SOUDAIN LES MONSTRES (The Food of the Gods) de Bert I. Gordon (1976)

SOUDAIN LES MONSTRES

Titre Original : The Food of the Gods
1976 – Etats Unis
Genre : Horreur
Durée : 1h28
Réalisation : Bert I. Gordon
Musique : Elliot Kaplan
Scénario : Bert I. Gordon d’après H.G. Wells

Avec Marjoe Gortner, Pamela Franklin, Ralph Meeker, Jon Cypher, Ida Lupino, John McLiam, Belinda Balaski, Tom Stovall, Chuck Courtney et Reg Tunnicliffe

Synopsis : Morgan, un joueur de football professionnel et son ami Davis ont décidé de passer quelques jours de détente sur une île canadienne quasiment déserte. Rapidement, Davis disparaît mystérieusement. Morgan décide alors d’examiner les alentours et se fait attaquer par un poulet géant. S’étant sorti difficilement des ergots acérés du gigantesque volatile, notre héros fait la connaissance d’une fermière des environs qui lui fait une bien étrange révélation. En effet, la terre de l’île recèle une étrange matière oléagineuse (« la nourriture des dieux ») qui, mélangée aux aliments, a la particularité de faire grandir tout animal qui l’absorbe. Morgan, comprenant vite que l’île est infestée de bêtes aux proportions inimaginables va tenter, en compagnie des autochtones, touristes et autres financiers peu scrupuleux désirant exploiter la substance extraite du sol, de survivre aux assauts des bestioles affamées devenues très agressives.

Dans le cinéma des années 60 et 70, il y a plusieurs actrices que j’apprécie particulièrement, et dont je tente, de temps en temps, de continuer à explorer les filmographies. Il y a Lynne Frederick par exemple (Phase IV, les 4 de l’Apocalypse), et il y a Pamela Franklin. Sa carrière malheureusement, elle y mit un terme dès 1981, la terminant avec sa participation à pas mal de séries télévisées. Tristesse donc pour celle que j’avais découvert enfant seulement dans Les Innocents (1961), mais surtout dans La Maison des Damnés de John Hough (1973) et And Soon the Darkness de Robert Fuest (1970). Par chance, je suis donc tombé plutôt par hasard sur son tout dernier film pour le cinéma, datant de 1976, The Food of the Gods, renommé chez nous Soudain… les Monstres. Un film qui n’a pas une grande réputation (4.7/10 sur imdb), mais dont l’équipe rendait un minimum curieux, puisque tout cela est adapté (librement) de H.G. Wells, et que si Pamela Franklin a bien le premier rôle féminin, le premier rôle masculin est tenu par Marjoe Gortner, et quiconque connait un minimum le monsieur et son background est forcément curieux. Surtout que sa carrière, finalement assez courte, regorge de morceaux bis de choix, d’American Ninja 3 au génial Starcrash de Luigi Cozzi. Le scénario et la mise en scène tombent entre les mains de Bert I. Gordon (qui nous a récemment quitté, en Mars 2023), habitué à filmer du cinéma de genre et des créatures de tailles anormales depuis les années 50, que ce soit des dinosaures (Le Roi des Dinosaures en 1955), des araignées (Earth vs the Spider en 1958), et même des fourmis (Empire of the Ants en 1977). Il avait déjà travaillé d’ailleurs avec Pamela Franklin en 1972 en signant Necromancy. Et au final, ça va. The Food of the Gods n’était pas la catastrophe annoncée. C’était juste un peu cheap, et donc souvent plus amusant que terrifiant dans sa manière de dépeindre son invasion d’animaux géants.

Car oui, Bert I. Gordon, il ne fait pas les choses à moitié, pourquoi se contenter de rendre géant certains animaux, quand le principe du film est une nourriture qui, mixée à un élément trouvé dans la terre, permet de rendre géant toutes les créatures d’une île ? Du coup, un festival, on aura des abeilles géantes, des poulets géants, des rats géants, et pour ça, il utilise un peu toutes les techniques possibles à l’écran, peu importe si parfois, ça fait sourire. Des maquettes rudimentaires et des rats de taille normale, des incrustations pas toujours heureuses, des animatroniques (ou des poupées vainement agitées). On aura même droit à des vers géants. Et comme on peut aisément s’en douter avec une telle production, surtout en 1976, le résultat final oscille entre l’étonnement plutôt efficace et réaliste, et le ridicule qui en deviendrait touchant tant on sent que l’équipe y croyait et n’a pas reculé devant les possibles contraintes devant eux. Le métrage est même un plutôt bon représentant au final de ces films, typique des années 70 (et qui continueront par la suite), où le cinéma de genre était le moteur pour des fables écologistes, venant nous prévenir du danger que représente, par exemple, les changements climatiques, les pesticides. La folie des hommes donc qui énerve dame nature, qui se venge en retour. Alors, soyons honnête, le métrage a des gros défauts, mais aussi des qualités. D’entrée de jeu, forcément, quand le métrage essaye de nous vendre Marjoe Gortner en footballeur professionnel, on rigole doucement. Mais cela rajoute un gros côté bis au métrage. Mais en contrepartie, si on a du mal au départ à y croire, il faut avouer que le métrage a plusieurs atouts dans sa poche, avant même que l’on ne parle de l’attraction principale du film. Sa durée déjà, concise, moins d’une heure et demi, joue en sa faveur pour rester efficace, et justement, dans sa recherche d’efficacité, The Food of the Gods ne cherche jamais à mentir sur la marchandise.

