Titre Original : Hokum
2026 – Irlande
Genre : Fantastique
Durée : 1h47
Réalisation : Damian McCarthy
Musique : Joseph Bishara
Scénario : Damian McCarthy
Avec Adam Scott, Peter Coonan, David Wilmot, Florence Ordesh, Michael Patric, Will O’Connell, Brendan Conroy, Ezra Carlisle et Austin Amelio
Synopsis : Ohm Bauman, un romancier se retire dans une auberge en Irlande pour disperser les cendres de ses parents. Mais les récits du personnel au sujet d’une sorcière ancestrale hantant la suite nuptiale s’emparent peu à peu de son esprit…
En l’espace de quelques années et quelques films, le réalisateur Irlandais Damian McCarthy a su se faire remarquer par le public et la critique, que ce soit avec son premier long métrage Caveat en 2020, puis son second en 2024, Oddity. Le voilà donc de retour en 2026 avec Hokum, tourné en Irlande, et avec Adam Scott dans le rôle principal, lui qui semble clairement aimer le cinéma de genre, entre The Monkey encore récemment, même si juste pour une scène, Little Evil pour Netflix, le sympathique Krampus, et on peut remonter jusque l’un de ses premiers rôles sur le grand écran, le tristement charcuté et compliqué Hellraiser Bloodline en 1996. Hokum a su séduire en tout cas à la fois le public et les critiques, encore une fois, avec son hôtel Irlandais perdu au milieu de nulle part, et sa suite nuptiale qui serait soi-disant hantée par une sorcière. Hôtel dans lequel notre héros, l’écrivain Bauman, se rend, alors qu’il est au plus bas, puisque si au départ, il paraît juste hautain, avec un égo démesuré, tout bascule en un instant lorsque le personnel de l’hôtel le retrouve, pendu. Sauvé in-extremis, cet événement sera en tout cas le vrai point de départ du métrage, puisqu’alors qu’il est remis sur pied et s’apprête à quitter l’hôtel, Bauman apprend la disparition de Fiona, travaillant ici, et qui est responsable en réalité de sa survie. Au lieu de partir et de laisser tout simplement les forces de l’ordre faire leur travail, notre écrivain en herbe va tenter de résoudre le mystère de l’hôtel tout seul. Nous sommes d’entrée de jeu en terrain connu. Que ce soit avec son personnage principal, écrivain qui a ses traumas à résoudre, l’archétype que n’aurait pas renié Stephen King, que dans le lieu de l’action avec cet hôtel bien sous tout rapport, mais qui cache de lourds secrets en rapport avec les croyances locales.
Hokum ne respire pas l’originalité. Mais la majeure partie du temps, il peut compter sur la technique parfaitement rodée de Damian McCarthy, qui évite autant que possible le jumpscare facile, même si certains seront présents et que parfois, on les sent venir, mais qui préfère jouer sur une atmosphère lourde, lente, à laquelle s’adapte donc sa mise en scène, avec ses travellings lents, ses plans fixes, et dans les autres domaines techniques, un silence souvent lourd et une photographie jouant à merveille sur l’obscurité, sur la profondeur, et donc par extension, sur tout ce qui pourrait être caché, là, sous nos yeux, dans le cadre que le film accepte de révéler. Une mécanique de l’horreur simple, mais aujourd’hui de plus en plus rare, qui sait prendre son temps narrativement et visuellement, évitant le piège du récit au faux rythme endiablé par un montage chaotique, et surtout un réel travail sur la composition des plans, sur les décors, et donc sur la manière dont la caméra doit évoluer dans son environnement, en embrassant le plus souvent le point de vue de son protagoniste. Protagoniste qui, passé la longue mise en place du récit, de son lieu et de sa possible menace, se retrouve le plus souvent seul face à la caméra, à explorer, à tenter de comprendre, à tenter de survivre. Un récit simple donc où se mélange huis clos et folk horror. Et la majeure partie du temps, ça fonctionne très bien. Adam Scott est convaincant dans son rôle, la mise en scène fait du très bon boulot et surtout la majeure partie du temps, reste fidèle à son côté slow burn. Ça fonctionne surtout très bien quand le fond épouse la forme, quand les secrets et traumas du personnages, enfouis en lui, se retrouvent cloisonnés physiquement dans cette chambre et dans ses sous-sols mal éclairés où le mal peut surgir dans chaque recoin sombre.
C’est pour cela qu’il est dommage que dans la dernière partie de son récit, Hokum délaisse alors la simplicité de son traitement par une multiplication des éléments, une multiplication des pistes, et une multiplication des menaces. Des esprits, des sorcières, des cercles de craies blanches, un méchant gérant d’hôtel, des cadavres qui le resteront malgré la caméra insistante, et de nouveaux cadavres. Pire, la psychologie de son héros, passant d’écrivain hautain à simple écrivain tourmenté avec ses démons, reste souvent assez peu exploitée, comme laissée sur le bas-côté pour, à la place, laisser place au surnaturel, pourtant plus difficile à expliquer en soit, de manière rationnelle en tout cas. Heureusement que même dans ses moments-là, la mise en scène et l’ambiance restent toutes les deux diablement efficaces et que le film tient donc en haleine jusque sa scène finale, ramenant finalement bien évidemment à l’ouverture, mais qui laisse ce petit arrière-goût de déception. C’est simple, peut-être trop simple par moment, mais finalement assez abouti pendant un peu moins d’une heure cinquante pour raconter ce qu’il a envie de raconter, même si on perçoit des pistes laissées en plan qui auraient, elles aussi, étaient passionnantes. Mais je ne vais pas bouder mon plaisir, car ça reste prenant de bout en bout, efficace, et très élégant visuellement.

Les plus
Adam Scott maitrise ce genre de personnages
Une mise en scène très élégante
Un montage posé, une photographie sombre
Des mystères intéressants
Les moins
Tant de pistes pas explorées
Un final qui déçoit un peu
En bref : Si Hokum n’est pas une bombe, ni le meilleur film de son réalisateur, il a sa place dans sa filmographie, et demeure un excellent moment, très bien orchestré et filmé, bien qu’il essaye sans doute par moment d’en faire trop, ou plutôt d’en dire trop, quitte à abandonner des pistes sur la route.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ A character made for Adam Scott ♥ Visually it’s nice, elegant even ♥ A dark cinematography, a slow editing ♥ Interesting mysteries |
⊗ So many leads left on the side ⊗ The finale is a bit disappointing |
| If Hokum is not a masterpiece or a game changer in 2026, or even the best film from the director, it has a good spot in his filmography, and remains a good film, well made and filmed, even if it tries at times to do too much, or to say too much. | |




















