Titre Original : Thrash
2026 – Australie / Etats Unis
Genre : Suspense
Durée : 1h26
Réalisation : Tommy Wirkola
Musique : Daniel Futcher et Dominic Lewis
Scénario : Tommy Wirkola
Avec Phoebe Dynevor, Whitney Peak, Djimon Hounsou, Alyla Browne, Stacy Clausen, Dante Ubaldi, Sami Afuni, Tyler Coppin et Adam Dunn
Synopsis : Un ouragan de catégorie 5 dévaste une ville côtière, et la tempête apporte dévastation, chaos et quelque chose de bien plus effrayant : des requins affamés.
Je suis finalement peu connaisseur de la carrière de Tommy Wirkola, puisque l’on m’avait survendu un de ses premiers métrages, Dead Snow, sur lequel je m’étais au final ennuyé. Pas aussi fou que ce que tout le monde disait, trop long à démarrer, trop bancal, trop fauché. Le problème de l’ère d’internet et des superlatifs utilisés par certains quand ils aiment un film, le mettant immédiatement sur un piédestal, et augmentant donc fatalement les attentes, et donc le niveau de qualité attendu. Oui, si bien que depuis, je n’ai jamais osé voir Dead Snow 2, apparemment pourtant pour le coup plus fou et respectant ses promesses initiales, mais que voulez-vous, le blocage après le premier film qui m’aura laissé de marbre, pour rester poli. Néanmoins, j’avais pu voir (et me procurer le Blu-Ray) de son Hansel et Gretel, qui était au final fun, plutôt bien fichu, et donc, de la bonne série B à l’ancienne. Comme quoi parfois, il en faut peu. Mais voilà, dans l’absolu, je ne suis pas fan du cinéma du Norvégien, lui préférant certains de ses confrères comme André Øvredal (The Autopsy of Jane Doe, Troll Hunter) ou encore Roar Uthaug (Cold Prey, The Wave). Tout ça pour en arriver à Thrash, le dernier film du réalisateur, produit par Sony, mais étonnement, débarquant directement sur Netflix en Avril 2026. Peut-être que Sony ne croyait plus assez au film pour lui faire les honneurs d’une sortie. Ce qui était au final bon signe pour Thrash, car Sony récemment, ils sont un peu à la ramasse, étant passé à côté du dernier Sam Raimi qu’ils ne voyaient que comme un film pour catalogue de streaming, et étant plus occupé à détruire des univers (ouais ouais, Venom, Madame Web, tout ça) ou des licences de jeux (oui oui, Uncharted, tout ça). Bon et bien en fait, non, là ils ont plutôt eu du flair pour le coup, car autant Thrash n’est pas un film honteux dans le fond, ni désagréable vu son rythme et sa courte durée n’atteignant même pas 1h30, mais car clairement, on est là face à un banal film reprenant la formule de Crawl, en changeant l’alligator par des requins, mais aussi en supprimant l’efficacité viscérale et le suspense de l’équation.
Ce qui est plutôt dommage, pour un film à suspense. Ici donc, encore un ouragan, une ville qui se retrouve submergée, et une poignée de personnages qui vont devoir survivre à la nature, encore plus que les eaux qui montent amènent des requins marteaux dans l’équation. Au menu ? Une jeune femme enceinte qui se retrouve bloquée dans sa voiture (Phoebe Dynevor), une jeune femme qui a limite peur de sortir de chez elle depuis la mort de ses parents (Whitney Peak), trois enfants qui ont la joie de vivre dans une famille d’accueil détestable et manipulatrice, et au loin, Djimon Hounsou qui va tenter pendant tout le film de rejoindre ce bordel, car sa nièce est dans les personnages déjà cités. Rien de bien neuf au niveau des personnages donc, tout comme des situations, puisque l’on retrouvera les personnages secondaires là juste pour se faire bouffer, dans certaines situations rappelant encore une fois Crawl d’Alexandre Aja, le personnage bloqué avec l’eau qui monte, et une aide qui ne viendra pas, forçant les personnages à revoir leur instinct de survie à la hausse. Le film ne brille pas par son scénario, ni par ses situations, et pour le coup, Tommy Wirkola, qui signe seul le script, n’a pas dû bien se fouler. Là où c’est bien plus problématique en réalité, c’est que toutes ces situations et personnages clichés pourraient malgré tout fonctionner. Crawl n’était par exemple pas non plus un modèle d’écriture. Mais il savait gérer et étirer son suspense. Sauf qu’ici la tension ne prend jamais véritablement, le film se faisant parfois trop sérieux pour son propre bien, et étonnement parfois pas assez sérieux, là aussi pour son propre bien. Ce qui donne des situations prometteuses parfois éclipsées en 4 secondes et demi, et à d’autres moments des situations traitées par-dessus la jambe, avec ce qui semble être un second degré qui aurait presque peur de s’assumer. Ce qui fait que le métrage s’éparpille au niveau du ton, pouvant enchaîner la séquence un brin risible de l’accouchement (avec playlist zen à la clé), pour un moment sans doute censé être un poil dramatique, et la riposte à base de viande et de dynamite de la part des enfants qui s’annonce fun, mais qui au final, reste anecdotique et éclair.
