FIVE NIGHTS AT FREDDY’S de Emma Tammi (2023)

FIVE NIGHTS AT FREDDY’S

Titre Original : Five Nights at Freddy’s
2023 – Etats Unis
Genre : Fantastique pour les bisounours
Durée : 1h49
Réalisation : Emma Tammi
Musique : The Newton Brothers
Scénario : Scott Cawthon, Seth Cuddeback et Emma Tammi

Avec Josh Hutcherson, Piper Rubio, Elizabeth Lail, Matthew Lillard, Mary Stuart Masterson, Kat Conner Sterling, David Lind et Christian Stokes

Synopsis : Mike, jeune homme perturbé, s’occupe de sa sœur Abby, âgée de 10 ans. Il est toujours hanté par la disparition, jamais élucidée, de son petit frère, survenue il y a une dizaine d’années. Récemment licencié, il a absolument besoin de retrouver un emploi pour ne pas perdre la garde d’Abby. Il accepte donc un poste de gardien de nuit, dans un restaurant désaffecté : Freddy Fazbear’s Pizzeria. Mais Mike ne tarde pas à comprendre que les apparences y sont terriblement trompeuses. Avec l’aide de Vanessa Shelly, agent de police, il est confronté, la nuit, à des phénomènes surnaturels inexplicables et bascule dans un univers cauchemardesque…

Quand Five Nights at Freddy’s, FNAF pour les intimes, a débarqué sur les écrans en Octobre 2023, j’avais, contrairement au public qui a répondu présent et en a fait un succès, l’un des plus gros pour son producteur, autre chose à faire. Je venais de m’installer à Tokyo, et mes sorties cinéma allaient clairement vers les valeurs sûres, ce que je prévoyais déjà de voir sur grand écran depuis des mois, à savoir le nouveau Godzilla début Novembre, et le nouveau Scorsese en Octobre. Car il faut dire ce qui est, je ne suis déjà pas fan de la politique des studios Blumhouse, avec leurs « high concept », qui se limite justement un peu trop souvent au concept plutôt que de livrer un vrai film derrière, et je ne suis pas fan de la franchise de jeux vidéo adaptés ici. J’y avais touché, rapidement, tardivement, sur Xbox One, lorsque, avec un abonnement au Game Pass durant un mois, j’avais testé il me semble un des premiers opus, car la saga en compte un bon paquet. Et non, regarder des écrans de surveillance pour éviter des jumpscares, ce n’est pas pour moi, car c’est bien là l’intégralité du gameplay. Le cul vissé à une chaise, on regarde des écrans, on regarde à gauche ou à droite, vers la porte de la pièce (ou un petit conduit derrière nous aussi il me semble), et on essaye de survivre. C’est tout. Il est ironique que pour adapter ça au cinéma, Jason Blum ne soit allé chercher le créateur du jeu, qui se retrouve donc coscénariste du film, mais qu’à l’écran, les scènes de surveillance soient quasiment inexistantes. Rassurez-vous, l’équipe a pensé à vous et à votre petit frère Timmy qui croit que se faire exploser les tympans, c’est avoir peur, et le film inclut malgré tout plusieurs jumpscares, dont deux identiques avec un jouet miniature en plastique, tellement ridicule que j’ai faillis en avoir un rire nerveux.

Bref, je pense que vous l’avez compris dès le départ, mais Five Nights at Freddy’s, ça ne casse pas trois pattes à un animatronique. Et ce malgré sa volonté, appréciable d’ailleurs, d’avoir recourt tout le temps à des animatroniques et à des hommes en costumes, et non pas à du CGI. Ce qui est d’ailleurs sans doute le meilleur point du métrage, sa volonté de livrer du cinéma à l’ancienne. Mais ça ne suffit pas face à la vacuité du reste, avec donc Mike, notre héros, qui s’occupe seule de sa petite sœur Abby, et reste traumatisé par le kidnapping de son frère lorsqu’il était enfin. Il essaye de se souvenir de cette fameuse journée, ne lâche pas l’affaire, et a du mal à gérer sa vie personnelle à côté, passant de petits boulots en petits boulots, jusqu’à ce qu’on lui propose de travailler de nuit chez Freddy’s oui, et donc, de surveiller cet endroit vide de vie. Evidemment, évacuons immédiatement ce qui ne surprend guère, le métrage est PG13, le rouge sera extrêmement rare à l’écran, et on s’en doute, vu que Blumhouse aime livrer déjà de base ce genre de produits, mais surtout que le budget est anormalement haut pour une de leurs productions, surtout lorsqu’il s’agît d’un premier film (oui le second sort cette année). 20 millions de budget pour ça. Et donc, dans ce lieu délabré, les animatroniques sont vivants et… et voilà. Pendant un bon 1h20 sur 1h45, à l’exception d’une seule scène où un groupe d’individus rentre par effraction sur place durant la journée et se fera bouffer (souvent hors champ), le métrage n’est même pas ce que l’on pourrait appeler un film d’horreur, préférant mettre l’accent sur le trauma de son héros et passer du temps dans le monde des rêves, pour des scènes plutôt réussies en soit, mais à des années lumières de ce que l’on attendait. Pour le reste, ce n’est vraiment pas terrible, et c’est même souvent ennuyeux, en plus d’être affreusement prévisible.

