EKO EKO AZARAK: THE FIRST EPISODE OF MISA KUROI
Titre Original : Eko eko azaraku – Kuroi Misa: Fâsuto episôdo – エコエコアザラク-黒井ミサ ファースト・エピソード
2011 – Japon
Genre : Fantastique
Durée : 1h01
Réalisation : Koga Shinichi
Musique : Hamaguchi Youmu et Kawamoto Morifumi
Scénario : Koga Shinichi
Avec Maeda Nozomi, Tochihara Rakuto, Bob Suzuki et Urushizaki Keisuke
Synopsis : Un sorcier kidnappe les camarades de classe de Kuroi Misa. Pas de bol, la jeune femme possède de grands pouvoirs qu’elle va devoir réveiller.
Eko Eko Azarak, dans le fond, c’est passionnant. Au départ, c’est un manga en 19 tomes publiés en 1975 et 1979. Et ça ne s’arrête pas là, puisqu’au format manga, des suites furent produites assez rapidement, la première en 1982 avec Majo Kuroi Misa, puis une autre sobrement intitulée Eko Eko Azarak II en 1983. Derrière, l’auteur Koga Shinichi. Et malgré son décès en 2018, un reboot toujours manga fut lancé en 2020, Eko Eko Azarak Reborn, et achevé en 2023. On pourrait en rester là, sauf que Eko Eko Azarak, comme beaucoup, fut adapté. D’abord au cinéma, en 1995. Ce premier opus, baptisé Wizard of Darkness et réalisé par Sato Shimako, ça avait beau être un petit budget, c’était un vrai film, de cinéma, ayant même été diffusé au festival de Toronto, et ayant eu droit à une sortie en dvd en Amérique (la France, toujours rien), et c’était très sympa, contournant son bas budget et son temps de tournage de seulement deux semaines avec un lieu unique et un nombre limité de personnages. Bien accueillit, il n’en fallait pas plus, et un second opus débarque dès l’année suivante, avec la même équipe technique et la même actrice. Birth of the Wizard est une préquelle, surpassant l’original, plus généreux. Evidemment, ça ne pouvait pas en rester là et Misa the Dark Angel débarque en 1998, avec ceci dit des changements devant et derrière la caméra. Entre temps, un drama fut produit en 1997, de 26 épisodes, à présent difficile à trouver. Et Misa the Dark Angel, si ça reste un film de cinéma, sérieux, et avec des idées, c’était pour moi une douche froide, un film souvent ennuyeux malgré quelques fulgurances. Ce qui n’arrêta ceci dit pas la saga, puisqu’un quatrième opus, baptisé Eko Eko Azarak Awakening, débarqua en 2001. Difficile de savoir plus sur la production du film, mais le budget semble très bas, l’image semble numérique, mais quant à savoir si c’est un film ou du V-Cinema, impossible, et mon édition Allemande ne me donnera pas la réponse.
