NECROMANCY de Bert I. Gordon (1972)

NECROMANCY

Titre Original : Necromancy
1972 – Etats Unis
Genre : Fantastique
Durée : 1h23
Réalisation : Bert I. Gordon
Musique : Fred Karger et Robert J. Walsh
Scénario : Bert I. Gordon et Gail March

Avec Orson Welles, Pamela Franklin, Lee Purcell, Michael Ontkean, Harvey Jason, Lisa James, Sue Bernard, Teddy Quinn et Joyce Aronson

Synopsis : Un homme étrange et sinistre, M. Cato, exerce un pouvoir extraordinaire sur la petite ville de Lilith. Les citadins se livrent à des rituels étranges sur la nécromancie, tentant de ramener les morts à la vie. Dans ce contexte troublant, une belle jeune fille, Lori, devient un catalyseur humain. Elle est mariée à l’un des ouvriers de Cato et détient la clé entre la vie et la mort.

Necromancy, longtemps oublié, est aujourd’hui assez difficile à trouver dans de bonnes conditions. Alors oui, on peut le trouver sur Amazon Prime (pas en France hein), mais sinon, l’unique édition HD datant de 2016 en Amérique fut limitée à 1000 exemplaires, et est évidemment aujourd’hui bien épuisée, et donc hors de prix. Car quitte à choisir, mieux vaut laisser crever les scalpeurs comme ils le méritent. Mais outre sa relative rareté, du moins au format physique, Necromancy existe également en deux montages bien différents. Celui que l’on appellera tout simplement Necromancy donc, sorti en 1972, puis un remontage avec un nouveau score musical et pas mal de scènes de nudité rajoutées à la va-vite par le réalisateur lui-même en 1983 sous le titre The Witching. Trouvable lui, mais uniquement en DVD (et non, toujours pas en France). Pépite oubliée et invisible ? Alors, clairement, non, et d’ailleurs, le métrage n’a, de base, pas forcément une grande réputation. Mauvais film que personne ne veut sortir donc ? Tout de même pas, surtout que le métrage réalisé par Bert I. Gordon a quelques noms au casting a même d’attirer les curieux, avec Orson Welles en chef de secte et Pamela Franklin en jeune femme qui se retrouve malgré elle dans un village mal famé. Et puis, Bert I. Gordon, il connait le genre, et d’ailleurs retournera en 1976 avec Pamela Franklin dans Soudain les Monstres (The Food of the Gods), qui lui a eu droit à une sortie HD en France. Rien n’est donc impossible, et un jour sans doute, la situation changera. Si possible, pour les plus grands curieux, avec les deux montages du film, ce qui en fera pour le coup une vraie édition pour collectionneur. Mais bon, tout ça c’est bien, mais parlons un peu du film, film dont Pamela Franklin elle-même dira qu’il est très mauvais, et qu’elle n’en retient que d’avoir rencontré son mari sur le tournage. Sans oublier qu’Orson Welles aurait accepté de participer au film juste pour l’argent, et aurait été assez odieux envers les autres acteurs. Voilà qui annonce la couleur.

Et Necromancy donc, ça reprend une formule bien connue. Celle du couple qui va s’installer dans un nouvel environnement, et où le voisinage ne semble pas forcément être ce qu’il est. Ou du moins, pas si gentil qu’il aimerait nous le faire croire. Et bien entendu, il est aussi question de sorcellerie. Necromancy fait donc d’entrée de jeu penser à un certain Rosemary’s Baby, la magie (la nécromancie donc) et les sorciers remplaçant le diable et son fils, et avec Orson Welles en chef de la petite communauté, qui espère bien faire de Pamela Franklin leur nouvelle sorcière. Ces éléments, ils sont très rapidement révélés, mais le personnage lui mettra environ une heure avant de rassembler toutes les pièces du puzzle. Sur son chemin, des doutes, une poupée étrange, des visions tout aussi étranges, des enfants flippants, un Orson Welles imposant. Ça pourrait paraitre simpliste et réducteur, et dans le fond, Necromancy est un film simpliste qui ne va pas toujours chercher bien loin, mais il le fait avec ce charme habituel des productions des années 70, une certaine naïveté dans son traitement, deux ou trois scènes avec un poil de nudité tout de même, et le charme indéniable de la belle Pamela Franklin. Tout le monde n’y sera forcément pas réceptif, mais le film a ce capital sympathie de beaucoup de films de l’époque, qui pourrait donc facilement paraître daté sur pas mal de points, que ce soit sa représentation rurale, sa représentation de la religion et des sectes, mais qui le fait en y croyant tellement que pendant 1h23 seulement, on a bien envie de fermer les yeux et d’y croire un peu avec lui. Et ce même si, forcément, le personnage de Pamela Franklin, Lori, a toujours un train de retard sur le spectateur, puisque le film lui nous donne rapidement toutes les clés, tous les éléments, que ce soit l’étrangeté des lieux, le culte, le fait que le mari de Lori (joué par Michael Ontkean) la trompe. Nous savons tout, toujours avant Lori. Mais on le pardonne presque intégralement.

Car Necromancy ne dévie jamais de son récit, compressé et ne durant donc que 1h23. Car Bert I. Gordon, même s’il n’a jamais été un grand réalisateur, sait tout de même un minimum ce qu’il fait pour rendre son film agréable à suivre. Sans oublier le casting plus que compétent, même si comme souvent dans le genre, le film appuie tellement sur l’étrangeté des habitants que ça en devient par moment presque comique. Si la musique elle en fait parfois aussi des tonnes, et donc un peu trop, le film peut par contre compter sur la photographie de Winton Hoch (un de ses derniers travaux d’ailleurs), qui sait mettre en valeur dans le cadre ses personnages, et sait donc mettre en avant les qualités de la direction artistique, et des acteurs (oui, encore une fois, le regard de Pamela Franklin). Alors oui, le film en fait des caisses, n’est jamais subtil, et il ne laissera probablement à aucun spectateur de mémorables souvenirs, mais il demeure un représentant du cinéma ésotérique des années 70, autant dans ses qualités que ses défauts évidents. Ironiquement, on se dirait presque durant la vision qu’il manque au film un petit grain de folie, dans la violence ou la nudité, qui auraient pu le faire sortir du lot un peu plus… ce que fera donc le remontage The Witching, mais n’importe comment. La morale ? On ne peut pas tout avoir. Le classique et la naïveté, ou alors l’exploitation et la médiocrité. Une rareté divertissante, à défaut de pleinement convaincre donc.

Les plus

Le charme des années 70
Le charme de Pamela Franklin
Oson Welles, imposant
Une durée courte pour un récit condensé

Les moins

Une certaine naïveté dans le traitement
Un personnage principal toujours en retard sur l’intrigue
Rien de surprenant dans ce que ça raconte

En bref : Aujourd’hui assez rare, Necromancy, dans son montage original de 1972, est un film fantastique assez représentatif de son époque. Donc, un peu naïf, prévisible, mais clairement avec son charme, son ambiance, sa photographie et son casting appréciable.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ The 70s, always charming
♥ Pamela Franklin, always charming too
♥ Orson Wells, imposing
♥ A short runtime
⊗ It’s a bit too naive
⊗ The lead character is always late compared to the story, and us
⊗ Nothing surprising in the story
Quite rare today, Necromancy, in its original editing from 1972, is clearly a little film that shows well the 70s. So, it’s naive, predictable, but it has its charm, its atmosphere, a nice cinematography and cast.

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