THE DREADFUL de Natasha Kermani (2026)

THE DREADFUL

Titre Original : The Dreadful
2026 – Angleterre
Genre : Fantastique
Durée : 1h34
Réalisation : Natasha Kermani
Musique : Jamal Green
Scénario : Natasha Kermani

Avec Sophie Turner, Kit Harrington, Marcia Gay Harden, Laurence O’Fuarain, Catherine McDonough, Larry Cedar, Jonathan Howard, Zachary Cohen et Tigerlily Langford

Synopsis : Anne et sa belle-mère Morwen mènent une vie solitaire et rude en marge de la société. Quand un homme de leur passé revient, il va déclencher une série d’événements qui vont constituer un tournant pour Anne.

En 1964, le réalisateur Shindô Kaneto livre Onibaba. Un film qui deviendra culte, et important. Et pas seulement au Japon, Willem Dafoe lui-même avoue être fan du film, et avait même acheté les droits à un moment donné dans l’optique d’en faire un remake, qui ne s’est jamais matérialisé. Car Dafoe étant fan, forcément, il voulait respecter l’œuvre originale, et transposer l’intrigue et les thématiques dans un autre environnement pour une audience plus contemporaine n’était pas une mince affaire. Et en écrivant ces lignes, je réalise que je n’ai pas dû voir Onibaba depuis au moins 25 ans et que mes souvenirs sont assez flous. Et bien même si The Dreadful n’en est pas une adaptation officielle, le public n’a pas été dupe, The Dreadful est un remake. Non-officiel certes. Mais remake, reprenant les grandes lignes et plus de l’intrigue. On aura beau changer quelques détails, ou bien ajouter ou retirer quelques liens entre les personnages, c’est du pareil au même. Et si je ne pourrais point comparer en profondeur les œuvres vu qu’encore une fois, Onibaba est un lointain souvenir (mais un bon souvenir), même sans ça, The Dreadful n’est pas un film exceptionnel, loin de là. Certains auront sans doute de la sympathie pour lui, pour son travail sur son ambiance et sa photographie, ou bien pour le casting, qui met en avant deux acteurs venant de Game of Thrones (Sophie Turner et Kit Harington donc), ou pour Marcia Gay Harden, toujours là pour faire les personnages qu’on aime détester (The Mist). D’ailleurs, c’est souvent un peu le cas. Les avis, presse comme public, sont catastrophiques, mais en général, les quelques avis modérés, bien que négatifs, soulignent ces deux points. Qu’est -ce qui a bien pu mal tourner avec cette minuscule petite production Anglaise ? Difficile de trouver des raisons officielles, puisque l’on ne connait pas le budget du film, rien sur sa production, rien sur le fait que personne dans l’équipe n’ose parler d’Onibaba, rien sur la longue liste d’une vingtaine de producteurs (entre les exécutifs, associés), et que la seule prise de parole de Sophie Turner sur son rôle joue la carte des difficultés de jouer la femme amoureuse de celui qui fut son frère à la télévision. Autant dire qu’on ne pourra donc juger The Dreadful que via le prisme de notre écran, sans jamais aller plus loin ou fouiller les intentions de l’équipe.

