Titre Original : The Super Mario Galaxy Movie
2026 – Japon / Etats Unis
Genre : Animation
Durée : 1h39
Réalisation : Aaron Horvath et Michael Jelenic
Musique : Brian Tyler
Scénario : Matthew Fogel
Avec les voix de Chris Pratt, Charlie Day, Donald Glover, Anya Taylor-Joy, Keegan-Michael Key, Benny Safdie, Jack Black et Brie Larson
Synopsis : À peine installés au Royaume Champignon, un mystérieux appel à l’aide va pousser Mario et Luigi à reprendre du service et plonger dans les zones d’ombre du passé de la princesse Peach. Une mission qui va propulser nos héros et leur nouvelle constellation d’amis, très loin de chez eux, à travers un périple intergalactique, à la découverte de nouveaux mondes où se forgeront des alliances pour le moins inattendues.
En 2023 sortait le film Super Mario Bros, en animation. De quoi faire oublier Super Mario Bros, 30 ans plus tôt. Les critiques spécialisées n’étaient pas spécialement tendres, mais le public a répondu présent, rapportant 1 milliard et 360 millions au box-office, pour un budget de seulement 100 millions. Un des gros succès de cette année-là. Et si je n’ai jamais pris le temps d’écrire dessus, je ne vais pas mentir, même si ça puait le fan service, j’avais passé un très bon moment devant un film visuellement somptueux. Et car, après tout, adapter Super Mario en film, comment faire autrement que de jouer la carte du fan service, puisque dans les jeux que le film adaptait, l’histoire se résumait souvent à Bowser qui capture Peach, et Mario qui doit la sauver. Bon, ce coup-ci Peach distribuait des high kick, mais sinon, tout était là. Mario, Luigi, Peach, Bowser, Toad et même Donkey Kong. Et en étant une Origin Story sur les personnages, le film, bien qu’hyper léger scénaristiquement, pouvait tout de même compter sur cet élément pour avoir une structure narrative simpliste mais claire et nette. Donc oui, ce n’était pas grandiose, mais c’était un film frais, coloré, pour toute la famille, qui faisait passer un bon moment pendant 1h32, court donc. Evidemment face à un tel succès, le studio Illumination, totalement surveillé par Nintendo qui ne lâche plus si facilement ses licences, n’allait pas en rester là, et en 2026 débarque donc Super Mario Galaxy. Sur le papier, une belle opportunité, car le jeu Super Mario Galaxy, c’était génial à l’époque. Trois ans entre les deux films, de quoi prendre en compte les avis du public, corriger certains éléments tout en renforçant les points déjà forts du premier film. Pourtant la presse a encore plus défoncé le film, et même le public, si l’on excepte les fanboys qui notent tout 5/5 par pure nostalgie, a été un peu moins réceptif. Ceci dit, le film a depuis, assez péniblement, atteint le milliard également au box-office (mais n’ira pas spécialement plus haut), donc Nintendo, et Miyamoto, le créateur de Mario, ont beau se plaindre de la réception, niveau billets verts, ils doivent être contents.
Mais alors pourquoi tant de haine ? Et bien c’est facile à comprendre, puisque Super Mario Galaxy semble en effet avoir conservé les points forts du premier film, à savoir la direction artistique et l’animation à tomber par terre, pour les rendre encore plus fou, et a laissé les points faibles pile là où ils étaient, en redoublant la dose de fan service pour cacher tout ça sous le tapis en espérant que l’on n’aurait même pas le temps de s’en rendre compte. Car oui, c’est encore une fois très court ici pour du grand spectacle (à peine 1h40), ça nous met des couleurs qui pètent partout à l’écran, l’animation est folle, les personnages nombreux, tout comme les clins d’œil, que ce soit par des personnages, éléments, objets, musiques, et du coup, impossible de s’ennuyer devant le métrage, et on se surprend même, par moment, à sourire un peu. Sauf qu’à la seconde même où le film se termine, là on commence à se poser, à réfléchir, à décortiquer, et là Super Mario Galaxy s’écroule littéralement. Donc ce coup-ci, Peach, Mario, Luigi et Toad, accompagnés maintenant par Yoshi, partent à travers la galaxie pour sauver Rosalina, kidnappée par Bowser Junior. Et… et malheureusement, on ne pourra rien dire de plus sur l’intrigue, puisqu’il n’y a rien d’autre. Chaque rebondissement, chaque nouvel élément d’intrigue, tout en fait, peut se résumer à un seul et unique mot : le fan service. C’est là que la formule Nintendo trouve sa plus grande limite. Miyamoto, protecteur envers ses licences, n’a jamais été très intéressé par tout ce qui est narration, histoire, dialogues, tout ça. Lui, ce qu’il aime, c’est le gameplay. Mais le souci, lorsque l’on adapte ça et que l’on fait un film, d’animation ou pas d’ailleurs, c’est que le spectateur n’a pas de manette, et donc qu’il a besoin d’un peu plus que de voir un moustachu sauter partout, et des apparitions à coup de clin d’œil énorme avec le robot ROB, Fox McCloud (doublé par Glen Powell) et tant d’autres. C’est beau, fluide, rythmé, mais désespérément vide.
