DEXTER NEW BLOOD (2021)

DEXTER NEW BLOOD

Titre Original : Dexter New Blood
2021 – Etats Unis
Genre : Série TV
Durée : 10 épisodes d’1h
Réalisation : Marcos Siega et Sandford Bookstaver
Musique : Pat Irwin
Scénario : Clyde Phillips

Avec Michael C. Hall, Jack Alcott, Julia Jones, Johnny Sequoyah, Alano Miller, Jennifer Carpenter, David Magidoff, Clancy Brown, Oscar Wahlberg, Andrew Michael Fama, Jamie Chung, Katy Sullivan et David Zayas

Synopsis : Dix ans après sa disparition dans la tourmente de l’ouragan Laura, Dexter Morgan vit désormais loin de Miami, sous une autre identité, dans la petite ville d’Iron Lake, dans l’Etat de New York. L’ex-expert médico-légal de la police voit ses vieux démons refaire surface à la suite d’événements inattendus troublant sa routine.

La saison 8 de Dexter en a énervé plus d’un. Autant dans son ensemble que pour son grand final. Une saison maladroite, au rythme bancal, et nous donnant un final comme on ne le voulait pas. Alors oui, toutes les idées, sur le papier, n’était pas à jeter (Debra par exemple), mais c’est comme si la saison se réveillait à un épisode de la fin et du coup, ne développait rien, énervant ainsi le public. Car dans le fond, une bonne idée mal développée est peut-être pire qu’une mauvaise idée développée. 2013 était donc la fin de Dexter. Et l’annonce d’une suite en série limitée comme ils aiment l’appeler, avec Dexter New Blood, diffusée fin 2021, début 2022, ça a fait peur à beaucoup de monde. Moi le premier, si bien qu’il m’aura fallut 4 ans pour me motiver et la sortie de Dexter Resurrection qui se prend des avis absolument magistraux. Pourtant oui, déjà sur New Blood, les avis sont plutôt positifs (sauf sur le final), et le show runner des quatre premières saisons revient, ramenant d’ailleurs avec lui quelques scénaristes des saisons précédentes comme Scott Reynolds, qui a œuvré sur les saisons 2 à 8, mais en se faisant doucement écarter de saisons en saisons, allant jusqu’à bosser sur un ou deux épisodes par saisons dès la cinquième. Triste quand on sait qu’il faisait parti de l’équipe de scénaristes des saisons entières sur les saisons 2 et 3, et a écrit certains des épisodes les plus importants de la 4. Bref, voilà, avec du retard, j’ai finalement trouvé la motivation de voir Dexter New Blood, dans le but de voir ensuite Dexter Resurrection. Et ma foi, je comprends tout à fait certains avis ci et là. Car Dexter New Blood, si l’on doit être honnête, c’est bien. La série ose changer quelques données, nous donner une continuité de l’intrigue que l’on a suivie pendant huit années de nos vies en ne recopiant pas bêtement la formule… mais la saison se plante sur un point majeur, et ce sera, pour la seconde fois, son final. Sauf que, en voyant cette série alors que je sais qu’une suite existe, ce final me paraît plus bancal et raté que vraiment catastrophique et impardonnable. Ce qui, si j’avais découvert New Blood à sa sortie, en le prenant comme la fin totale de la série, ne ce serait sûrement pas passé ainsi.

New Blood se déroule donc 10 ans après la série originale. Dexter est donc toujours en vie, il n’est heureusement pas bûcheron comme le laissait supposer le plan final de la saison 8, il vit à Iron Lake, petite ville à l’opposé de Miami pour… absolument tout. Et il se fait appeler Jim Lindsay. Il a intégralement coupé les ponts avec son passé, parvenant même à calmer son « Dark Passenger ». Ainsi donc, une ville petite, sous la neige, dans le froid, où tous les habitants connaissent tout le monde, où il travaille dans une armurerie, où tout le monde l’apprécie, et où il est en couple avec le chef de la police, et se fait appeler Jim. Et pas un meurtre en 10 ans. Oui, ça en fait des changements. Evidemment, on se doute qu’avec ces 10 épisodes, des choses vont changer, que certaines habitudes vont revenir. Et en réalité oui, c’est d’ailleurs lorsque Dexter va laisser une de ses pulsions sortir que les emmerdes commencent, comme si la personnalité du vrai Dexter n’avait pas sa place à Iron Lake. Il tue le fils Caldwell, le découpe en morceau, et…. Non, pas de baie de Miami, car justement, le premier intérêt de New Blood est le changement de cadre total. Dexter veut tenter de ramener certaines habitudes, sauf que son environnement est différent. La neige, c’est beau, mais ça laisse des traces de sang, des traces de pas, ça conserve des preuves. Iron Lake, c’est bien beau, mais pour se débarrasser d’un corps, il n’y a pas de mer, le lac lui-même est gelé. Nous ne sommes plus en 2013 mais en 2021/2022, les caméras sont partout, les drones sont là, on a plus naturellement des visions thermiques ou nocturnes. Bref, Dexter est dans un nouvel environnement et face à de nouvelles technologies, ce qui doit le forcer à changer toutes ces habitudes. Ce point de la série, il est en réalité excellent.