Encore une fois de toute façon, scénaristiquement, cela reste la même chose qu’Onibaba, juste mettant plus ou moins en avant les mêmes éléments. Et ce scénario, il est signé par Natasha Kermani, également la réalisatrice du film, et dont tous les films précédents ne sont pas très bien notés, entre Shattered, Imitation Girl, Lucky ou bien Abraham’s Boys. Pour ma part, je sauverais Lucky, qui pouvait au moins compter sur l’énergie et la motivation de son actrice principale, Brea Grant. Pas inoubliable, mais néanmoins sympathique. Ce qui ne sera pas forcément le cas de The Dreadful, car en effet, si l’on retire les quelques éléments souvent cités, comme quelques pistes narratives (issues d’Onibaba donc), le travail visuel sur l’ambiance et le casting, en soit pas si mauvais, le métrage parvient la plupart du temps à laisser de marbre, et surtout, à ennuyer profondément. Alors oui, dans le fond, les thématiques abordées via les différents personnages ne sont pas inintéressantes, avec cette mère prête à tout, presque diabolique, et sa belle-fille, au départ soumise et qui va finalement se libérer de ses chaînes. Pareil pour ce pécheur qui revient de la guerre après avoir déserté. Visuellement, ce n’est pas honteux, avec une photographie plutôt propre, et de très beaux décors naturels filmés en Angleterre. De même, là aussi, dans les faits, le casting n’est pas horrible. Les deux acteurs de Game of Thrones prouvent qu’ils savent jouer, mais que leurs choix de carrière, eux, sont souvent les pires, entre Sophie Turner qui s’est retrouvé en quelque sorte à la tête du dernier film X-Men par la Fox avant qu’il ne soit revendu à Disney et donc totalement oublié, sans oublier son film Thrust l’année dernière, sans doute l’un des pires de l’année, et Kit Harrington dont l’on n’oubliera absolument jamais sa participation à l’immonde Silent Hill Revelation. Mais au-delà de tout ça, The Dreadful échoue. Il n’intéresse jamais son spectateur déjà.

Si bien que malgré sa durée assez concise lorgnant vers les 1h30, le ressenti est plus de 2h30. Aucun suspense, aucune sympathie pour les personnages. De beaux décors oui, une ambiance pas dégueulasse, mais une ambiance qui a beaucoup de mal à nous happer, à nous intéresser pour ce qui se déroule sous nos yeux. Car enchainer les belles images ne suffit pas. Il faut aussi à côté des liens entre ces belles images, quelque chose qui nous accroche. Car ici, tout se déroule si lentement, sans émotions, sans âme presque. On sait très bien, assez rapidement, où tout cela nous amène, que la mère est un peu folle et qu’il faut s’en méfier, que Kit Harrington aimerait remplacer le mari de Sophie Turner et donc être avec elle, mais rien que ça, le métrage met un bon 50 minutes avant d’en arriver à ce stade. Ça s’étire plus que de raisons, en promettant à côté de l’horreur, de la tension, un ou deux meurtres dont un prêtre égorgé, un étrange chevalier dans les bois (oui, du coup, le masque du film original est remplacé par un casque de métal), mais la sauce ne prend absolument jamais. Nous sommes juste témoins d’une succession d’images, certaines très belles, d’autres un peu plus cheap, assemblées, mais qui ne nous parlent pas. Preuve qu’une belle photographie, une technique compétente et des acteurs qui en soit le sont aussi ne suffissent pas du tout à faire un métrage qui tienne la route, en l’absence d’un bon scénario, de rythme, d’émotion, que celle soit si soit positive ou négative. TheDreadful ne provoque rien, à part l’ennui. Le casting méritait mieux, mais surtout, Onibaba méritait mieux.

Les plus

Le travail technique n’est pas honteux
Pareil pour le casting, surtout Marcia Gay Harden

Les moins

On ne ressent jamais rien
Juste de belles images les unes après les autres
Un rythme ennuyeux au possible

En bref : The Dreadful, ça avait de beaux atouts, en se basant sur le film Onibaba, avec un casting confirmé et une belle photographie, sans oublier les beaux décors d’Angleterre. Dommage qu’il a oublié en chemin de raconter de manière intéressante son histoire. En résulte une accumulation d’images qui ennuient.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ Nothing to be ashamed of technically
♥ Same for the cast, especially Marcia Gay Harden
⊗ We never feel anything
⊗ Just nice images, one after another
⊗ Boring as fuck
The Dreadful had assets, and based on the movie Onibaba, with a confirmed cast and a nice cinematography, plus the beautiful natural sceneries, it could have been great. Too bad in the way, they forgot how to tell an interesting story. It’s just boring.

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