Titre Original : Theta States
2017 – Etats Unis
Genre : Horreur
Durée : 1h35
Réalisation : Manny Serrano
Musique : Michael Ryan Assip, David Catalano et Ramon Inoa
Scénario : Manny Serrano
Avec Thomas Ryan, Erin Brown, Kathryn Lill, Tom Coll, Deana Enoches et Patrick Devaney
Synopsis : Danny est insomniaque depuis longtemps. Il tombe sur une publicité pour la clinique du sommeil Audible Lucid Perceptions, dirigée par le curieux Dr Zovnig, et se rend pour une consultation. Le médecin lui donne un petit appareil audio, qui génère des ondes audio modifiant la fréquence cérébrale, dans le but d’hypnotiser Danny et de le faire entrer dans un état de rêve. Après le premier traitement, Danny est guéri et dort maintenant mieux que jamais. Danny commence à se rendre compte que même s’il est capable de dormir à nouveau, il y a peut-être quelque chose qui ne va pas. Des cauchemars hantent son sommeil, avec des hallucinations récurrentes et des pannes de courant lorsqu’il est éveillé.
Cela faisait longtemps non ? Longtemps que je n’avais pas posé mes yeux sur un métrage avec Erin Brown, anciennement Misty Mundae ! Theta States pourtant, cela faisait des années qu’il me faisait de l’œil, depuis que j’étais tombé sur quelques images de tournage. Et vu que sa première diffusion en festival date de Janvier 2017, oh oui, cela fait longtemps. Mais il aura fallu attendre. Attendre que le film sorte, tout simplement, car que ce soit en digital ou au format physique, il aura fallu attendre 2023 pour que ça sorte aux Etats Unis, et comme j’avais totalement oublié l’existence du film, je ne suis tombé par hasard sur l’édition physique qu’en 2026. Oui, on pourrait parler donc de neuf ans d’attente. Ça valait le coup ? Theta States déjà, c’est une micro production. Son budget est ridicule même s’il est difficile de trouver la moindre indication, son équipe technique extrêmement limitée, son temps de tournage dû être limité, tout comme l’accès à du gros matériel d’éclairage, ou de post-production. Déjà, ça, il faut le savoir, bien évidemment. Et vu que le réalisateur Manny Serrano, il a des courts métrages et quatre longs métrages à son actif, il le sait, et il sait donc un minimum s’en sortir avec ce qu’il a, quitte à multiplier les postes. Ici, il est réalisateur, évidemment, mais aussi scénariste, monteur, directeur de la photographie, et producteur. Et si d’habitude, on dit souvent qu’avec un budget minimal, le mieux est d’aller vers la simplicité, Theta States ne fait pas du tout ça. Et c’est en réalité la première chose qu’il faut vraiment souligner. Pas de banale histoire de tueur en série ou de monstres, pas d’histoires avec de la nudité constante, du sang qui gicle mal fait partout. Theta States essaye de raconter une histoire, et de livrer quelque chose que l’on ne trouve pas forcément habituellement dans ce genre de productions aux micro budgets. Pas toujours de manière habile ou convaincante, mais il le fait, et il fonce sans s’en soucier.
Nous suivons Danny, en couple, travaillant dans un garage, et insomniaque. Cela fait des jours voire plus qu’il ne dort plus, il n’en peut plus. Et un jour, au travail, Kelly (Erin Brown donc) lui parle d’une clinique et d’un docteur. Il n’y fait pas trop attention, sauf que le soir même, à la télévision, voilà qu’il tombe sur une publicité avec le fameux docteur. Il décide donc de se rendre sur place le lendemain, et va commencer son traitement, à base d’ondes audio et d’hypnoses. On lui dit bien que le traitement est expérimental, mais qu’importe, ça fonctionne, Danny dort. Mais en réalité, oui, à quel prix, puisqu’il commence surtout à faire des cauchemars, et que rapidement, ses visions cauchemardesques s’infiltrent aussi dans la réalité. Voilà pour le pitch. Et il faut avouer que pour ce genre de production, c’est à la fois inhabituel et sacrément ambitieux. Alors rassurez-vous, le cul et le sang sont là quand même, chers spectateurs. Mais pour le reste, nous avons un récit mieux construit que beaucoup de petites productions, qui prend son temps, et surtout essaye de poser une petite ambiance. A tel point qu’avant de rentrer dans le bureau du fameux docteur, il se passe bien 25 minutes. Visuellement aussi, Theta States tente des choses. Là où habituellement, on se retrouve souvent avec des dialogues filmés platement dans ce genre de productions, le métrage ici tente de faire des choses différentes. On a presque l’impression d’ailleurs que lors du montage et du tournage, le réalisateur a tenté de reproduire les intentions d’un Tueurs Nés par Oliver Stone, avec cette alternance de couleurs et de noir et blanc, où les émotions des acteurs semblent totalement différentes en fonction des plans, comme si notre héros intériorisait et ne laissait jamais transparaître à sa copine et ses proches ce qu’il voit, ce qu’il ressent. Et ces intentions, scénaristiques et filmiques, elles élèvent déjà le métrage au-dessus du lot de ce genre de métrages. Et quand on fait soi-même des films, et que l’on aime aller dans ce genre d’ambiances, difficile d’en vouloir en métrage de faire des choix que l’on ferait soi-même. Quant à côté, on a donc des visions d’horreur et avec Erin Brown, de la nudité, c’est banco.