Là aussi, ça aurait pu être la fin pour Eko Eko Azarak et pour Misa Kuroi, son personnage principal. Sauf que non, évidemment. Un second drama est produit en 2004, de 13 épisodes, et dès 2006, ce sont deux métrages, du pur V-Cinema ce coup-ci, qui sortent, avec R-Page et B-Page. Et c’était très moyen, fauché, et surtout un peu ennuyeux. Ce qui n’empêcha pas la Toei de lancer en 2007 un OAV. La fin ? Non, car on arrive au film qui nous intéresse ici, au nom à rallonge. Eko Eko Azarak : The First Episode of Misa Kuroi. Et ce coup-ci, les choses sont un poil différentes, puisque Geneon Universal, qui produit la bête, a une idée assez bien vue derrière la tête, à savoir lancer une collection en laissant les auteurs de manga adapter eux-mêmes leurs œuvres. Ainsi en 2011, on trouvera Tomio par Itô Junji, Sangekikan Blind de Ochizukenori, et ce Eko Eko Azarak, donc signé par Koga Shinichi lui-même. Normalement, ce genre d’initiative, ça rassure une horde de fans qui se plaignent souvent que les adaptations ne sont pas fidèles. Sauf que, et le passé l’a prouvé assez souvent, être un bon mangaka ou un bon écrivain ne fait pas forcément un bon réalisateur. En Amérique, si Clive Barker a passé le cap avec brio, on grince toujours un peu des dents quand on pense à Stephen King et son Maximum Overdrive, rigolo par moment mais très nul. Et ce métrage, et bien on ne va clairement pas mentir, il lorgne plus du côté de King que de Barker. L’intention était sans doute louable, quelques bons coups sont paumés durant l’heure du métrage, mais à côté…. Le métrage accumule les défauts, en commençant par un rythme pas toujours folichon (on me dira du coup que c’était déjà souvent le cas dans la saga), des CGI qui piquent les yeux et en prime, dès l’ouverture du film, et Maeda Nozomi pas forcément mauvaise dans le rôle-titre, mais… assez lisse. En réalité, malgré les nombreuses tentatives, personne n’aura jamais été aussi bien en Kuroi Misa que Yoshino Kimika dans les deux premiers métrages.
Alors oui, par moment, on aura quelques effets supervisés évidemment par Nishimura Yoshihiro lui-même qui valent le détour. Parfois quelques idées qui sortent de l’ordinaire et utilisent le thème de la sorcellerie comme il faut. Mais c’est peu, quand sur une heure de métrage, le tout s’ouvre sur un arbre géant en CGI capturant des lycéennes, avant d’enchainer sur un joueur de flute charmant des serpents en CGI… Le tout peu aidé par une photographie souvent laide qui donne l’impression que le film a été intégralement tourné en crépuscule. Merci les gros filtres grisâtres. La seule véritable qualité constante que je lui aurais trouvé sera sa bande son, avec une excellente musique, et des bruitages beaucoup trop réussis pour ce qu’ils sont censés représenter à l’écran. Un ratage intégral donc ? Quasi, même si, évidemment, on peut avoir une certaine tendresse pour un tel produit, pour un auteur qui s’adapte lui-même, mais n’en avait sans doute pas les épaules, ou a été bien trop ambitieux avec le peu de budget que la production lui aurait alloué. Ce qui est fort probable. Ce qui expliquerait l’aspect visuel du film, la pauvreté de certains décors comme l’antre des méchants sorciers, le jeu bancal des acteurs pour beaucoup, en particulier les antagonistes (ah, sacré rire), les CGI honteux, et même le rythme bancal, avec une narration parfois assez lourde, avec flashback, voix off et Kuroi Misa filmée de face qui ne fait que regarder la caméra. C’est encore plus triste que l’ambition de revenir aux débuts du personnage nous rappelle que Birth of the Wizard nous révélait déjà ses débuts (et était réussi), et que le quatrième opus montrait déjà une Misa amnésique qui devait se souvenir et réveiller ses pouvoirs, mais lui avec une intrigue plutôt intéressante. Non, c’est un bien triste gâchis.

Les plus
Voir un auteur adapter sa propre œuvre
Quelques effets
Les moins
Laborieux
Des CGI dégueulasses
Souvent peu intéressant
Des origines ratées
En bref : Quand l’auteur d’Eko Eko Azarak a la possibilité d’adapter lui-même son manga ça donne The First Episode of Kuroi Misa, et ce n’est vraiment pas très bon, en plus d’être ennuyeux.
| A FEW WORDS IN ENGLISH | |
| THE GOOD | THE BAD |
| ♥ To see the original author adapting his work ♥ Some effects |
⊗ The pacing ugh ⊗ Very bad CGI ⊗ Often it’s not interesting ⊗ The origins are bad |
| When the author of Eko Eko Azarak had the chance to adapt himself the manga, the result is The First Episode of Kuroi Misa, and it’s not good, and boring. | |

