Alors oui, il faut dire aussi que générique inclus, le film ne dure que 1h25, ce qui est peu pour une sortie Netflix dont les génériques de fin sont gonflés par la présence de la liste de doublage dans toutes les langues possibles et imaginables. Et du coup, avec seulement 1h18 au compteur en réalité, il faut aller vite, très vite, enchainer les situations, surtout que le film sépare totalement ses personnages en trois groupes, avec les deux héroïnes d’un côté, les enfants de l’autre, et Djimon Hounsou tentant de les rejoindre au milieu. Ça laisse peu de temps pour faire durer le suspense, pour l’étirer, mais ça laisse aussi peu de temps pour développer les personnages, pour les rendre attachants. Ce que Thrash gagne en rythme, il le perd en substance. Et c’est dommage oui, car tout n’est pas à jeter. Visuellement déjà, si oui le film a été tourné en studio (avec des pièces construites spécialement pour être doucement submergées), et bien ça reste malgré tout plutôt propre et agréable à l’œil. Que ce soit la catastrophe ou les attaques de requins, on sent un mélange entre CGI et effets pratiques qui au final fonctionne plutôt bien, évitant d’en faire des tonnes, et donc, paraissant la plupart du temps plausibles. Même constat pour le casting, si ce qu’on leur demande de jouer n’a rien de profond ou même d’exceptionnel, le casting est compétent et surtout crédible, entre Phoebe Dynevor (découverte pour ma part l’année dernière avec Inheritance de Neil Burger), Whitney Peak ou Djimon Hounsou, c’est solide. Cela rend d’ailleurs les avis sur le film tous légitimes, pour une fois, puisqu’autant Thrash ne propose rien de nouveau et fait même souvent moins bien ce qu’on a déjà vu ailleurs, ce qui en fait une déception et surtout un film totalement dispensable, mais de l’autre côté, il est assez propre et bien fichu pour ne pas non plus l’enterrer comme une vulgaire production Syfy ou Asylum, qui elles n’assurent même pas le quota de divertissement. Une chose est certaine par contre, c’est qu’entre Thrash et Sous la Seine avant, l’avenir du film de requins n’est pas sur Netflix.

Les plus
Visuellement pas dégueulasse
Les requins rendent plutôt bien
Le casting est compétent
Hyper court, et donc, relativement efficace
Les moins
Rien de neuf dans le genre
Aucun suspense
Un second degré rare, et qui tombe à l’eau
Des personnages peu intéressants
En bref : Thrash, le dernier film de Tommy Wirkola, n’est pas une grande réussite, étant trop cliché, trop prévisible, trop sérieux, mais néanmoins efficace.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Visually serious ♥ The sharks are pretty well done ♥ The cast is nice ♥ Very short, and so, quite effective |
⊗ Nothing new for the genre ⊗ No suspense ⊗ It should have been fun, it tries sometimes, and doesn’t work ⊗ Not interesting characters |
| Thrash is not great, too cliché, too predictable, too serious, but it remains effective. | |




















