas bon. Ça ne danse pas, ça ne chante pas, c’est en effet court, il n’y a pas de CGI, bref sur le papier, tout était bon, sauf qu’entre ces quelques éléments absents du film et le résultat final, il y a malgré tout un assez grand fossé. Si bien qu’il est difficile de savoir par où commencer. Ludo donc, au départ, c’est un jeu de plateau. En faire un film horrifique ? Pourquoi pas on dira. L’histoire. Deux couples, jeunes, insouciants, et du coup dont les priorités dans la vie sont de se bourrer la gueule et de tenter de s’envoyer en l’air décide de passer la nuit ensembles. Après un petit tour en ville, en boite, puis dans un hôtel où ils ne peuvent pas rester, les voilà dans un centre commercial, après sa fermeture. Tout pourrait aller pour le mieux, si dans le centre commercial ne résidaient pas deux personnes âgées, en réalité des créatures maudites assez proches des vampires. Pas plus mauvais qu’ailleurs pour un film de genre, le tout dans un lieu clôt toujours sympathique depuis Zombie. Mais le premier souci, c’est que cette petite base faisant office en réalité de pitch, qui normalement, serait l’introduction dans n’importe quel film, est ici tout simplement la moitié du métrage. 40 minutes oui.
Ludo donc dans un premier temps se retrouve avec un souci de narration, de rythme. Avoir une introduction de 40 minutes dans un film de 1h28, avec au final des personnages qui ne sont que des banals personnages de slasher, en 2015, ça le fait moyen. C’est déjà un gros souci, auquel on pourrait rajouter une technique, pas forcément mauvaise, mais de mauvais goût. Effets de styles constants, caméra embarquée, musique de djeuns comme on dit tout le temps. Ludo essaye de se la jouer film hystérique, comme pour coller à l’ivresse de la jeunesse, de ces personnages, sauf que… sauf que tout cela est bien vite épuisant et semble totalement artificiel. Ceci dit, quitte à parler du côté hystérique du montage et de la musique, mention spéciale au générique de fin, qui fait penser pour le coup à du Gaspar Noé, et qui m’aura plu… ou alors car le film était enfin terminé et était donc de meilleure humeur. Car oui, si les 40 premières minutes sont longues et peu palpitantes, il faut savoir que la seconde partie, donc enfin axée sur l’horreur, n’est pas meilleure. Pas pire au moins, déjà ça. Car oui, Ludo a bien quelques effets gore de plutôt bonne facture au sein de son récit, et tant mieux, ça réveille. Œil arraché, éventration, corps mangés, bref, bon appétit. On aurait d’ailleurs aimé que ça dure parfois un peu plus longtemps, car les mises à morts sont finalement rares et assez courtes. Car Ludo, une fois qu’il a enfin terminé son introduction, et donc, met sur le devant de la scène à la fois ses deux créatures principales et le jeu en question, au cœur du récit de manière fort étrange, plonge dans l’horreur, MAIS le fait là aussi de manière étrange. Puisqu’au lieu de faire ce qu’on attend de lui, genre, un survival dans un centre commercial, le film change radicalement.
La partie survival sera au final hyper courte, quelques petites minutes, le casting masculin y passant en deux ou trois mouvements, et le casting féminin se faisant alors capturé. Que reste-il alors ? Alors, on pourrait se douter que le scénario tenterait d’expliquer un peu le passé de ses antagonistes, d’expliquer la menace, d’expliquer aussi ce jeu maudit qui semble avoir une volonté propre. Mais était-il utile que ce passé soit raconté par un flashback se terminant littéralement 4 secondes avant la fin et durant bien 20 ou 25 minutes ? Surtout qu’au final, le scénario, il a des idées, ça c’est sûr, mais dans la pratique et l’écriture même, c’est une catastrophe qui rend souvent les événements incompréhensibles. D’où vient le jeu enfermé au départ dans un coffre ? Pourquoi le père de nos futurs vampires se donne la mort ? Qui est ce troisième personnage important qui débarque si tardivement et pourquoi fait-il ce qu’il fait ? Pourquoi, comment, pourquoi conclure le film ainsi ? Non, c’est un gros bordel, peu aidé donc par le montage qui ne veut jamais se poser et passe donc d’un élément à un autre. Et on ressort de Ludo avec cette désagréable sensation d’avoir été pris pour un con… ou d’avoir vu un long clip vidéo de quasi 1h30, des images raccordées les unes aux autres. Un peu comme si les réalisateurs, car ils sont deux, avaient fait leur film au jour le jour en espérant avoir un résultat satisfaisant à la fin. Plot twist : ça ne l’est pas du tout !

Les plus
Les effets gore sont sympas
Dans le fond, en fouinant, il y a des idées
Les moins
Une introduction faisant la moitié du film
Un montage hystérique constant
Des personnages de slasher
La partie horrifique, bancale, longuette
On ne comprend pas toujours grand-chose
En bref : Quand l’Inde fait de l’horreur, ça donne Ludo. C’est certes plus court, moins coloré et moins poseur que d’habitude, mais c’est bancal, parfois incompréhensible, souvent vain et gratuit, en plus finalement d’être long, alors que c’est si court.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ The special effects are nice ♥ Ideas, if you search deep |
⊗ The introduction takes half the runtime ⊗ The crazy editing is constant and exhausting ⊗ Characters from a slasher flick ⊗ The horror part, long ⊗ You don’t always understand a thing |
| When India does horror, it gives us Ludo. It’s short yes, less colorful that usual, but bad, hard to understand, gratuitous and in the end, even if it’s short, it feels long. | |


