Bon évidemment, dès que le film se déroule dans les cauchemars, on a là une imagerie beaucoup plus classique, avec éclairages bleutés soit aux néons, soit avec des LED, des jeux d’ombres, des démons, et des boobs. Malheureusement, tout n’est pas parfait pour autant. Autant dans les petits détails attendus que dans l’ambition même du projet. Car oui, Theta States souffre de défauts inhérents à beaucoup de petites productions. Comme cette caméra qui parfois tremble un peu trop, et nous rappelle que tous ces films sont tournés dans des lieux réels, non en studio, et donc qu’avec les murs, les meubles acteurs, l’éclairage, parfois, il n’y a plus de place pour le pied de caméra. Pareil pour certains plans qui ont du mal à gérer la mise au point dès qu’un personnage bouge un peu trop. Autant dans les scènes de cauchemars, cela semble totalement volontaire, autant lors d’une banale discussion dans un garage ou un restaurant, c’est plus compliqué à justifier. Mais il y a aussi d’autres soucis, que l’on ne peut pas mettre sur le dos du budget. Déjà le film dure 1h35, et avec son rythme lent et ses quelques maladresses, autant on appréciera l’ambition, autant par moment, ça se traine un peu, notamment finalement dans son dernier tier, ce qui est dommage quand c’est le moment où le film doit justement se lâcher et marquer le spectateur. Le final en réalité, c’est même sans doute l’un des moins bons moments du métrage, là où le métrage s’épuise et n’a plus d’énergie. Ses meilleurs moments en réalité, ce sont les cauchemars, les scènes sanglantes, l’atmosphère, les scènes de nudité, et tout ça, c’est surtout au centre du récit. Pas dans son ouverture, assez longue mais utile, ni dans son dénouement, longuet. Son imagerie a beau être classique (éclairage bleuté, plans nébulés, démons aux grandes dents et belles paires de seins), c’est clairement ça qui fonctionne, qui constitue l’attraction principale du métrage. Je ne vais pas tenter de vous faire croire que nous avons là une gemme cachée du genre, non, mais une micro-production qui, bien qu’elle laissera le spectateur « normal » sur le carreau vu son bas budget extrêmement voyant et ses défauts, saura séduire les autres, ou du moins les rendre curieux. Ce qui, dans un monde où les micro-productions se multiplient et voient des opportunistes produire tout et n’importe quoi sans même essayer, c’est déjà très bien.

Les plus
Une micro-production qui essaye
Une histoire sortant de l’ordinaire pour le genre
Les cauchemars, classiques mais prenant
Oui, Erin Brown retire ses vêtements
Les moins
Un bas budget voyant
Des défauts, de mise au point, de stabilité
Ça s’épuise sur la fin
En bref : Theta States tente des choses, visuellement et narrativement, et s’il est évidemment un peu stoppé dans ses ambitions par son budget et ses conditions de tournage, ainsi que sa durée, il parvient au moins à rendre curieux et à divertir ceux qui savent dans quoi ils mettent les pieds.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ A microbudget that is trying hard ♥ An unusual story for the genre ♥ The nightmares, classic but interesting ♥ Yes, Erin Brown removes her clothes |
⊗ But the low budget is obvious at all time ⊗ Flaws, with the camera work, focus, stability ⊗ Near the end, it’s way less convincing |
| Theta States tries a lot, visually and story wise, and if of course it’s often stopped by its big ambition despite the budget and tight schedule, as well as its runtime, it succeeds to be interesting and to entertain the audience, if you know where you get into. | |




















