DELIRIUM – SENTENCES DE MORT (Le foto di Gioia) de Lamberto Bava (1987)

DELIRIUM – SENTENCES DE MORT

Titre Original : Le foto di Gioia
1987 – Italie
Genre : Giallo
Durée : 1h45
Réalisation : Lamberto Bava
Musique : Simon Boswell
Scénario : Gianfranco Clerici et Daniele Stroppa

Avec Serena Grandi, Vanni Corbellini, Daria Nicolodi, George Eastman, David Brandon, Sabrina Salerno, Karl Zinny, Capucine, Trine Michelsen et Lino Salemme

Synopsis : Gloria, ancien mannequin, dirige un magazine pour hommes, Pussycat, qu’elle a hérité de son défunt mari. Une nuit, un tueur portant une perruque blonde assassine Kim, l’amie de Gloria, avec une fourche devant la maison de Gloria. Mark, son voisin paraplégique, en est témoin et appelle Gloria pour l’alerter, mais celle-ci ne trouve rien à l’extérieur. Le tueur prend des photos du corps de Kim devant les photos de mannequin de Gloria, puis lui envoie les photos, qui sont retrouvées par son assistante, Evelyn. Lorsque le corps de Kim est retrouvé dans une benne à ordures, les exemplaires de Pussycat commencent à se vendre car Kim était en couverture.

Il y a bien quelque chose qu’il faut reconnaître à Lamberto Bava, c’est qu’avec Argento, il aura été l’un des réalisateurs Italiens qui se sera battu jusqu’au bout pour livrer des films de cinéma, alors que dans la seconde moitié des années 80, beaucoup devaient déjà se tourner vers la télévision. Bon, ce sera pour Bava fils de courte durée, puisqu’il sera aussi l’un des premiers a totalement assumer le côté téléfilm de ses productions suivantes, leur donnant, malgré le côté souvent fauché, une petite touche presque touchante et sympathique, même lorsque le film lui laissait à désirer, comme dans par exemple The Ogre, ou Le Masque de Satan. Delirium, appelé à sa sortie en France à l’époque Sentences de Mort, c’est avec son métrage précédent (qui lui fut pensé comme un téléfilm pour finalement devenir un film de cinéma), Midnight Killer, son dernier métrage pour le cinéma. Quoi de plus logique dans le fond de livrer deux gialli pour boucler l’aventure sur grand écran pour Lamberto Bava, lui dont le père avait initié le genre en 1964 avec Six Femmes pour l’Assassin ? Je vous le demande ! Et ce même si dans le genre, Lamberto n’aura jamais eu le talent de Mario. Ce qui n’empêche qu’en 1987, lorsque l’on voit les budgets rachitiques de ses compatriotes, on peut se dire que lui, il a eu de la chance, et que du coup, ses métrages ont visuellement tout de suite beaucoup plus de gueule. Pour cet ultime giallo au cinéma donc, Bava met en avant la star Serena Grandi, ancienne modèle qui est la propriétaire d’un magazine de petits coquins, avec l’aide de son frère et de son amie Evelyn (Daria Nicolodi). Sauf qu’un tueur rôde.