Alors évidemment, passer d’un média où l’on incarnait un avatar sur une chaise qui regardait des écrans de surveillance à un film pour le cinéma avec un budget de 20 millions, ça demande des ajustements. Mais le métrage oublie en chemin qu’il était censé faire peur (ou du moins faire sursauter son public), et que ses animatroniques étaient censées être de méchantes créatures bouffant le casting, alors que pendant une grande partie du métrage, ils sont joyeux et s’amusent avec la jeune Abby. Quand au twist du dernier tier, oui, il est hautement prévisible et fait presque soupirer. Le casting fait ce qu’il peut, entre Josh Hutcherson (qui restera pour moi le héros fan de Patrick Swayze dans Detention) en gardien de nuit, Elizabeth Lail en flic du coin et Matthew Lillard (Scream) en agent pôle emploi, mais le souci, c’est qu’ils naviguent dans un film inoffensif et pas hyper passionnant. Surtout qu’entre temps, Blumhouse s’est fait devancer par Willy’s Wonderland, bien plus fauché, tout aussi bancal, mais généreux dans sa proposition, acceptant son côté improbable et donc second degré, et avec en prime Nicolas Cage excellent en gardien de nuit mutique. Et ça, ça fait encore plus de mal au métrage d’Emma Tammi. Mais succès oblige, tout ce bon monde (producteurs, scénaristes, réalisatrice, acteurs) sont revenus en Octobre 2025 pour l’inévitable suite. Et ce sera clairement sans moi.

Les plus

Les animatroniques, bien fichus
En soit, certaines scènes sont bien filmées

Les moins

Attendez… c’est pas supposé être un film d’horreur ?
Quand le trauma et les rêves sont plus importants que le concept
Ultra méga soft
Souvent ennuyeux et prévisible

En bref : Five Nights at Freddy’s est l’adaptation du jeu du même nom par Blumhouse, et forcément, il ne fallait pas attendre des miracles. C’est gentillet, peu intéressant, on voit tout venir à l’avance, et pire, son concept est quasiment absent. Préférez donc le fauché et stupide Willy’s Wonderland.

A FEW WORDS IN ENGLISH
THE GOOD THE BAD
♥ The animatronics are well done
♥ Some scenes are nicely filmed
⊗ Wait… isn’t it supposed to be a horror film?
⊗ When traumas and dreams are more important than the concept
⊗ No blood, so soft
⊗ Often boring and predictable
Five Nights at Freddy’s is the adaptation of the game of the same name by Blumhouse, and quite frankly, I wasn’t expecting much. It’s PG13, not interesting, you can predict everything, and worse, even the concept is barely here. Better watch again the cheap and stupid Willy’s Wonderland, at least, it’s fun and bloody.

2 réflexions sur « FIVE NIGHTS AT FREDDY’S de Emma Tammi (2023) »

  1. Jamais vu. Il y a la suite sur Prime en ce moment. Je n’ai pas osé la lancer !

    Tu as raison, le film avec Cage est, lui, tout à fait regardable.

    1. De toute façon il faut pas, n’ose pas. Tu le regretteras. Je l’avais vu tranquille dans mon apart à Tokyo (oui ça veut dire que j’ai mis 3 ans à poster mon avis).
      Le pire c’est que ces films cartonnent, donc il y a un public pour.

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