On nous vend un film avec des animaux géants et un produit étrange qui les fait grossir ? Pas de souci, en 10 minutes au compteur, le métrage a déjà posé son concept, posé les bases également de son fond, de comment tout cela fonctionne, et a déjà un mort au compteur, ainsi que la présentation d’abeilles géantes (ça passe) et de poulets géants (déjà bien moins convaincant). Le métrage pourrait alors se calmer, pour présenter longuement ses personnages, son concept, étirer tout ça surtout pour économiser du budget, mais non. Il ne faut que 10 minutes de plus au métrage pour présenter deux nouvelles créatures, avec des vers géants (et gluants) et une attaque de rats géants, avec même une pointe de gore (bras et jambes coupées). On appelle ça de l’efficacité, et surtout, de la générosité, et de l’honnêteté face au public, en lui donnant d’entrée de jeu ce qu’il est venu chercher. Ça n’annule absolument pas ses défauts évidents, entre son héros peu crédible, son message écologique qui peut faire sourire par son absence de nuance, ou tout simplement par son côté « campy », exagéré, qui en devient du coup hautement divertissant. Inutile également de préciser que Pamela Franklin y est, comme à son habitude, magnétique (ah ce regard). Pour le reste, rien de franchement surprenant, le film reprenant les bases de ce genre de métrage, avec les héros acculés qui doivent se réfugier dans un endroit clos et survivre en se débarrassant de la menace extérieur, et ce jusqu’au final indiquant une possible suite, sans oublier en cours de route quelques morts violentes et une romance entre nos deux héros, et vous avez là un modèle de film qui malgré ses gros défauts et son manque de finesse, reste incroyablement divertissant, et surtout, amusant en toute circonstance. A tel point que vu son final, l’absence de suite m’attriste.

Les plus

Un pur B movie écologique de son époque
Le charme des années 70
Un film qui ne perd pas de temps
Pamela Franklin
Des attaques animales variées

Les moins

Quelques effets bien ratés
Une fable écologique ultra prévisible et clichée
Ça a un gros côté « campy ». Attachant mais exagéré

En bref : Soudain… les monstres, ou The Food of the Gods en version originale, est un récit écologique avec pas mal d’animaux géants, dans la mouvance des films d’horreur écologiques des années 70. Pas parfait, un peu vieillot, ça a néanmoins un charme indéniable et sa générosité fait passer un bon moment.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A pure B movie from its time
♥ The charm of the 70s
♥ It doesn’t waste any time
♥ Pamela Franklin
♥ Various animal attacks
⊗ Some bad effects
⊗ The ecological story is predictable and cliché
⊗ It’s so campy
The Food of the Gods is an ecological tale with a lot of giant animals, like many others from the 70s. Not perfect, a bit old, but with a lot of charm, and pretty generous.

2 réflexions sur « SOUDAIN LES MONSTRES (The Food of the Gods) de Bert I. Gordon (1976) »

  1. Isa Lupino et Ralph Meeker au générique ! Le film ne se contente pas de grossir des bébêtes, il recycle de vieux monstres d’ Hollywood !

    Tout ça me dit vaguement quelque chose. J’ai dut voir ça à la télé ou en VHS louée au vidéo club.

    1. Oh un prince sauvage ! Dis toi que je passe souvent sur ton blog, mais à chaque fois, soit tu parles d’un film dont mes souvenirs sont trop lointains donc je n’ose rejoindre le débat, soit d’un film que je n’ai pas (encore) vu. Sauf, enfin, ton dernier article, que je m’apprête à commenter, car évidemment, j’ai vu le Spielberg au cinéma.
      Bref, ce SOUDAIN LES MONSTRES, je pense qu’il a dû faire les joies lors des diffusions tv à l’époque, sans doute sur M6. Découverte vraiment tardive pour ma part, attiré par le casting, mais plus jeune (même si maintenant, plus si jeune…) Jamais grandiose, parfois moqué, mais je trouve ça divertissant et honnête. Généreux en tout cas avec des bouts de ficelles.

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