Titre Original : 小さき勇者たち〜ガメラ〜 – Chiisaki Yūsha-tachi Gamera
2005 – Japon
Genre : Kaiju Eiga
Durée : 1h36
Réalisation : Tasaki Ryuta
Musique : Ueno Yoko
Scénario : Tatsui Yukari
Avec Tomioka Ryô, Kaho, Ishikawa Shingo, Tsuda Kanji, Terajima Susumu, Taguchi Tomorô, Ishimari Kenjirô, Kobayashi Megumi et Motomiya Kenji
Synopsis : Gamera se sacrifie pour sauver les humains lors de son combat contre les Gyaos en 1973. 33 ans plus tard, le jeune Toru trouve un œuf, et une torture en sort. Grandissant rapidement, vouée à devenir Gamera et à sauver l’humanité une nouvelle fois, Toru se lie d’amitié avec la torture qu’il surnomme Toto.
S’il y a bien un film que tout le monde semble oublier, volontairement ou non, dans la saga Gamera, c’est cet opus de 2006. Car les connaisseurs, ils connaissent bien l’origine de la tortue géante, et ils s’arrêtent souvent à la magnifique et sombre trilogie des années 90. Quand aux néophytes, ils savent que la tortue vient d’une lointaine époque, et qu’une trilogie fort appréciée existe. Ce pauvre Gamera the Brave de 2005 lui est oublié. Alors oui, avec son ton lorgnant clairement vers le film familial, il aurait fait tache dans le coffret trilogie sorti récemment en France, mais l’inclure en film bonus aurait été une belle affaire, car au final, ce nouvel opus signé Tasaki Ryuta, bien que j’aurais mis des années à le voir, par peur, justement car personne n’en parle, et bien ce fut fort sympathique. Pas du niveau des métrages des années 90, mais vu qu’il ne cherche jamais à jouer dans la même cour, aucun souci. Un métrage qui nous rappelle que l’on peut faire des films à destination d’un public plus jeune sans forcément prendre ce même public pour un con, et donc, en soignant l’enrobage, et en livrant un film sérieux. Et pour bien mettre le spectateur en confiance, en plus, le film s’ouvre sur une scène dantesque, avec combats, destructions, et Gamera qui se sacrifie littéralement pour éliminer la menace, et sauver les humains. Voilà, fin, on remballe. Non, évidemment, non. Bien des années plus tard, le jeune Toru trouve un œuf et une tortue qu’il va rapidement appeler Toto en sort, grandissant à vitesse grand V, vouée donc à devenir Gamera. Et l’apparition d’un nouveau Gamera indique bien qu’une nouvelle menace est proche, et c’est Watanabe Tetsu (Cold Fish, Godzilla Against MechaGodzilla, Shin Godzilla, Hana-Bi) qui en fera les frais le premier dans une scène qui n’est pas sans rappeler Les Dents de la Mer.
Mais pendant un temps, oui, Gamera the Brave est un film à destination du jeune public, sans jamais faire n’importe quoi ou sans jamais traiter son sujet par-dessus la jambe, loin de là. Toru sympathise avec Toto, le cache à son père, le présente à ses meilleurs amis, et à sa voisine (une jeune Kaho dans son premier rôle au cinéma), malade. Le ton est léger, le film parvient à se faire amusant (le montage en parallèle de la scène de skateboard des enfants pendant que la pauvre petite torture fait elle-même du skate…. Dans une cuisine, dans des casseroles, dans une poêle wok. C’est léger, c’est plaisant, et le film retourne en quelque sorte aux racines de Gamera, lui qui était, au départ, un personnage bien plus léger avant que Kaneko Shûsuke ne livre sa trilogie. Mais ça fonctionne, surtout qu’en quelques années, les effets spéciaux se sont encore améliorés, et que lorsque l’ennemi de Gamera fera enfin surface à la moitié du métrage, celui-ci se lâche en destructions et affrontements, pour le plus grand plaisir des amateurs de Kaiju Eiga, dont je fais partie, et vous aussi si vous me lisez. Il lui manque évidemment le souffle épique des précédents opus, mais il n’a pas à rougir, loin de là. Gamera the Brave s’en sort donc sur quasiment tous les points, sans jamais briller, sans faire de tour de force, mais avec un sérieux salvateur qui rend son amitié entre ce jeune garçon et la torture presque touchante par moment, et les affrontements dantesques. Un tel reboot était-il utile ? Pourquoi pas, même si dans les faits par contre, on peut comprendre que tout cela s’est doucement mis en place lorsque la Kadokawa a racheté la Daiei en 2002, le studio produisant la saga. Et vu que Godzilla allait prendre une pause après le mauvais Godzilla Final Wars, il y avait une place à prendre.
Place que Gamera ne prendra malheureusement pas, retombant quelque peu dans l’oubli, avec le film. Pourtant, oui, les atouts sont là, le film en plus adopte clairement le point de vue des enfants ce qui leur donne de l’épaisseur et aide à les trouver attachant. Bon, on pourrait bien grogner sur le nombre de fois où les enfants gueulent Toto puisqu’ils ont décidé de l’appeler ainsi, alors que merde, c’est Gamera, c’est tout de suite plus classe, mais bon… Auprès du jeune public donc, ce nouvel opus parvient à faire mouche, et pour les adultes, il ne tombe jamais dans la niaiserie ce qui le rend tout à fait divertissant, et avec son lot de maquettes détruites, même si l’on pourrait dire que les scènes d’affrontements manquent parfois un peu de ce souffle épique qui caractérisait la trilogie de Kaneko, mais là aussi, le public visé n’est pas le même, le ton adopté non plus, et le design de Gamera, passant la majeure partie du film dans une version plus petite que d’habitude, va également dans ce sens. Malgré tout, le spectacle, en plus sans doute de manquer un peu d’ampleur, ne peut pas non plus éviter sur la durée une certaine naïveté, comme ce moment où tous les enfants se décident à aider Gamera au péril de leur vie. Oui, j’ai souri. Mais oui, j’ai aimé.

Les plus
Une relation touchante entre les personnages
Un film plus intimiste
Plus léger, mais fait avec sérieux
Techniquement de très bonnes choses
Les moins
Quelques moments un peu trop naïfs
Après la trilogie, ça manque un peu d’ampleur
En bref : Souvent injustement oublié, Gamera the Brave reste un bon Kaiju Eiga, plus léger, pour toute la famille, mais fait sérieusement et avec quelques moments épiques et touchants.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ A touching relationship between the characters ♥ A smaller scale movie, more intimate ♥ Lighter, but made seriously ♥ Technically, some very good things here and there |
⊗ Some parts are a bit too naive ⊗ Yes after the trilogy, it lacks magnitude |
| Gamera the Brave is often forgotten, but remains a good kaiju eiga, lighter, for the family but made seriously with a few strong and touching moments. | |




















