Titre Original : Between Worlds
2018 – Etats Unis
Genre : Thriller
Durée : 1h30
Réalisation : Maria Pulera
Musique : Jason Solowsky et Angelo Badalamenti
Scénario : Maria Pulera
Avec Nicolas Cage, Franka Potente, Penelope Mitchell, Garrett Clayton, Hopper Penn, Lydia Hearst, Nailim Sanchez et Richard Pait
Synopsis : Joe, camionneur dans l’Alabama, brisé par le décès de sa femme Mary et de sa fille Sarah, rencontre Julie. Celle-ci a le don de communiquer avec les morts en étant mise en état de suffocation et va lui demander de l’aider à entrer en connexion avec l’âme de sa fille Billie, dans le coma suite à un accident de moto. Mais, après avoir sauvé Billie, Joe n’avait pas prévu que l’esprit de sa femme disparue allait prendre le contrôle du corps de la jeune fille pour régler ses comptes avec les vivants.
Oui, encore un Nicolas Cage ! On ne s’arrêtera que lorsque j’aurais vu l’intégralité de sa carrière ! Between Worlds, qui fut renommé en France lors de sa commercialisation par Possession, ce qui ne permet absolument pas de la confondre avec tous les films appelés Possession dont le chef d’œuvre d’Andrzej Zulawski, est un film étrange à bien des égards. Il suffit de tomber sur le film en voyant une des pochettes, où Nicolas Cage, habillé en cuir, avec des flammes autour de lui, prend une pose bien bad-ass comme il faut pour penser à un film où l’acteur va défoncer des gens à tour de bras. Ou de lire le synopsis officiel, que je vous ai bien évidemment placé au-dessus, pour croire que l’on va assister à un film d’horreur, synopsis que je vous déconseille de lire si le film vous tente, puisqu’il révèle des points d’intrigue qui ne sont, dans le film, révélés qu’au bout d’une heure, sur 1h30. Et bien entendu, il y a la réputation du film, si l’on regarde sur certains sites, Between Worlds est considéré comme un des pires métrages de Nicolas Cage. Ouais rien que ça. Pire que Ghost Rider ! Forcément, ça a attiré ma curiosité. Et si je dois bien l’avouer, le produit final est loin d’être bon, ce n’est pourtant pas la catastrophe annoncé, mais un film qui pendant quasiment une heure, joue non pas habilement, mais avec un sérieux à toute épreuve sur des thèmes comme le deuil, l’âme, l’amour. Cage joue Joe ! Oui, encore un Joe ! Un camionneur qui tente de survivre comme il peut, qui semble déprimé, puer la bière, et surtout qui ne se remet pas de la mort de sa femme et de sa fille. Il rencontre lors d’une nuit comme les autres une femme, Julie, qui arrive à communiquer avec le monde des morts quand elle est en danger, sur le seuil de la mort justement. Et sa fille, Billie, est dans le coma. Joe accepte de l’aider alors que la situation de Billie se dégrade, et tout va pour le mieux. Billie se réveille de son coma, Joe se rapproche clairement de Julie, une relation débute, malgré les difficultés du quotidien (Joe perd son camion). On a clairement l’impression d’être face à un drame avec des touches de fantastique.
Et même si c’est filmé comme un téléfilm bas de gamme, avec une mise en scène peu inspirée et une photographie lisse au possible, et bien, je n’ai pas détesté ce point de départ. Cage comme souvent est plutôt à fond, tout le long du film, sauf que parfois ça ne marchera pas, mais on y reviendra. Durant la première heure, il est plutôt sobre, rendant son personnage crédible, et autour de lui, c’est un peu la même chose. Quelques événements troublants s’invitent dans le récit, qui mettent rapidement donc la puce à l’oreille Mais voilà, en fait, c’est ça. Si l’on s’arrête à la surface des choses, en effet, Between Worlds est mauvais, voir par moment très mauvais. Techniquement c’est presque catastrophique, pas glorieux, jamais aguicheur. Le scénario, il n’est pas fameux non plus, et la dernière demi-heure vient en plus amener l’ensemble vers un point de non retour qui vient tout casser, et qui fait chuter tout ça dans le over the top risible. Suivant des standards grand public, Between Worlds est très difficile à défendre. Néanmoins, je défendrais certains éléments. Le casting est en soit plutôt bon, investi en tout cas. Le scénario, bancal et pas très bien écrit, a pas mal d’excellentes idées. Le souci, c’est qu’il ne sait pas du tout quoi en faire. Son idée de mélanger doucement les genres, elle est bonne également. On navigue entre le drame, le fantastique, le thriller, voire par moment le thriller érotique. Cette ambition, je la respecte. Elle est là, elle est présente, mais elle est sans doute bien trop grande pour l’équipe, et pour Maria Pulera qui écrit et réalise la bête. Car oui, si durant la première heure, c’est sobre, j’ai réussi à passer outre son côté téléfilm fauché un peu tourné à l’arrache, car Nicolas Cage veut y croire, car il y a des éléments qui pourraient amener du bon.
Puis vint le fameux twist, et le basculement du scénario vers de nouveaux horizons, ceux du mauvais goût, de l’érotisme et du fantastique. Et c’est la chute libre. Le film n’a pas les épaules pour autant d’ambitions, et Cage, s’il reste à fond, et bien, on lui demande de se lâcher, mais ici ça ne fonctionne pas, son personnage jusqu’ici déchiré devient un mec en roue libre qui s’affiche dans des scènes embarrassantes, dont une qui restera clairement en mémoire, par son mauvais goût, et son côté tellement over the top que l’on est obligé de sourire devant. Et je n’en veux pas à Cage pour ça, car clairement, c’est un choix de la part de la réalisatrice de partir dans ces moments là. Sauf que le mélange de genre sans doute voulu par la réalisatrice ne fonctionne pas, et à partir de là, Between Worlds s’écroule littéralement, sa liste de défauts s’allonge, et on comprend alors très facilement pourquoi le grand public n’en retient que les défauts, tant ils s’avèrent dominant. Le pire étant qu’avec un peu de recul, il est même possible que le scénario, de base, n’était pas si mauvais, mais aurait mérité une petite réécriture, ou en tout cas, un peu plus de réflexion sur la manière de mettre ce scénario en image pour éviter que l’ensemble ne tombe dans le ridicule, qui semble assumé dans le fond. Bien triste donc, même si encore une fois, tout n’est pas à jeter.

Les plus
Nicolas Cage, à fond
Le scénario a pleins de petites idées sympathiques
La première heure relativement sérieuse
Les moins
Le scénario ne sait pas quoi faire de ces idées
Le ridicule qui gagne le film dans sa dernière partie
Un cachet téléfilm, techniquement pauvre
En bref : Between Worlds a la réputation d’être un des pires films de Nicolas Cage. Sans aller crier à la catastrophe totale, il est vrai que l’on comprend vite pourquoi, tant le film s’engouffre dans le ridicule et tente de mélanger très maladroitement les genres.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Nicolas Cage as always invested ♥ Many nice ideas on paper ♥ The first hour is serious |
⊗ The script doesn’t know what to do with its ideas ⊗ Ridiculous during the last part ⊗ It looks like a simple TV movie technically |
| For many, Between Worlds is one of Nicolas Cage’s worst film. I won’t say it’s a total disaster, but it’s easy to understand why people think that, as the film goes into ridiculous paths and tries to mix different genres badly. | |


