Un peu comme regarder son meilleur ami jouer à Super Mario (allez, prenons Super Mario Galaxy), qu’il vous explique à quel point le gameplay est fun, parvient par moment à être exigeant, que réussir quelques sauts au rythme de la splendide musique est gratifiant, mais qu’il ne vous passe absolument jamais la manette. Voilà ce qu’est Super Mario Galaxy, version cinéma. Et dans le fond, c’est ça aussi le piège de ces adaptations de jeux où le scénario est minimaliste et que le gameplay est au premier plan. Alors oui, Super Mario Galaxy peut au moins compter sur le talent du studio Illumination, et un casting 5 étoiles pour les doublages (Chris Pratt, Charlie Day, Anya Taylor-Joy, Jack Black), ainsi que son budget de 110 millions de dollars, ce qui en fait de toute façon d’office un meilleur film que les House of the Dead et compagnie signés Uwe Boll. Mais est-ce suffisant ? Nous avons juste 98 minutes pleines à craquer d’easter eggs, de clin d’œil bien lourdingue, de situations qui ne se posent jamais plus de 45 secondes, et d’idées parfois jetées par-dessus bord deux scènes plus tard. Le cas de Bowser est sans doute le plus visible, puisqu’il est, au départ, miniature et vivant dans le monde champignon, avec Peach, Mario et Luigi. Il part à l’aventure avec eux, semble un poil adouci. Il retrouve son fils, avide de destruction, ce qui amène quelques frictions. De quoi amener enfin du nouveau, des twists, de la tension… et non, deux scènes plus tard, Bowser est juste redevenu le grand méchant aux côtés de son fil, car Bowser sera toujours le grand méchant boss final chez Nintendo, et point barre. Pareil pour Rosalina, nouveau personnage, censé être important, qui n’a limite que deux scènes… Illumination, et surtout Nintendo en fait, ont tellement voulu tout mettre dans le film pour faire plaisir aux fans, en agitant en permanence un trousseau de clés devant eux (à ce stade, une dizaine de trousseaux de clés) qu’ils ont juste oubliés à côté de faire un film. C’est mignon, ça se regarde, mais dix secondes après, on a déjà tout oublié, car il n’y a en fait rien à retenir. Rien de mal au fun pour le fun, mais arrivé au second opus d’une saga qui va inévitablement continuer, ça passe moins. Au moins, oui, c’est fidèle, les jeux Mario n’ont pas d’histoires, et les films non plus… Tout cela fait un peu peur pour le futur film Zelda.

Les plus
Visuellement bluffant
Encore une animation de folie
Divertissant sur le moment
Les moins
Du fan service constant
Encore moins d’intrigue que le premier
Trop de persos, de lieux, d’objets
Rosalina inutile, Bowser qui régresse, Fox là pour le fan service
En bref : Super Mario Bros en 2023 était assez vide, mais plaisant, rafraichissant même. Super Mario Galaxy en 2026 tente malheureusement d’être la même chose, en plus vide, et avec du fan service qui déborde de partout. Alors oui techniquement c’est toujours magnifique, mais en sortant du film, on se dit quand même que ce qui marche une fois ne marche pas deux fois, quand c’est encore pire.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ Visually stunning ♥ Once again, the animation is crazy ♥ Entertaining, clearly |
⊗ Fan service, everywhere, all the time ⊗ Even less story compared to the first film ⊗ Too many characters, locations, objects, everything ⊗ Rosalina does nothing, Bowwer is the same, Fox is just here for fan service |
| In 2023, the first film was empty, but nicely done, entertaining, refreshing even. The Super Mario Galaxy Movie in 2026 tries to be the same, but bigger, emptier, with more fan service everywhere. Yes, technically it’s gorgeous, but when you leave the movie, you only can tell yourself that what was working once won’t a second time, especially when everything is worse. | |






