Pour Delirium, Bava s’entoure en tout cas d’une équipe qu’il connait très bien, que ce soit pour les postes techniques les plus importants (le directeur de la photographie), pour les effets spéciaux, mais aussi pour la musique, où il continue sa collaboration avec Simon Boswell après Demons 2. Et tant mieux sur ce point, car je l’admets, Simon Boswell aura souvent signé de très belles partitions pour Lamberto Bava. Devant la caméra, pareil, il s’entoure souvent d’acteurs qu’il connait bien, en plus de donner un rôle important à Daria Nicolodi que l’on ne présente plus, et de donner un rôle de modèle photo au grand George Eastman qui peut de toute façon tout jouer lorsque l’on regarde sa filmographie, où il joue les beaux gosses, les cannibales déments, les tueurs, et parfois, les gros bras amateurs de bras de fer (Atomic Cyborg de Sergio Martino). Tout ça, c’est bien, surtout que Bava l’avoue lui-même, il a eu un planning de tournage inhabituellement long pour une petite production de ce genre, et qu’il a trouvé ça très agréable, lui permettant de s’appliquer. Dans les faits donc, c’est très bien. Dans la forme par contre c’est un peu plus compliqué, puisque Delirium a deux arguments pour se différencier de la centaine (et plus) de giallo produits en Italie depuis maintenant plus de 20 ans. Son premier, c’est d’assumer totalement le côté érotique de son histoire, et le second sera de donner la part belle lors des meurtres au point de vue du tueur… Non pas en jouant sur la classique vue subjective avec le gant tenant une arme devant la caméra, mais vraiment en nous faisant voir ce que le tueur voit, et sa vision du monde est quelque peu différente de la nôtre, surtout en ce qui concerne ses victimes, et donc, les femmes. C’est grotesque, amusant même, et surtout surprenant lorsque sans prévenir, le film se met à jouer sur les filtres de couleurs et à nous montrer la première victime non pas au naturel, mais avec son visage uniquement représenté par un œil géant. Oui ça surprend. Ça a un côté très pictural, mais Bava ne maitrise pas ce langage comme un Michele Soavi par exemple.

Car oui, malgré des idées et sans doute de bonnes intentions, Delirium a du mal à tenir la route sur la durée. Au départ, il surprend, séduit même, et pas seulement pour le physique avantageux de Serena Grandi, se fait propre visuellement, puis surprend, amuse presque, tout en restant attachant, se permettant même quelques hommages bien voyants au grand maître du suspense, avec cet handicapé observant les meurtres depuis chez lui avec sa longue vue (oui, Fenêtre sur Cour), avant que finalement, la sauce arrête de prendre et que le film ne s’enlise tout simplement dans un propos érotique pas si sensuel que ça la plupart du temps, ni choquant, ni rien en fait. L’intrigue se traine un peu en longueur, la vision du tueur devient plutôt un gimmick par la suite qui n’a que pour seul but de tenter de relancer l’intérêt lors des meurtres suivants, mais c’est plus souvent le rire qui l’emporte, plutôt que le malaise que ces visions pourraient apporter. On regrettera d’ailleurs aussi les meurtres, très peu nombreux, les fausses pistes improbables du scénario, ainsi que sa révélation finale, qui dans son genre, ne vaut pas mieux justement que celle de Midnight Killer. C’est donc au final un giallo assez médiocre de plus pour Lamberto Bava, pas dénué de qualités, qui reste une curiosité intéressante pour le fan du genre, mais clairement pas pour un spectateur normal, qui y trouvera un film léger, trop léger, qui préfère déshabiller ses actrices plutôt que de livrer un métrage au scénario bien ficelé et rythmé.

Les plus

Certaines visions surréalistes amusent…
Du beau cast secondaire avec Eastman et Nicolodi
Visuellement ça reste plutôt bien troussé

Les moins

…Mais le but était probablement de déranger, raté
Scénario basique et pas toujours crédible
La révélation finale
Pas beaucoup de meurtres

En bref : Dernier giallo réalisé par Lamberto Bava dans les années 80, Delirium, malgré quelques tentatives pour innover avec son côté sexy et les visions surréalistes du tueur, reste un coup d’épée dans l’eau. Trop sage, trop avare en meurtre, trop incohérent.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Some surreal visions are fun…
♥ Some good secondary cast with Eastman and Nicolodi
♥ Visually, it’s still a film for theaters
⊗ …But it was probably to disturb us, too bad
⊗ The script is basic and not always believable
⊗ The final revelation
⊗ Not many murders
Last giallo directed by Lamberto Bava during the 80s, Delirium, despite a few attempts to deliver something different, sexy, and surreal, is not a great film. Too silly, not many murders, not coherent.

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