Titre Original : Witchboard
2024 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h53
Réalisation : Chuck Russell
Musique : Sam Ewing
Scénario : Chuck Russell et Greg McKay
Avec Madison Iseman, Aaron Dominguez, Mel Jarnson, Charlie Tahan, Antonia Desplat, Jamie Campbell Bower, David La Haye, Victoria Grosselfuenger et Jamal Azémar
Synopsis :Emily, son fiancé Christian et un groupe d’amis ouvrent un café bio en réaménageant une vieille maison dans le quartier français de la Nouvelle-Orléans. Emily découvre une ancienne planche d’ouija, utilisée autrefois pour convoquer les esprits…
Witchboard, quasiment tout le monde l’a oublié aujourd’hui, ou du moins peu de gens en avait de toute façon entendu parler dès le départ, mais c’était une saga. Une trilogie pour être exact. Et je ne vais pas mentir, en réalité, je n’en avais jamais entendu parler avant aujourd’hui. Pourtant, les deux premiers opus de 1986 et 1993 n’ont pas mauvaise réputation, et sont réalisés par Kevin Tenney (qui scénarise aussi). Le premier Witchboard était son premier film, et si son nom vous dit quelque chose, c’est sans doute car vous connaissez la saga Night of the Demons, qu’il a lancé en 1988. Le reste de sa courte carrière est plutôt anecdotique par contre, entre des Pinocchio’s Revenge et Arrival 2. En 1995, l’équipe changeait pour Witchboard 3, même si Tenney restait comme coscénariste, et les avis furent déjà plus mitigés. La saga Canadienne s’éteint alors, tout naturellement. Sauf que comme de nos jours, la mode est aux suites, remakes, reboots, legacyquel et compagnie, c’était une question de temps avant que quelques producteurs ne se lancent dans l’aventure. Tourné au Canada comme les opus originaux, mais avec un budget que l’on devine bien plus confortable, ce Witchboard version 2024 a immédiatement quelques atouts dans sa poche, qui en fait une curiosité pour l’amateur. Et ce même si le métrage, tourné en 2023, présenté en festival en 2024 puis sorti en Amérique en 2025, aura demandé un an de plus pour être bazardé récemment en VOD en France. Oui, on a des films moyens et discutables au cinéma comme Le Sifflet et Retour à Silent Hill, mais Witchboard lui, est bazardé ni vu ni connu sans pub. Alors que le casting a de quoi attirer un minimum avec Madison Iseman dans le rôle principal, pas forcément une star, mais un visage connu pour les récents Jumanji, et niveau horreur, pour sa participation à la série Souviens-toi l’été Dernier, et aux films Nocturne et Annabelle 3.
Et puis surtout, Witchboard est réalisé par Chuck Russell, réalisateur de Freddy 3, Le Blob, The Mask et L’Effaceur, rien que ça. Certes on n’avait plus entendu parler de lui récemment, mais il vient apporter une caution prestige à la mise en image du film, une caution de film pensé pour le cinéma. Et c’est bien là la première qualité du métrage. Celle d’avoir de la gueule visuellement, de proposer des plans travaillés, des idées de mise en scène. La seconde qualité, c’est clairement qu’avec Russell aux commandes comme réalisateur et coscénariste, Witchboard respire le bis à l’ancienne, avec son gore, ses sorcières dansant en forêt autour du feu, ses chats du diable (pauvres bêtes), et ses adorateurs du malin qui n’hésitent pas à faire des soirées pleines de vice et de nudité. Tout ce qu’on aime. Et en prime, Witchbord mine de rien n’est jamais désagréable à suivre, même si certaines de ses idées ou rebondissements sont bien stupides (l’ouverture du restaurant). Mais à l’inverse d’autres sont bienvenues et même plutôt originales. Le film durant un peu plus de 1h50 permet au scénario de développer un minimum ses personnages, son lore, de varier les situations, et c’est du coup un réel plaisir de suivre l’aventure, pas inoubliable, mais fun avant toute chose. Une chose que le cinéma horrifique Américain actuel a souvent tendance à oublier en voulant se prendre bien trop au sérieux. L’opposé de Witchboard, qui accepte son concept bancal, sa mythologie de sorcières qui coupent des mains et dansent nues autour du feu, et de l’ancêtre de la planche de ouija qui va forcément apporter le malheur aux personnages principaux, notamment Emily (Madison Iseman, très convaincante d’ailleurs) et Christian (Aaron Dominguez), en couple et qui veulent ouvrir un restaurant à la Nouvelle Orléans. On n’échappe pas à certains clichés actuels du genre, avec cette héroïne ancienne droguée dont son entourage va douter de la santé mentale, mais qu’importe.
Car Witchboard est généreux, et quand il se lâche dans l’horreur, il le fait bien et avec amour pour le genre, malgré quelques giclées de sang en CGI (pas honteuses, mais néanmoins voyantes pour l’œil averti). Son rythme est parfaitement géré, et entre ses meurtres, ses quelques twists que je ne révélerais pas, et sa sorcière qui a une revanche à prendre, il a des choses à faire et pas franchement le temps pour se poser bien longtemps, même si ça ne l’empêche pas de livrer par moment quelques scènes d’ambiances réussies, à quelques jumpscares près, mais loin d’être autant putassiers que ce que l’on trouve habituellement dans le genre. Non, Witchboard aurait bien plus mérité une sortie cinéma que d’autres films horrifiques du début d’année ou de l’année dernière, mais il faut croire que son gros flop dans son pays d’origine ainsi que les rares autres pays l’ayant accueillis durant l’été 2025 sur grand écran (la Russie, les Philippines, Taiwan) aura directement scellé son destin dans le reste du monde, débarquant en Angleterre et en France directement en VOD. L’Italie et l’Allemagne auront le bon goût d’une édition physique et on les remerciera pour ça. Une édition basique certes, mais solide techniquement, et c’est ce qu’on lui demande, si l’absence de sous-titres ne vous dérange pas. Du coup, Chuck Russell ne reviendra pas pour un éventuel Witchboard 2 que le final voulait teaser, dommage.

Les plus
Du bon bis à l’ancienne
Une mise en scène solide qui tente des choses
Parfois bien sanglant
Bourré d’idées, certaines surprenantes
Les moins
D’autres idées un brin ridicules
Les CGI inégaux
En bref : Ce remake ou reboot de Witchboard signé Chuck Russell, passé inaperçu, est pourtant une petite série B solide, à la fois sérieuse techniquement et généreuse dans son contenu. On passe un bon petit moment fun.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Old fashioned B movie ♥ The director tried things with style ♥ Sometimes bloody ♥ It has many ideas, some original… |
⊗ … And some ideas are just stupid ⊗ The CGI are not all good |
| This remake or reboot of Witchboard, directed by Chuck Russell, was a flop, is unknown, but still, it’s a good B movie, serious technically, generous in its content. A fun time. | |






