Pour continuer du côté des réussites, on pourrait parler de la technique. Les séries n’ont eu de cesse d’évoluer, et depuis la série originale, c’est le cas, et Dexter affiche maintenant un cachet beaucoup plus cinématographique, avec une photographie hyper léchée, un rythme plus cinéma, un format 2.35 :1 souvent sublime. C’est un plaisir pour les yeux. Continuons sur ce que la série fait bien, avec le casting. Michael C. Hall est à l’aise avec cette nouvelle version du personnage, on l’entoure d’un bien beau casting avec Julia Jones, Alano Miller, Clancy Brown, et même quelques acteurs qui reviennent, comme Jennifer Carpenter (Debra) ou David Zayas (Battista). Pour Debra, c’est en vrai une bonne idée, de remplacer les visions d’Harry par celles de Debra, et d’en faire une vision bien plus vulgaire et énervée. Ces visions ont toujours été une expansion de Dexter, une vision fantasmée, et vu ses regrets et remords vis-à-vis de Debra, la voir ainsi est tout à fait logique. Mais tout n’est pas réussi dans New Blood. On pourrait parler de semi-échecs, ou de semi-réussites, suivant votre humeur du jour. Il y a donc Battista, qui vient faire coucou durant deux épisodes, et si dans le fond, on est content de le revoir… il ne sert à rien, faisant office pour le coup de tout ce que la série évitait jusque-là : du fan service facile. Surtout quand on nous annonce qu’il va arriver, qu’il va enfin confronter Dexter, mais que la série se termine avant son arrivée. Et il y a Harrison, le fils de Dexter, qui le retrouve assez vite, et qui va lui aussi se montrer avec des pulsions violentes. La série offre là des effets miroirs passionnants entre le père et le fils, et du coup, entre le nouveau rôle que Dexter devrait avoir et celui qu’avait Harry au départ. Mais, car il y a toujours un mais…

Tout ne fonctionne pas. Les moments avec Harrison au lycée qui essaye de s’intégrer, qui va se battre avec quelques élèves, alors c’est normal hein vu son âge qu’il aille au lycée, mais ce n’est pas forcément ce qu’on attend d’une série Dexter. Une série mettant en avant des tueurs en série. Le cas Harrison reste compliqué du coup, puisqu’il a autant certains des meilleurs moments de la série que certains des pires. Mais la majeure partie du temps, ça fonctionne malgré tout. Jack Alcott est d’ailleurs assez crédible dans ce rôle tiraillé entre le bien et le mal, ce qu’il est, veut devenir et pourrait devenir. Quand au grand méchant de la série, là aussi, il y a du bon, et moins bon. Du bon car l’acteur est excellent, que certains échanges entre lui et Dexter sont tendus, que ces échanges manipulateurs avec Harrison sont de grands moments, mais tout paraît pour le spectateur trop évident. Il faut dire qu’embaucher Clancy Brown dans sa série, ça tue la révélation de l’identité du tueur bien avant qu’on ne sache qui il est. C’est Clancy Brown quoi. Si bien que dès le premier épisode, je savais que ce serait lui, le tueur. Un bon personnage, un bon acteur, mais le scénario aurait peut-être dû retarder son apparition ? Et évidemment, il y a son épisode final, partiellement raté. Partiellement car là où on attendait de la tension pour boucler tout ça, on a droit à une longue discussion dans un bureau pendant 20 minutes quasiment. Et car Dexter, pour la première fois depuis 9 saisons, fait un choix qui va à l’encontre de ce qu’il est, de son écriture même, tout ça pour mener à un final qui, en 2025, en sachant qu’une suite existe, passe comme une déception, mais qui, début 2022, devait passer comme une trahison. Ce qui est sûr, c’est que si ça n’atteint jamais la qualité des saisons 1, 2, 4 voire par moment la 7, New Blood est largement supérieur aux saisons 6 et 8. Ce n’était pas dur, mais ça fait du bien. Et il nous avait manqué Dexter.

Les plus

Le nouvel environnement
L’époque qui évolue, les techniques aussi
Parfois bien violent
Michael C. Hall toujours parfait en Dexter
Bon casting en général
Une mise en scène bien plus cinématographique

Les moins

Le final
Le dernier épisode, quelle déception
L’identité du grand tueur, tellement prévisible
Battista, du fan service peu utile
Les passages au lycée, bof bof

En bref : Dexter New Blood fait un peu évoluer la formule, tente de nouvelles choses, et entre dans une nouvelle ère, plus froide, plus posée, plus violente. C’est intéressant, prenant, réussi même 80% du temps, avant que ça ne se plante en beauté sur le final.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ A new environment
♥ New times, new town, new technics
♥ Sometimes very violent
♥ Michael C. Hall great as Dexter, as always
♥ Good cast in general
♥ It looks more cinematographic
⊗ The finale, again
⊗ The last episode, such a let down
⊗ The identity of the killer, so predictable
⊗ Battista, useless fan service in fact
⊗ The scenes in high school, not great
Dexter New Blood takes the formula and makes it evolving, with new things, new era and town, it’s colder, slower, more violent too. Interesting, and even great 80% of the time, before a bad final episode.

4 réflexions sur « DEXTER NEW BLOOD (2021) »

  1. Oui, le final gâche tout. Double douche froide après la fin de la série originelle, à croire qu’ils prennent leurs fans pour des abrutis. Lorsque j’ai vu la fin, à cette époque c’était supposé être THE FIN. Donc j’étais fou, j’ai ragequitté ahah, pas pu supporter les derniers instants, je suis sorti du salon et ai laissé ma femme seule devant la télé.

    1. Ah je sens que j’ai réveillé un gros traumatisme chez toi haha. Après, pour la « défense » de cette fin, elle a au moins, dans les faits, plus de sens que celle de la série originale, qui elle, était du foutage de gueule plus qu’intégral, et sans logique en prime. Dexter, bien qu’évidemment, le spectateur prenne sa défense et son point de vue, a toujours été un personnage moralement ambigu, et même si l’on n’aime pas voir les personnages que l’on apprécie mourir, c’est en soit une fin « logique » pour le personnage, qui a traversé quand même avant ça 8 saisons quasiment sans se faire griller (bon oui, Doakes dans la saison 2, Laguerta et Debra ensuite, mais quand tu penses aux autres qui le côtoient depuis quand même tant de temps). Je me souviens à l’époque de la saison 8 et de son final, que je me disais « ah, 8 saisons pour ça ? Un perso qui s’en sort, abandonne tout, et quasi personne qui n’a eu de soupçons sur lui ».
      Enfin bref, je pourrais m’étendre des heures sur ça, mais surtout, je conçois que quand un personnage est si aimé, avec une série aussi longue, conclure bien est quasi mission impossible. Voire totalement impossible, et tu ne pourras jamais satisfaire tout le monde. Par contre, encore une fois, je te conseille vivement la suite, DEXTER RESURRECTION (bordel faut que je poste ma review). Tu retrouves vraiment l’univers, l’humour noir et tout ce qu’on aimait dans la série d’origine, avec en prime le côté cinématographique arrivé avec NEW BLOOD. Et puis il y a du casting, entre quelques caméos, des acteurs qu’on aime revoir (Uma Thurman, Peter Dinklage dans un très bon rôle, et quelques autres). Et la fin n’énerve pas haha. J’ai même hâte pour la saison 2, c’est dire, chose rare pour moi.

      1. Ce n’est pas vraiment mon ressenti. J’ai eu l’impression que les producteurs voulaient vraiment punir leur personnage principal avec une « sortie de route » politiquement correcte. Donc on écrit une scène durant laquelle il brise son code, ce qui justifie sa mise à mort. Sauf que Dexter a eu 1001 raisons de briser son code par le passé, de bien meilleures raisons et il ne l’a jamais fait. Là, en plus, il tue un policier, dans une situation où rien (sinon le scénario) ne le justifie – il n’y avait aucune urgence, aucune question de vie ou de mort…

        Tellement artificiel et tombé de nulle part – pour moi, au moins.

        1. Ah non mais je partage ton avis sur la façon de faire, d’où aussi ma déception (tardive donc moins catégorique), mais dans les faits par contre, ça aurait dû être logique. Très mal amené, précipité, et avec un événement qui tombe comme un cheveu dans la soupe de mamy. J’ai été justement heureux de voir qu’ils ne sont pas retombés dans le même piège après.

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